On s’inquiète dans la gendarmerie des méthodes du Préfet de Police, Mediapart. On organise à Mongenèvre des maraudes solidaires, le Dauphiné. Un fermophose australien trouve les mots de nos désarrois, le Monde. Un contrebassiste de Montpellier défend les sons graves, Midi Libre.

On parle d'extase ce matin...

D'un femme au traits doux, entourée de saints dont le regard porte vers le ciel où se devine une musique divine, et cette extase  de Sainte Cécile, peinte il y a 5 siècles et 5 ans, est le cadeau me fait le figaro, elle a la beauté de l'éternité et de l'éphémère...

Et il faut lire le reportage à Rome de Eric Bietry Rivière... Rome donc où dans les Ecuries du Quirinal, on rend hommage à Raphael mort en 1520, comme une réplique aux commémorations française de Leonard de Vinci qui mourut chez nous un an plus tôt. Raphael donc Rafaello Sanzio qu'on appela maitre dès des 17 ans, que l'on surnomma le divin bien avant Mozart, sur la tombe duquel au panthéon de Rome on laisse encore parfois une rose tant on le pleura, et je suis alors invité à la Forfarina, portrait d'un idéal féminin et à une "dame à la licorne", dont j'entrevois dans le journal une sérénité inatteignable...

Inatteignable parce que l'exposition Rafaello 1520-1483, conçue comme une visite commençant par le deuil pour aller aux origines, cette exposition ouverte jeudi dernier 5 mars est fermée depuis hier, jusqu'au trois avril, dans une Italie en proie à la quarantaine. rouvrira t elle avant son terme prévu en juin?

Je ne sais si je serais allé comme heureux lecteur du Figaro jusqu'à Rome, désormais me dit la photo de Une « tutto chiuso », mais ces chefs d'oeuvres immobiles et interdits mais qu'un journal invoque néanmoins, disent l'idée d'une résistance. Je lis sur le site du Parisien qu’à Venise le café Florian et le Harrys bar ont fermé à 18 heures, faute de pouvoir garantir un espace d'un lmètre entre chaque client... Venise est désormais sospesa, suspendue, dit la Voce de Venezia, et à Rome Raphael se languit de nous.

Le Figaro me console pourtant car faute de Rome au chaâteau de Chantilly, dans l'Oise menacée, des Raphael m'attendent, que rassembla jadis henri d'Orléans, fils de Louis Philippe, qui nous légua sa collection à la condition que rien ne soit changé dans l'accrochage des chefs d'oeuvres dont aucun ne devait être prêté, et ainsi chaque soir on recouvre d'un rideau les trois Grâces, ainsi nous attend éternellement une madone de la maison d'Orléans, au Christ bébé boudeur et rétif...

Il me fait penser, cet bébé indompté aux dizaines de milliers d'écolier chinois dont me parle le figaro citant la London review of books, qui ont saboté la note d'une application internet Ding talk, elle doit leur servir à travailler et apprendre leurs leçons à la maison ils ont pensé qu'en la tuant, ce serait le confinement buissonnier: raté.

Un autre gamin, Maël, 7 ans et demi,  a vaincu les mauvaises nouvelles hier soir, puisque son papa l'a amené au stade Pierre Mauroy voir Lille battre Lyon, mais attention, ni check ni bisous pour les buts… « Le seul virus c'était celui du football » proclame la Voix du Nord et cette joie est comme une dissonance dans un paysage de peurs et de de frustrations.  

Le PSG a eu beau faire désinfecter le Parc des princes me dit l'Equipe, il devra jouer sans doute Dortmund à huis clos, s'il joue… Mais il y a plus triste.

Ce week-end, à Villefavard et à Saint Martin Jussac en Haute Vienne se tenaient deux fêtes du livre, le public  a boudé me dit le Populaire du Centre, les gens ont eu peur du coronavirus, ils ont écouté les réseaux sociaux, les chaines d'info en continu. Pour son livre "La ferme des trois chènes", Michelle Richard a remporté le prix Panazo, nom de plume d'un écrivain du Limousin qui longtemps travailla à l'Echo, journal communiste disparu l'an dernier, et l’émoition que que génère la fin d'un journal me semble plus durable que nos peurs quotidiennes.

Dans l'opinion, un homme précieux, il s'appelle Eric Le Boucher, qui chaque semaine teste nos évidences, m'assure que les pandémies ne changent guère le monde, que celle-ci passera et s’oubliera, qu'on lui parle plutôt de la peste du Moyen-âge...

On parle du Prefet de Police…

Le Prefet Lallemand, en charge de l'ordre à Paris, et dont les méthodes font jaser à l'intérieur même du camp de la sécurité publique, Mediapart révèle des réticences et des désapprobations fortes venues de responsables de la gendarmerie mais aussi de policiers, face aux volontés offensives d'un préfet à nouveau remis en cause par la répression d'une manifestation féministe samedi soir à paris place de la République, c'est amplement raconté entre autres dans Libération.

Nous voilà donc repris par les brutalités habituelles, le virus ne les interrompt pas, ni n'interrompt les générosités.

A Mongenèvre, me dit le Dauphiné qui en fait sa une ont été relancées les maraudes solidaires, pour venir en aide aux migrants qui se perdent dans nos montagnes et le froid; dans ouest france les navigateurs Thomas Coville et François Gabart disent la solidarité que doivent les gens de mer aux migrants à la dérive... Thomas Coville en a croisé dans uen course il y a onze ans.... « Tu ne peux plus jamais échapper aux regards de ces gens. »

A côté se poursuit la lente érosion de nos vies. L’Union raconte le désarroi des buralistes quand le tabac augmente, plus cher chez nus qu'en Belgique, au Luxembourg, les douaniers traquent les contrebandiers de la clope, mais nos buralistes souffrent... ils sont pourtant nos buralistes, les gardiens d'une convivialité, d'une permanence, illustre dans de jolis reportages l'est républicain. Durer encore... Il n'y a que cela.

Le Monde brosse le portrait de Glenn Albrecht, un australien qui se définit comme un « fermosophe », un fermier philosophe, mais qui sutout forge les mots de nos désarrois face à la catastrophe climatique, « Solastalgie » est sa plus belle invention, il en est d'autres dans son nouveau livre: « mermerosité » est l’inquiétude qui nous prend devant la mort possible d'un monde familier... Nous ne parlons que de ça.

Et une renaissance pour finir.

Qui est une résilience, je lis dans le Journal du centre que l'on va remettre en bouteilles les eaux de la Nièvre... Que nul n'exploitait plus depuis les années 70...

Restons ensemble alors. Je lis dans Ouest France qu'entre Entre Redon et Vern-sur-Seiche, on enseigne l'art de la bombarde, un instrument à vent emblématique de la culture bretonne, la classe compte treize élèves, de 6 à 70 ans, on veut aller plus loin, on crée un bagad, un orchestre celte, avec cornemuse en plus et percussions, et l'on jouera dans les fêtes et je lis que quand on est quinze, la bombarde, le son est incroyable me dit Lucie 12 ans.

Je lis dans Midi libre que cette fin de semaine à Saint-Jean de Vedas, commencera le festival Mardi Graves consacré à la contrebasse, c'est l'oeuvbre et le combat d'un professeur et contrebassiste  de l’orchestre national de Montpellier, qui veut faire aimer défendre les sons graves, et qui place son festival cette année sous l'égide de Bacchus dieu du vin, car dans “Bacchus”, il y a Bach. Ce serait, coronavirus, grande méchante action que de nous en priver; r

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