(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : la baiser qui tue

(Bruno Duvic) On n'a jamais vendu autant de bagues et d'alliances au Japon. Est-ce de l'espérance ou de la nostalgie ?

Pour qualifier l'année 2011, les Japonais ont choisi l'idéogramme qui signifie "le lien". Même question.

« A Tokyo, récemment, j'ai senti six fois la terre trembler sous mes pieds. Les plaques tectoniques ébranlées il y a un an n'en finissent pas de se remettre en place. Le processus prendra des décennies. »

Dans Ouest France , ce matin, le grand spécialiste du Japon Jean Marie Bouissou se demande à quoi peut ressembler la société de ce pays après Fukushima.

Le Japon peine à se trouver un grand dessein collectif.

"La société nippone paie la fracture", confirme Libération. Cette tragédie a fait surgir la différence entre les régions, les générations et les vécus de l'histoire japonaise. On a réalisé que les habitants du Nord et leur centrale en fumée étaient les sous traitants bon marché qui fournissaient de l'énergie à l'élite de Tokyo.

Fukushima, dans la presse en cette fin de semaine, ce sont les paysages lunaires décrit par les reporters dans le Nord, la question globale de l'avenir du nucléaire mais aussi le gigantesque bouleversement dans les mentalités, la culture, la société japonaise.

Confiance perdue dans les grandes institutions, les politiques, les grandes entreprises, la grande presse qui était maquée avec eux.

Alors que beaucoup de Japonais vivent avec un dosimètre comme le montre l'enquête des Echos, alors qu'on ne sait pas réellement où sont les zones dangereuses, quand on pourra revenir dans la zone interdite,

le sentiment qu'une partie de la vérité a été cachée a infusé dans la société comme un thé amer.

Ce cri de rage, de l'écrivain Kenji Maruyama dans Courrier international . Les médias étrangers ont salué le comportement discipliné des Japonais après la catastrophe. Lui parle plutôt de moutons. "Il faut se préparer à ôter notre collier et être prêt à montrer les crocs" "Il faut essayer, autant que possible, de ne se fier qu'à son propre jugement, ses propres forces. Quand d'autres lignes de force que la sienne entrent en ligne de compte, il faut d'abord s'en méfier."

Quelle société construire sur de telles paroles ? Bons baisers de Miss plutonium. C'est devenu un personnage de manga sous les traits d'une femme fatale, gothique, sanglée dans un corset. Elle est à la Une de Courrier International . Japon année zéro + 1, comment se réinventer ? Le mensuel Books y consacre lui aussi un dossier. Extraits de poème : « Je m'incline devant une tête de poisson. Qu'as tu vu dans le tsunami, qu'as tu vu qui ne t'a laissé que la tête, vanité, vanité. »

"Le baiser qui tue", la formule pourrait s'appliquer à la dernière promesse de Nicolas Sarkozy

« Si je perds j'arrête la politique. » Déluges de commentaire sur cette petite phrase ce matin pour souligner en particulier son double tranchant. « Paris mobilisateur ou astuce démoralisante », se demande Didier Louis dans Le Courrier Picard .

Jean Marcel Bouguereau s'amuse dans La République des Pyrénées : « c'est une forme de thanatose, cette technique utilisée par certains animaux capable de simuler leur propre mort. Ce procédé leur permettrait de se faire passer pour un cadavre pour détourner l'attention des prédateurs. »

Détourner l'attention, ce n'est pas gagné. « Il transforme définitivement ce scrutin en referendum pour ou contre lui » constate Philippe Palat dans MidiLibre .

Si je perds, j'arrête. « L'étonnant, c'est que ça nous étonne, conclut Francis Brochet dans Le Progrès . Quoi de plus normal que de partir quand on perd ? Il n'y a rien d'infamant à perdre une élection, mais la moindre des choses est d'en tirer les conséquences. Ainsi font les dirigeants des pays voisins. »

En tout cas Nicolas Sarkozy reçoit le soutien plein et entier d'Alain Juppé dans Le Figaro . "Cessons de regarder les sondages et revenons à la question essentielle" Pour le chef de la diplomatie, le vrai problème c'est celui de la compétitivité de la France auquel le président candidat apporte des réponses alors que le programme de François Hollande est un extraordinaire programme anti compétitivité

D'autres échos de campagne ?

Le bon baiser de Jean Luc Mélenchon aux exilés fiscaux. Nous vous ferons payer ! C'est la une de L'Humanité . Parmi ses propositions, l'interdiction d'exercer une responsabilité exécutive dans une entreprise française pour les exilés. Il s'en prend aussi aux sportifs français payés moins d'impôts ailleurs. Il souhaite qu'ils ne puissent plus jouer en équipe nationale.

La déclaration d'Eva Joly dans les colonnes de La Vie au lendemain de la journée du droit des femmes.

"Vous avez dit que vous subissiez le mépris de la vielle femme, lui fait remarquer l'hebdomadaire.

  • J'ai voulu dire par là que la femme ménopausée n'existe pas dans notre société. Il y a une date de péremption pour les femmes qui n'existe pas pour les hommes. »

François Bayrou, invité de "Des paroles et des actes" hier soir sur France 2 peut-il relancer sa campagne ? Il croit dur comme fer, la presse, pas vraiment. Titre vachard de Libération : "La béarnaise a du mal à prendre"

Cette campagne électorale, elle se fait aussi sur les réseaux sociaux, Facebook, Twitter. Politis y consacre un dossier. Pour un spécialiste interrogé par l'hebdomadaire, les réseaux donnent une prime aux petits partis. Petits ou moyens : le Front de gauche ou le Front national l'utilisent beaucoup.

Les réseaux sociaux plus que les blogs. Ca c'était en 2007, les blogs politiques. Rue89 décrète leur mort ce matin. Résultat : le militantisme sur le web est plus réactif mais moins profond

Direction la Syrie pour finir

Ce n'est pas un baiser c'est une vomissure de feu qui est tombée sur Homs et le quartier de Baba Amr ces dernières semaines. Edith Bouvier a senti le souffle de près. La journaliste du Figaro , désormais en France, elle vient de subit une opération à sa jambe cassée. Son journal publie ce matin un reportage réalisé à l'hôpital de Baba Amr avant qu'elle ne soit blessée. Hôpital, c'est beaucoup dire, immeuble quelconque aménagé. Retour en enfer que cette page du Figaro.

Ces médecins et infirmiers qui enchainent les clopes entre deux opérations d'urgence.

Cet homme qui dit « je suis anesthésiste, ou plutôt je le suis devenu, en vrai je suis fermier ».

Ces 3 enfants allongés côte à côte : maison bombardée, parents morts; "Leurs regards semblent encore chercher à comprendre ce qui leur est arrivé", écrit Edith Bouvier.

Cette infirmière : "On ne demande pas d'argent, pas d'aide, pas de nourriture, rien, juste qu'ils arrêtent de nous bombarder en permanence"

Le bruit du drone qui surveille le quartier. Les fusées éclairantes la nuit pour aider le drone à y voir clair.

Ces coussins dérisoires placés devant une fenêtre de l'hôpital pour limiter l'impact des bombes.

Et les bombes qui tombent justement sur l'hôpital. Nuage de poussière, silence, puis chacun reprend son travail.

Depuis ce reportage, certaines personnes croisées ont peut-être perdu la vie. Peut-être reçu le vilain baiser de la mort.

A lundi

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