Trois chiffres à la Une : 73, 83, 86. C'est un sondage CSA que publie "Le Parisien"... Enquête réalisée hier auprès de 805 Français âgés de 18 ans et plus... D'où il ressort que 73% des Français sont favorables au couvre-feu... 83 à l'apprentissage dès 14 ans... Et 86% scandalisés par les violences... Scandalisés ou mécontents. Dans une petite poussée de mégalomanie, "Le Parisien" qualifie son enquête de "sondage qui change tout"... Ce qui n'est probablement pas le cas, mais il est tout de même intéressant... Il montre, comme le souligne Béatrice Houchard, du "Parisien"... Que si lors de la Présidentielle de 2002, les Français avaient voté pour la sécurité, trois ans plus tard, ils réclament de l'ordre. Alors oui au couvre feu, pour les trois-quarts des personnes interrogées... Mais peut-être faudrait-il lui adjoindre un autre couvre-quelque-chose... C'est Eric Fottorino qui l'écrit dans "Le Monde"... Décrétons le couvre-mot pour étouffer les Karcher et autre racailles, ces mots de souffre et de souffrance qui poussent de jeunes paumés à donner leur langue au feu. L'apprentissage à 14 ans : Oui, trois fois oui... "Le Figaro" applaudit... Sous la plume de Jean-Paul Mulot : "Une seule pierre manquait à l'édifice : en finir avec le mythe de l'école obligatoire pour tous jusqu'à 16 ans"... Le développement du pré-apprentissage à partir de 14 ans est aujourd'hui la piste la plus prometteuse des propositions du Premier ministre... Elle a le mérite d'être autrement plus concrète que la restauration des subventions aux associations de quartier. Ce à quoi "L'Humanité", toujours aussi combatif que sur le dossier des banlieues, répond : "Apartheid social"... "Plutôt que le dialogue, le couvre-feu", titre ce journal ... Villepin joue sur la peur... décrétons l'Etat d'urgence sociale, écrit Patrick Le Hiaric, directeur de "L'Humanité"... Journal qui, au passage, qualifie l'état d'urgence de texte d'exception antidémocratique, et qui publie les articles de cette loi telle qu'on pouvait la lire dans le Journal officiel en 55... C'est effectivement assez impressionnant. Alors comment les choses se passent-elles chez nos voisins, dans leurs banlieues ?... Ont-ils de bonnes idées... "La Croix" est allée enquêter dans 6 pays européens... Eh bien, on s'aperçoit que malgré quelques initiatives originales... Comme la promotion de la mixité sociale à Rotterdam... De Manchester à Essen, en passant par Rome... Partout, l'intégration est un défi. Retour en France avec "Le Figaro", et son dossier de 8 pages sur la banlieue... Avec notamment un "petit lexique des mots de la crise", où l'on trouve "HLM", "intégration", "9-3", "haine" et "jeune", qui signifie "peu avancé en âge"... Là, on apprend quelque chose. Plus intéressant, cette remarque : "jeune", c'est souvent une précaution de langage pour ne pas dire "casseur" ou "délinquant". Le problème, c'est que quand un jeune n'est ni casseur ni délinquant... Ce qui est tout de même pas rare... "Le Figaro" n'apporte pas de réponse. En revanche, son papier, intitulé "Ces émeutiers qui n'ont rien dans la tête", vaut le détour. A Stain, où un homme de 60 ans a été tué, plusieurs mères de famille se lamentent : "Ces gamins n'ont peur de rien"... Un garçon de 16 ans l'approuve... Fanfaron, il raconte : "Moi, j'ai déjà fait 4 gardes à vue, et s'ils veulent le faire une fois de plus, c'est pas grave : ils me donnent une couverture et je dors". Un autre, de 15 ans, demeuré au pied de l'immeuble, lâche fièrement : "Moi, j'en ai cramé 32 à Garges". Un peu plus tard, des "vieux" de 22 ans tentent de sermonner les ados... Or, ils ne semblent pas comprendre ce qu'on leur dit, témoigne la reporter du "Figaro", Marie-Christine Tabet... Ils restent muets, butés. Dans le même temps, Justine Ducharme, autre reporter au "Figaro", va dans un lycée de ZEP, en Seine-Saint-Denis, pour sonder les réactions face à l'idée de démarrer l'apprentissage à 14 ans... Une seule question, chez les jeunes : "Combien on gagne ?"... La plupart veulent "gagner de la thune" tout de suite... Jamila, en revanche, 14 ans, ne veut absolument pas commencer à travailler maintenant, même si elle veut devenir journaliste sans faire d'études. "Ouais, tout ça c'est nul, lâche Abdel... J'ai pas envie d'apprendre un métier"... C'est alors que son copain l'interroge : "Eh, le maroquinier, il est Marocain ?" Cet article-là, vous le trouverez juste en face de l'autre... Vous savez, celui "des émeutiers qui n'ont rien dans la tête". Dans le genre "paroles de la rue", "Libération" nous transmet celles d'Asnières... C'est l'autre rive de la colère... Comme l'écrit Cédric Mathiot, "Quand Nicolas Sarkozy est en retrait, il a toujours un fidèle pour dégotter une idée-choc"... Et c'est ainsi que lundi soir, Manuel Eschlimann, maire UMP d'Asnières-sur-Seine, lançait son "Comité de veille"... Formule pudique qui signifie en fait "milice citoyenne"... A l'appel du maire, des habitants ont quadrillé la ville... Du grand spectacle... Une véritable opération de com... Et dans "Libé", vous verrez Gérard en patrouille... Pantalon serré, blouson bomber, extincteur au pied... Tout le monde n'a pas de chien... Attitude martiale : le menton est bien haut, et la moustache est fière... Au petit jeu "Je surveille la ville", Gérard a une vraie tête de gagneur. Aujourd'hui on vote au PS : 120.000 militants sont invités à se prononcer sur 5 motions... Alors, petite définition du Parti Socialiste par mon confrère de "La République du Centre", Jacques Camus : "Le PS n'a pas de programme... Il n'a que des candidats... Et le couvre-feu n'est pas pour demain". Et puisque nous sommes dans le tableau express... Si vous voulez comprendre les enjeux du vote d'aujourd'hui et du Congrès du Mans, "Le Figaro", par exemple, vous donne les clés dans les intertitres de son article... "Un homme, un enjeu"... "DSK : imposer son ambition" "Laurent Fabius : garder ses chances" "Peillon-Montebourg-Emmanuelli : renforcer leur courant" "François Hollande : sauver sa place". Raccourci ou réalité, François Hollande ?... Dans le genre synthétique, il y a aussi le tableau que publie "Le Parisien"... Avec les chefs de file des trois principales motions, et ce qu'il adviendrait d'eux en fonction du score qu'ils réaliseraient... C'est plutôt bien fait... Pour vous, François Hollande, "Le Parisien" estime qu'avec un score supérieur à 54%, c'est un succès... Qu'entre 50 et 54, vous gardez la majorité, mais trop mince pour vous imposer réellement... Mais qu'avec moins de 50%, c'est l'échec cinglant... Vous n'avez plus qu'à quitter votre poste sans gloire. Voilà qui nous amène à l'interview, publiée par "Télérama" sous le titre "Les loosers en politique"... Je dis ça parce qu'il y aura forcément des perdants, après le vote d'aujourd'hui. Alors, Mendès-France, Rocard, Jospin : en quoi les perdants sont-ils intéressants ?... C'est l'interview de Marc Abélès, anthropologue, dont le dernier ouvrage s'intéresse à ce sujet, peu étudié : l'échec en politique. Abélès en est persuadé : la France aime les loosers. Alors pourquoi ? Peut-être parce que, à l'instar de Mendès-France ou de Jacques Delors, répond l'anthropologue, ce pays aime, au-delà de tout, ceux qui incarnent la notion grecque de la politique... C'est-à-dire ceux qui rejettent au second plan les questions de pouvoir, pour s'intéresser d'abord aux conditions des individus. On pourrait dire tout simplement qu'on aime ce qui est rare... Marc Abélès note aussi que l'homme providentiel de ces dernières semaines, ce n'est pas un politique mais un sportif... Zidane, dont le charisme a pris le pas sur le charisme politique... La question devra se poser, pour chaque partie, de savoir comment reprendre la main. Avec plaisir, vous l'imaginez... C'est un numéro spécial des "Inrocks", dans la série "Les Inrocks 2"... En partenariat avec France Inter... Et si je vous en parle, c'est parce qu'il ne s'agit pas d'un hors-série de plus, qui nous ressasse les mêmes choses, non... L'angle qu'a choisi "Les Inrocks" est très pertinent... C'est "Lennon contre McCartney" : naissance et divorce d'un duo de génie... La rivalité, les chansons, les carrières solo... Bien vu, Pascal Bertin. Bonjour... Vous êtes le directeur de la rédaction des "Inrocks"... D'où vous est venue l'idée de mettre en perspective l'apport des deux grands des Beatles ?... Est-ce qu'il est vain et tout à fait inutile d'essayer de savoir qui, des deux, a apporté le plus ?... Merci, Pascal Bertin... Et puis ce détail amusant : à Liverpool, le gardien de la maison familiale de Paul McCartney s'appelle... John Hallyday... Ca ne s'invente pas. Bonne journée ! A demain !

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