Les fainéants que le Président Macron avaient propulsé dans le débat public font la Une du Point, dans de ces gros dossiers que l’hebdomadaire affectionne, "VERITES ET LEGENDES SUR LES FAINEANTS, enquête sur la France qui ne fait pas ses 35 heures…"

Et le dossier est malin...  "Le Point" prend un ton enjoué pour décrire le pays des bonnes planques, de l’absentéisme et des arrangements. Il parsème son enquête de  dessins à l’humour froid : « Un jour de congé fut décrété pour célébrer la naissance d’Edouard Balladur »… Il collecte des perles et des classiques…  La sinécure du Conseil économique et social… 233 membres à 3832.32 euros par mois qui pondent des avis dans l’indifférence générale mais en écriture inclusive… Ou encore le 26 décembre férié de l’agglomération du pays d’Aubagne, au fait, le taux d’absentéisme de la fonction territoriale est de 9%... Ou le désarroi du patron qui ne peut pas embaucher. Guillaume Richard, président d’un groupe de services à domicile… « Il y a trois ans, j’avais embauché une femme qui n’avait jamais eu de CDI; elle était ravie. Puis au bout d’un an, elle est revenue me voir pour me demander une rupture conventionnelle en me disant qu’elle gagnerait plus si elle était au chômage… » 

La faute aux allocs...

Et c’est ici que "Le Point" fait de la pédagogie, ou de l’idéologie, comme on voudra… Ce sont moins les anecdotes que la déconstruction de l’exception française… Un pays peuplésde gens qui rentrent tard sur le marché du travail, qui en sortent tôt, qui travaillent moins longtemps dans l’année et qui pensent pouvoir tout conserver… 

Parole de l’Economiste en chef du FMI. Olivier Blanchard… « La France a choisi de réduire le temps de travail mais sans prendre en compte la réduction nécessaire du revenu qui va avec »

Il faudrait créer des petits boulots moins bien payés comme en Allemagne… Et l’anecdote trouve son sens…

Et les Echos parlent du contrôle des chômeurs…

C’est la Une du journal: le premier bilan de contrôles systématiques instaurés par sous hollande... 270000 controles l’an dernier, 86% des controlés cherchaient bien du travail, mais ça fait tout de même 14% de radiations. On lit que les agents de Pôle emploi ne devaient pas « faire du chiffre », mais plutôt « remettre des chômeurs démotivés dans une dynamique de recherche… Voilà qui complète l’ambiance du jour… Le salarié est défainéantisé et le chômeur contrôlé pour son bien... 

La vertu s’impose d'en haut, si elle ne s’impose pas aux plus grosses fortunes… On a un effet de contraste étonnant en  feuilletant le Monde sur les "Paradise papers"…

On peut contraster le tableau en ouvrant l’Humanité, qui a confié sa rédaction en chef à Philippe Martinez Patron de la CGT: « Un chomeur sur deux ne bénéficie d’aucune allocation, on est loin du profiteur »

Et toujours dans l’Humanité, des salariés qui ne fainéantisent pas mais se tuent…  Les suicides de personnels hospitaliers s’additionnent dans services de l’hopital public: 5 morts en 2016 a Toulouse, et la semaine dernière encore à Grenoble…  « Il y a beaucoup de souffrances autour de moi, certains font des burn-outs » accuse le docteur Bruno Caron… L’Humanité accuse les logiques financières, et parle d’un syndrome France télécom, endeuillé de 35 suicides entre 2008 et 2009… C’est un autre aspect du système français…

On parle de harcèlement dans les journaux…

Le harcèlement qui menace les enfants à l’école. La journée y est consacrée. On trouve des témoignages d’enfants marqués dans la dépêche, dans l’est républicain notamment. Le Figaro raconte les collégiennes harcelées sur le web… 

Mais toutes nos actualités cruelles se connectent. Henda Ayari, une des accusatrices de Tariq Ramadan, se dit harcelée, c’est encore dans le figaro, par une armée d’internautes…  « Des centaines de messages insultants des coups de sonnette chez moi, des faux profils avec ma photo »…

On connait cette cruauté… et les réactions qu’elle provoque…

Et en même temps… Un journal se demande si l’étalage de la cruauté, justement, et notamment des cruautés infligés à des femmes par des hommes,  ne donne pas une vision faussée de notre monde…

Causeur est un mensuel rétif au consensus au progressisme, à l’image de sa patronne Elisabeth Lévy… Elle s’en prend au célèbre hashtag « balance ton porc », Lévy, et s’inquiète pour l’état de la société après le déballage… 

« Au lieu de faire croire aux femmes agressées qu’elles obtiendront toutes réparation et d’agiter le fantasme de l’imprescriptibilité des crimes sexuels on devrait avoir le courage de dire aux femmes que la justice des hommes ne peut pas réparer toutes les injustices de l’existence et que des méfaits commis entre quatre yeux ont toutes les chances de rester impunis. En leur racontant le contraire, en les invitant à « se lâcher », on ne les aide pas, on les traite comme des enfants. » 

Causeur enrobe tout cela derrière une couverture provocante, "Arrêtez la chasse à l’homme"… Mais causeur est aussi malin et a invité l’adversaire à s’expliquer…  Donc  Marlène Schiappa est en interview dans un journal anti féministe et met les choses au point…

Elle aime les hommes. Elle défend l’Etat de droit ; elle s’oppose à la « présomption de vérité » que réclament des féministes dans les affaires de harcèlement.

Et elle s’amuse, aussi… Un jour, dans le métro, elle s’est sortie d’une agression… «  en appliquant le conseil de mon père : « Si un jour un mec t’attrape, tu lui envoies un coup de genou bien placé, il sera obligé de se baisser et tu t’en serviras pour partir en courant. » 

Mais elle ajoute : « Toutes les femmes n’ont pas la présence d’esprit de le faire sur le moment. » 

Sourire, et faire de la politique… 

Et puis manger, pour se remettre…

Et lire donc Fooding, le guide, qui vient de sortir, et recense 800 restaurant de genres à tous prix et en tous lieux, pour trouver une tete de veau antéchiraquienne, sauce gribiche, une chantilly punk  ou une andouillette a hurler comme le loup de Tex Avery…

Le langage compte aussi, et puis le destin…  Le cuisinier mis à l’honneur, meilleure table de cette édition, officie près d’une départementale à Bidard,  avenue de Bayonne, Pyrénées Atlantiques, le restaurant s’appelle Elements et  il s’appelle, Anthony Orjollet… Il fut globe trotter, le voilà basque, il cuisine roboratif et sans gluten, petits pois et chou-fleurs sur des tables de chêne… De toutes les modernités alliées au terroir… 

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