C'est bien connu : avec des "si", on mettrait Paris en bouteille... Mais les "si", c'est pratique : ça permet de faire des articles et de remplir les journaux... Ainsi cette question ce matin : "Et si Dany Cohn-Bendit se présentait à la prochaine Présidentielle ?"... Question posée notamment par Libération, qui propose un long entretien du leader d'Europe Ecologie... "Dany Président : c'est possible ?", interroge le journal... "Président pour quoi ?", répond l'intéressé... "Président de la France"... "Non, je suis très bien où je suis, et je ne vois pas pourquoi je changerais... Pour la Présidentielle, je serais terriblement mauvais... Et puis ce n'est pas une vie, aller à l'Elysée"... Démenti identique dans les colonnes du mensuel GQ... "Moi, dit-il, je ne veux pas le pouvoir suprême... Le pouvoir, ça rend fou, ça rend dingue", poursuit Cohn-Bendit... "En ce moment même, en France, il y a 250 socialistes et 250 UMP qui croient qu'ils peuvent devenir Président de la République dans les trente ans à venir... C'est quelque chose de dingue... Et pour ça, tu sacrifies ta vie, tu as toujours cinq gardes du corps... Tu es extra-terrestre"... Une interview dans laquelle l'ancien révolutionnaire confie par ailleurs que lui, il porte une montre à 40 €... Démenti dans Libé... Démenti dans GQ... "Et si Dany le Rouge visait la Présidentielle de 2012 ?", se demande pourtant également, ce matin, Le Parisien-Aujourd'hui en France... Impossible a priori, puisqu'il est Allemand, et que la candidature est réservée aux citoyens français... Mais justement, il ne cache pas son désir d'acquérir la nationalité française, explique le journal... "C'est mon fils qui me le demande", assure-t-il, en jurant que cela n'a rien à voir avec une ambition élyséenne... "La Présidentielle est un virus qui rend malade, et rien ne me poussera à me sacrifier", dit-il... Mais bon, l'hypothèse étant amusante, Le Parisien a choisi d'interroger ses lecteurs sur le sujet... "Voulez-vous que Cohn-Bendit puisse se présenter à la Présidentielle ?"... "J'aimerais bien, mais je n'y crois pas", répond un étudiant... "S'il pouvait se présenter, je ne voterai pas pour lui", répond une conseillère au Pôle Emploi... Tandis qu'un cheminot de 23 ans a cette phrase pleine de bon sens : "Je ne suis pas certain que Cohn-Bendit veuille devenir Président de la République"... Ben non, précisément... Lui, il promet que non... Et si ma grand-mère avait des roulettes, ça ferait un autobus... Dany Cohn-Bendit qui, ce matin encore, a donc droit à une bonne partie des Unes des journaux : des Unes et des photos... Des Unes, des photos, des portraits... Dans Le Parisien-Aujourd'hui en France : "portrait d'un révolutionnaire devenu réformiste"... "L'ancien rebelle de 68, nouvelle institution médiatique et politique", titre de son côté Le Figaro... dans lequel Eric Zemmour le décrit comme un bourgeois respecté... "L'insolent trublion souriant à la face d'un CRS-SS s'est transformé en politicien habile et retors", écrit-il... Ce qui donne, dans Le Monde, "la revanche de Dany l'Européen"... papier signé Sylvia Zappi, qui le décrit pour sa part comme "un OVNI de la scène politique"... Un OVNI qui a recueilli plus de 16% des suffrages, et qui présente aujourd'hui Europe Ecologie comme une alternative face à la crise... C'est ce qu'il explique dans Libération... Il dit vouloir ouvrir un espace politique commun, qui irait de la gauche de la gauche au MoDem en passant par le PS : une nouvelle force, en prévision des prochaines élections, en l'occurrence les Régionales de 2010... Question du journal : "Est-ce que Nicolas Sarkozy vous a téléphoné dimanche soir ?"... "Non, répond Cohn-Bendit... Mais après le débat de jeudi sur France 2, des tas de gens m'ont appelé : des socialistes, des gens du MoDem comme Corinne Lepage et Jean-Luc Bennahmias ; et puis des gens de droite : Jean-Louis Borloo, et même François Fillon"... Hors de question, toutefois, d'imaginer d'entrer dans le gouvernement, affirme Cohn-Bendit... "Prenez un type comme Bernard Kouchner : à partir du moment où il a choisi de devenir le larbin de son maître, il est fini, il est inintéressant, et il dit des conneries inimaginables"... Kouchner auquel il s'attaque aussi dans GQ... "C'est toujours un copain, Kouchner ?", lui demande Frédéric Beigbeder, qui réalise l'interview... "Oui, c'est un copain... Mais il y a des trucs qui ne se font pas... Qu'il dise qu'il veut gagner du fric, je comprends... Mais on ne fait pas un rapport de 800.000 € pour le compte d'Omar Bongo"... Omar Bongo qui, lui aussi, a droit aux gros titres des journaux, ce matin... Parce que ça y est, c'est officiel : le Président du Gabon est mort... "Fin de règne pour le parrain de la France en Afrique", titre du coup, ce matin, L'Humanité... "La mort de Bongo ouvre une période d'incertitudes", titre de son côté La Tribune, expliquant que le gouvernement gabonais s'est engagé à organiser des élections dans les 45 jours, et que c'est son fils aîné qui semble aujourd'hui le candidat le plus sérieux à sa succession... Omar Bongo est mort... Ce n'est plus un conditionnel... Les autorités gabonaises avaient pourtant démenti hier matin les rumeurs sur son décès, qu'elles ont par la suite annoncé dans l'après-midi... D'où la Une de L'Indépendant : "Omar Bongo est finalement mort"... "Il est mort hier en Espagne", précise Le Figaro... un papier en page 12 : la rubrique International... Et à la page suivante, la rubrique Société, un article étonnant : "L'hôpital de Montpellier prive ses employés de Facebook"... Alors c'est quoi, cette histoire ?... Pourquoi plus de Facebook à l'hôpital de Montpellier ? Eh bien parce que les salariés passent trop de temps sur Internet... C'est en tout cas l'avis de la direction de l'hôpital, qui a donc décidé de couper récemment l'accès à certains sites : non seulement Facebook, mais aussi Youtube et Dailymotion... Le directeur informatique de l'hôpital a également constaté une très forte fréquentation du site Internet de Roland-Garros ces deux dernières semaines... Craignant une saturation du réseau, les agents du CHU de Montpellier sont désormais invités à n'utiliser le Net qu'à des fins strictement professionnelles... "Pourtant, le Net augmenterait la rentabilité des salariés", explique Cécilia Gabizon, toujours dans Le Figaro... C'est en tout cas la conclusion d'une étude australienne, qui montre que les adeptes de l'Internet au travail affichent de meilleurs rendements... Explication d'un docteur : "Ces petites pauses détendent le cerveau et permettent ensuite une meilleure concentration, qui conduit à une productivité plus élevée... Mais, prévient-il, surfer plus de 20% du temps de travail conduit à l'effet inverse"... Et parfois d'ailleurs c'est la porte, ainsi qu'on peut le lire dans le mensuel Courrier Cadres, qui nous rapporte l'histoire de ce salarié... 41 heures en un mois : c'est le temps qu'il a passé à surfer sur le Web depuis son lieu de travail... En recevant son relevé de connexions, son employeur a vu rouge... Résultat : il l'a licencié pour faute grave... Ce jugement est le premier du genre... Et pour lui, le jugement aussi c'était la porte... Interview, dans L'Equipe, du coureur Bernhard Kohl... Contrôlé positif lors du Tour 2008, il s'était retiré du peloton... Et ce matin, il raconte, dans le quotidien sportif, comment se passait pour lui le dopage... un dopage à coups de transfusions sanguines... "Mon manager m'envoyait des SMS : 'Tu peux passer dans ma chambre ?'... C'était entre 18 et 20 heures, ça dépendait des rendez-vous avec les médias et de l'heure des massages... Et personne ne remarquait rien"... Ce n'est pas si souvent, un témoignage de la sorte : un coureur cycliste dopé qui raconte... "Il y a une sorte d'organisation sociale du dopage dans le peloton", assure-t-il, en laissant entendre que tout cela se poursuit encore aujourd'hui... "Le prochain Tour commence dans moins d'un mois... Vous allez le suivre ?", demande le journal... "Non, répond-il : ça fera trop mal... C'était ma vie, mon ancienne vie... C'est fini"... Et si, un jour, il n'y avait plus de dopage dans le cyclisme ?

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.