La Croix raconte la brutalité sanitaire d'une directrice d' Ehpad. Le Figaro décrit la stratégie de l'Elysée en quête de jeunesse sur les réseaux sociaux. Le Monde nous montre de jeunes ruraux qui veulent vivre là où leurs familles ont vécu. Les Echos nous annonce un monde sur-mesure que le numérique invente.

On parle de deux amis...  

Et peut-être un peu plus, une fille un garçon, qui grandissaient ensemble, à Salies de Béarn Pyrénées Atlantique, qu'on appelle aussi la cité du sel... Et qui ont passé UN SIECLE sans se voir avant d'être réunis par la technologie... Car Sud-Ouest nous dit que le 21 janvier dernier, le jour de ses 106 ans, Albert Bareille s'est installé devant un ordinateur à l'Ehpad de Lormont près de Bordeaux, tandis qu'à l'Ehpad de salies de Béarn, Marie Lartigau, née Pécaut, qui venait de fêter ses 107 ans, a fait de même... Et enfin ils se sont revus, ils ont parlé et chanté béarnais et français, ils se sont souvenus des copains de l'école du Bois et des fêtes de la tue-cochon, et en se quittant ils se sont envoyés des baisers par écran interposés, "je l'emporterai avec moi" a dit Albert à Marie.  

Vous verrez la vidéo de la rencontre sur le site de Sud-Ouest, et vous en saurez plus sur Marie et Albert en cliquant dans les archives de Sud-ouest et de la République des Pyrénées, car une fois l'an les vétérans sont des vedettes locales, Marie était d'une bonne famille, Albert à 11 ans avait du devenir valet de ferme, il avait appris à lire en se cachant de son patron dans la grange, il été déporté du travail pendant la guerre en Allemagne, il a revu Marie.   

Et dans cette histoire on devine les trésors empêchés des vieux des Ehpad  qui depuis un an ont vécu sous cloche, empêchés de mourir mais étouffés d'absence, et l'absence n'empêche la mort. C'est le dossier de la Croix, où l'on entend une directrice d'Ehpad en Anjou se défendre de ce qu'elle a fait pour protéger ses pensionnaires et ses employés; en décembre dernier; elle a empêchée une autre femme de voir sa mère mourante parce que la veille, elle s'était mal comporté, elle avait un peu enlevé son masque et n'avait pas voulu quitter la chambre de la vieille dame, elle savait qu'elle allait partir, la directrice avait appelé les gendarmes pour les déloger.      

Dans le Dauphiné, je lis qu'un nonagénaire est parti après quelle vie, adolescent Victor Huillier avait été résistant dans le Vercors avec son frère Daniel leur père leurs oncles et des amis martyrs, il connaissait chacun des fusillés du cours Berriat à Grenoble à l'été 44. Après guerre, Victor et Daniel avaient créé la station de ski de Villard de Lans, pionnière de l'enneigement artificiel, ils avaient vendu la station en 2019 à l'ancienne star du basket Tony Parker, c'étaient de grandes espérances et depuis la Covid est venue.    

Mais la nostalgie ne nous bornera pas. Dans le même Dauphiné nous découvrons Enzo, 20 ans et depuis février dernier titulaire du brevet de pilote de ligne, il veut devenir avant ses 26 ans le plus jeune commandant de bord de l'histoire, on ne rêve pas plus haut seulement au passé.   

Et l'on parle donc de la jeunesse...  

Que désirent les politiques et singulièrement le Président Macron, assidu sur les réseaux sociaux , et sur trois pages le Figaro raconte les stratégies numériques et de communication, d'un Président qui va recevoir deux youtubeurs à l'Elysée pour participer à leur concours d'anecdotes incroyable... La politique passe  par des influenceurs anciens de la télé-réalité où carrément des mômes comme le petit Swan à lunettes, qui avec son compère pas très vieux Neo a reçu en virtuel le ministre Gabriel Attal...  On comprend dans le Figaro que le pouvoir veut rattraper ses rivaux insoumis et RN qui ont pris de l'avance sur les réseaux, mais l'entreprise est risquée. le patron de la cellule numérique de l'Elysée a battu en retraite quand il s'est retrouvé en compagnie d'Alexandre Benalla et d'un militant identitaire sur un forum du réseau à la mode Clubhouse.  

Cette ruée vers les réseaux semble contraster avec la fragmentation politique de la République en marche au Parlement, le Monde nous dessine sans pitié les dissidences et les fractures. Dans le Télégramme SCOOP j'apprends que le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian, socialiste passé macronien a rencontré le cacique centriste de Bretagne Pierre Méhaignerie, et cette rencontre de vétérans en vue d'un pacte peut-être dit que le vieux monde est encore valide.    

Il existe même ce vieux monde dans le cœur des enfants, vous le découvrirez dans la Montagne avec Charles-Hubert Most, 26 ans, qui a lui seul prolonge l'art de l'horlogerie en auvergne et aussi dans une belle enquête du Monde auprès de jeunes ruraux qui veulent vivre là où leurs familles vivent depuis toujours, et  font alors l'impasse sur des études lointaines. Franck Eisele 17 ans de Stundwiller (Bas-Rhin) va devenir mécanicien pour vivre mais avec son salaire d'apprenti il achète des moutons pour relancer l'exploitations agricole de ses grand-parents. Pendant le premier confinement il a construit un hangar agricole dans le champs près de sa maison.   

On parle enfin de sur mesure...  

Et nous voici dans un futur déjà là. Les Echos nous racontent comment, en donnant à  des formes des start-ups vos mensurations vos données et vos gouts, on vous fabriquer désormais des vêtements  des chaussures des shampoings créés exactement pour vous. Cela s'appelle made for you, fait pour vous, une service d'Amazon qui aux Etats-Unis est tailleur en tee-shirts, cela s'appellera bientôt en France Perso, pour fabriquer un rouge à lèvre Saint-Laurent sur mesure. 

Vous lirez dans Libération un mea culpa sur mesure après que la publication de la lettre d'un jeune violeur ait provoqué un tollé de militantes féministes et d'internautes progressistes -précisément le public même du journal, alors Libération assume, la victime du violeur approuvait la publication, mais concède aussi de "profonds regrets"  à ceux qu'il a déçus. Est-ce calibré?  On apprend par le site Arrêt sur images, que le jeune Samuel, violeur en confession, et sa victime Alma que sa confession apaisait, s'étaient déjà exprimés sur les Echos, rubrique Start consacrée aux campus. L'histoire n'était pas neuve et très bien racontée, ici c'est moi qui m'excuse de ne découvrir qu'aujourd'hui.  

Nous n'entendrons pas d'excuses des journaux qui le lendemain du 8 mars ne donnent pas la Une à la skieuse Perrine Laffont, qui à 22 ans a conquis tous les titres possibles, ni l'Equipe ni la Dépêche, Laffondt est de l'Ariège, mais la Dépêche privilégie en Une le drame de l'usine Bosch, sous-traitant de l'automobile en Aveyron où 750 emplois vont être supprimés, la faute à la crise du diesel. Effectivement, c'est plus important. 

Entendrons-nous un jour des excuses de la fondation Moulinsart, héritière de Hergé et Tintin qui attaque nous dit Ouest France un superbe artiste breton Xavier Marabout qui a introduit Tintin dans l'univers réaliste de Edward Hopper? Moulinsart reproche à Marabout d'amener son Tintin a fréquenter et embrasser des femmes, c'est ballot, il a l'air sage et très heureux.

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