La revue de presse bonjour Hélène Jouan

La liberté d’enseigner va-t-elle être restreinte en France ? Débat ouvert dans la presse ce matin

C’est aujourd’hui en effet que la ministre de l’éducation nationale doit présenter une série de mesures visant à contrôler davantage les établissements privés hors contrat, mais aussi l’instruction que des parents ont choisi de dispenser directement à leurs enfants, hors école.

La Croix s’attend déjà à « une liberté d’enseigner sous surveillance » dit elle. Guillaume Goubert convient « qu’il faille être attentif à ce qui se passe du côté des écoles hors contrat. Il est par exemple indispensable de veiller, dit il, à ce que l’enseignement ne soit pas utilisé comme outil d’endoctrinement des élèves »…oui, car c’est là le point de départ de la réflexion du gouvernement, qui s’inquiète de voir certaines écoles musulmanes devenir des foyers de radicalisation. « Pour autant, poursuit l’éditorialiste de la Croix, cela justifie t il d’imposer un préalable à toute création d’école, bref à faire subir un régime de suspicion à toute initiative éducative ? »

Le projet du gouvernement est en effet de soumettre ces écoles privées à une déclaration d’ouverture préalable, quant aux parents instruisant directement leurs enfants, ils devraient justifier du niveau de leur progéniture tous les 3 ans. Tour de vis inacceptable s’insurgent les partisans de l’enseignement alternatif et des écoles privées. « Sous couvert de lutte contre la radicalisation, le gouvernement veut toucher un secteur de la société où la liberté de pensée peut encore s’exercer » s’enflamme un universitaire de droit public Guillaume Drago, vent debout

Philippe Meirieu, professeur émérite en sciences de l’éducation insiste lui, dans Aujorurd’hui en France le Parisien, sur les risques encourus par ces enfants déscolarisés. leur nombre s’accroit, ils étaient 2000 en 2008, ils sont passés à 7300 l’an dernier. « Le phénomène est encore marginal mais il me semble néanmoins très dangereux met en garde Meirieu, car l’école n’a pas pour seule vocation d’enseigner aux élèves les savoirs fondamentaux, mais aussi de les aider à s’inscrire dans le collectif.».

Importance du collectif sur l’individu. Débat à l’école aujourd’hui mais qui traverse toute la société

Et quand on parle de collectif, on parle aussi football bien sûr hélène

Oui, on parle football, apprentissage et valeurs ! C’est ce que nous rappelle avec justesse Marcel Gauchet dans le numéro du Un de cette semaine consacré au « Sport, école de la vie ». Le sociologue nous explique comment le sport, bon on va dire le foot aujourd’hui, est la clef de tous les apprentissages. D’abord par la maitrise du geste, on s’approprie son propre corps. Puis on s’élève vers des notions plus élaborées comme la stratégie, le respect de son adversaire. C’est aussi le lieu d’apprentissage de toutes les règles, on sait qu’elles peuvent être bafouées ces règles, par la corruption par exemple, on sait qu’il peut y avoir de l’injustice, parfois ce n’est pas le meilleur qui gagne, mais il reste à la fin que l’inflexibilité des règles demeure, et que l’injustice ancre l’idée même de justice. Bref, on apprend tout dans le sport

Donc…Vive le foot…et la compétition qui s’ouvre

Une compétition qui s’ouvre dans un climat social toujours tendu

« Trains incertains et bondées, manifs bruyantes, raffineries et ports pétroliers bloqués et pour couronner le tout, les poubelles qui commencent à s’accumuler, Bienvenue en France » prévient Hervé Favre dans la Voix du Nord, qui a oublié que les avions ne décolleraient peut être pas non plus…Un grinçant « Bienvenue en France » qui s’étale aussi à la Une du Parisien.

A la veille du coup d’envoi de la compétition, la contestation contre la loi EL Kohmri ne désarme donc pas ; mais surtout elle innove dans les modes d’actions. Hier quelques dizaines d’intermittents du spectacle sont allées manifester devant le domicile parisien de la ministre. Le journal l’Opinion nous raconte ce matin comment le pouvoir est aujourd’hui face à la menace de ces Escrachès…Escrachès : Etymologie incertaine, mais c’est dans l’argentine des années 90 qu’est née l’expression, quand un groupe d’activistes de défense des droits de l’homme a décidé de manifester au domicile ou sur le lieu de travail d’anciens tortionnaires de la dictature. Ce mode d’action s’est imposé plus récemment en Espagne, avec la plate-forme des victimes du crédit hypothécaire en 2013, un mouvement proche des Indignés, dont l’une des portes voix est même devenue depuis maire de Barcelone. Cette intrusion ciblée pour lutter contre les expulsions immobilières a fait polémique en Espagne. Le parti populaire au pouvoir parlant carrément de « nazisme pur et simple ». Condamnation plus mesurée hier de la part de François Hollande qui a jugé cette manifestation « inadmissible ». Mais après les jets d’œufs essuyés par Emmanuel Macron lundi à Montreuil, faut il s’attendre à voir ces esacrachès devenir une forme privilégiées de lutte sociale ? Même si ce mode d’action directe n’est pas totalement nouveau, ce qui l’est, c’est qu’il semble désormais échapper aux structures des partis politiques et des syndicats explique un spécialiste. Perte d’influence des corps constitués couplée à la puissance des réseaux sociaux, ça donne à chacun l’impression qu’il peut se lancer dans l’action sans nécessairement passer par le collectif… Ainsi, même la CGT est parfois dépassée par sa propre base. » Et, elle, A-t-elle participé à cet encrachès d’hier ? l’histoire ne le dit pas, mais le Point révèle l’identité d’une drôle de manifestante contre la loi El Khomri. Dans un écho consacré aux 3 chauffeurs dont disposerait madame Cazeneuve la femme du ministre du l’intérieur, on apprend que la propre fille du ministre a participé aux manifestations contre la loi Travail…on choisit pas son papa…

On termine Hélène avec quelques infos média…

L’Express papier vit il ses derniers jours, ou ses derniers mois ? Information de Marc Baudriller sur le site de Challenges qui révèle que le directeur de SFR media, Alain Weill y est allé franco devant la société des journalistes de l’ hebdo désormais propriété d’Altice Média. Il a annoncé le départ du pdg de l’Express et a affirmé qu’il ne croyait pas à l’avenir du papier, estimant que le titre doit basculer en totalité sur internet dès janvier prochain. Avec une nouvelle offre éditoriale. Respositionnement stratégique en vue, avec une rédaction qui vient de perdre un tiers de ses effectifs

Et puis une ville mobilisée contre un magazine, ce n’est pas si fréquent… »Saint Denis une ville debout contre l’insulte » raconte l’Humanité ce matin. C’est un article, assorti d’une Une choc du Figaro Magazine le 20 mai dernier « Mollenbeck sur seine, l’islamisme au quotidien » qui a mis hors d’elle la municipalité de saint Denis. Le maire communiste de la ville annonce un dépôt de plainte pour diffamation, un droit de réponse sera publié dès demain dans le magazine. Mardi soir, lors d’une réunion à la mairie, des habitants ont exprimé leur « humiliation » face à ces préjugés accolés systématiquement à leur ville, certains dénoncent même un « bidonnage » de l’article, avec des témoignages déformés pour décrire une réalité tronquée dans laquelle beaucoup ne se reconnaissent pas. Dur métier que le journalisme

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