8H30 l’heure de la revue de presse, bonjour hélène jouan

On commence par le retour dans la presse ce matin, d’un ex grand patron

J6M, ça vous rappelle quelqu’un ? « Jean Marie Messier, moi-même, maître du monde », c’est le surnom que les Guignols de l’info avaient donné à leur ancien patron, celui de Vivendi Universal au temps de sa splendeur dans les années 2000. Jean marie Messier, qui après sa chute, a monté une banque d’affaires, reparait ce matin pour une interview exclusive au Figaro Economie, entretien dans lequel il s’exclame « vivement Macron 2, Macron 3 ! » Pourquoi un tel engouement ? parce que jean marie messier est aujourd’hui convaincu, que face à la révolution digitale, l’europe hyperrégulatrice est archaique dit il, et qu’il faut donc que la France mette en place un environnement qui valorise le risque et la culture entrepreneuriale, histoire d’avoir nous aussi nos Google, Apple, Facebook, Amazon et autres Uber. J’insiste dit il, ce changement n’est pas une mode mais un mode de vie, il va s’enraciner et durer. L’uberisation de l’économie nous conduit vers un monde prodigue prédit Jean Marie Messier, un monde d’abondance, de multiplication des possibilités. Mais il faut a.pprendre à domestiquer dit il en vieux sage qu’il est devenu, ce monde prodigue

« Ce monde prodigue », celui issu de la révolution numérique, c’est tout l’enjeu de la future loi Macron, MAcron 2 dont on connaitra les contours aujourd’hui…

Une future loi que le ministre de l’économie a ingénument baptisée NOE, Nouvelles opportunités économiques. « Un acronyme s’amuse Libération qui renvoie au moins autant au déluge qu’à l’espoir d’y survivre. ». Question déluge, la révolution numérique promet au moins dans un premier temps de ravager l’emploi, selon une étude britannique, 47% des emplois sont menacés par la numérisation ; Question espoir, il s’agit pour Emmanuel Macron de donner aux secteurs traditionnels les outils pour concurrencer les nouveaux acteurs, mais aussi d’encourager tous ceux qui se lancent dans cette nouvelle économie, la seule susceptible aujourd’hui de créer des emplois. Lecture contradictoire pour la presse, quand Libé sous la plume de John Hufnagel insiste pour que l’Etat reste stratège dans l’accompagnement de cette révolution, Nicolas Beytout dans l’Opinion appelle Noé à résister au flot envahissant de l’Etat, ce Léviathan…

En attendant de connaitre les visées précises du ministre de l’économie, qui a décidé cette fois de faire œuvre de pédagogie sur l’élaboration de sa loi, souligne les Echos, on peut s’inquiéter avec Rue89, des changements induits par cette révolution numérique. Vous savez que la grande idée de cette économie du partage, c’est de dire, « super, vous n’avez plus de patron ». Et bien figurez-vous que ça ne s’arrange pas de ce côté-là : une étude de la New York University montre comment le système Uber, ses algorythmes, les évaluations de performance par les passagers, les mails envoyés en temps réel aux chauffeurs pour leur demander par exemple s’ils ont l’intention de travailler le week end, tout cela se substitue en réalité à…votre chef, petit ou grand ! « les robots ne vont pas forcément vous piquer votre boulot, mais devenir votre boss » relève rue89. Bref, on ne sera même pas gagnants de ce côté-là…

Dans la presse également ce matin Hélène, la campagne pour les élections régionales

Et la mise au point du président de la conférence des évêques de France, conférence réunie hier à Lourdes. Monseigneur Pontier qui s’est clairement invité dans la campagne en appelant les fidèles à « regarder de près les programmes » « fuyez la violence sous toutes ses formes, la violence verbale n’étant pas la moindre » Propos relevés ce matin par le Figaro et la Croix « Pensez à la paix chez nous, en Europe, développez un langage d’ouverture et d’engagement » Des mots nous explique Libération , qui sonnent comme un rappel à l’ordre après les remous provoqués fin août par l’invitation de Marion Maréchal Le pen à l’université d’été de l’évêque de Toulon.

Et puis faut-il être riche pour être candidat aux régionales ? c’est la question posée ce matin par Aujourd’hui en France/ le Parisien. Où l’on apprend que la tête de liste les Républicains en Midi Pyrénées-Languedoc Roussillon Dominique Reynié, vous savez celui qui fait ses listes sans l’aval de son président Nicolas Sarkozy, a réclamé une avance de 15 000 euros à ses têtes de liste départementales…5000 seulement à ceux qui ont moins de chance d’être élus » chez nous c’est l’euro millions » grince un responsable local qui trouve la note salée. Une pratique monnaie courante au Front national en 2010, cette année quasi toutes les têtes de liste ont emprunté la totalité de leur budget en leur nom propre auprès de Cotelec, le micro parti de jean marie le Pen, la famille a beau être brouillée, elle continue de faire des affaires ensemble. Une pratique dont use avec plus de parcimonie la gauche

Et puis, l’Humanité en fait évidemment sa Une, et ses pages Evénement : « la gauche au Portugal qui serre les rangs pour sortir de l’austérité » titre le journal communiste. Avec cet accord en vue donc, confirmé dans la nuit, entre les forces de gauche pour tenter de renverser le gouvernement du premier ministre, de droite, investi qui doit prononcer aujourd’hui son discours de politique générale. « Surmontant des divisions historiques note maud Vergnol dans son édito, le parti communiste et le bloc de gauche seraient prêts à soutenir un gouvernement socialiste sur des propositions anti austérité..C’est la première fois insiste t elle, qu’un parti social démocrate se rend à l’évidence désagréable de l’impasse des politiques d’austérité. Un signal fort conclut elle… Mais un signal qui pour l’instant pierre Laurent, vous en conviendrez est assez loin de résonner jusque chez nous…

On termine Hélène par l’école, pas l’école d’aujourd’hui, mais celle d’hier

Avec un entretien passionnant pour le site de Télérama, télérama.fr, de l’écrivain Didier Daenincks à l’occasion de son dernier roman « L’Ecole des colonies », dans lequel il met en scène un jeune instituteur métropolitain nommé en 45 en Kabylie. Un entretien dans lequel il revient sur quelques vérités liées aux bienfaits supposés de la colonisation encore colportés par certains. L’école raconte t il, était un instrument de l’assimilation forcée des populations locales. Il s’agissait de mettre en œuvre un enseignement minimum pour former de bons serviteurs, de bons agriculteurs ou de bons soldats, mais avec évidemment des ambitions pédagogiques réduites, car il ne fallait surtout pas dit il, que les connaissances ne développent l’esprit critique et poussent à la subversion. Tout était bon pour véhiculer les préjugés raciaux. Un seul exemple, pour apprendre le A dans un livre de lecture, on y voyait un maitre proposer 2 bonbons, l’un à René, petit blond aux yeux bleus qui mange le bonbon, l’autre à Ali, jeune algérien à la peau bistre, qui mange le cahier, puis le tableau puis la craie. Morale de l’histoire « Ali est un âne », pour mettre en valeur le A, d’Ali et le A, d’âne… Didier Daenincks qui en profite pour rappeler à quel point ce terme « d’assimilation », repris aujourd’hui par certains leaders de la droite, est connoté. L’assimilation dit il, était la 3ème phase de la colonisation après la conquête et la pacification . Ce terme est extrêmement agressif, vis-à-vis des migrants dont on exige aujourd’hui l’abandon de tous leurs repères culturels. Heureusement se réjouit l’écrivain, la créolisation du monde est en marche affirme t il…En tout cas, un utile rappel, que le choix du vocabulaire est plus important que jamais aujourd’hui. L’Intégration a un sens, l’assimilation aussi.

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