Avant le 11 novembre, Télérama supplie au nom des poilus, "ne nous oubliez pas". Alain Juppé défend Emmanuel macron dans Sud-Ouest. Les fiches ethniques du PSG, révélées par Mediapart font les unes de l'Equipe et du Parisien. Une princesse chinoise fille du patron de Huawei) au bal des débutantes et dans Paris-Match.

On regarde un visage ce matin...  

Dans l'Est républicain et la Dépêche, un visage fin aux yeux perdus, l'ovale tendre et le sourire esquissé que relève une ombre de moustache, un visage fait de tous les visages de ceux qui il y a cent ans connurent la grande guerre, un visage de synthèse, réalisé à partir de 30.000 photos de l'époque, poilus ou infirmière belge et qui sera montré tout à l'heure à l'historial de Péronne au Président Macron...   

Le Président dont la tournée mémorielle se poursuit au rythme des contestations me disent le Parisien et le Figaro, sur "le chemin des drames", jeu de mot de Sud-Ouest où Alain Juppé bavarde avec des bordelais et défend le Président: "Emmanuel Macron est impopulaire, ça arrive à tout le monde. Il commet des erreurs et des maladresses. Mettons ça sur le compte de la jeunesse et de l’inexpérience. Mais s’il se plante, on va où?". 

"Vous n'êtes pas le bienvenu" a lancé hier un syndicaliste au chef de l'Etat, oui mais, me dit la Voix du Nord, les deux hommes se sont parlé ensuite, et puis, au café de la rotonde à Avesnelles,  le Président a convaincu le maçon Fabien Moreau, « l’échange a été hyper-positif, de toute façon, on était tous positifs », et Sébastien Seguin, le coiffeur, lui a demandé d'intervenir pour la piscine fermée... Le cafetier, Didier Martin a posé la tasse du président sur une étagère derrière son comptoir....   

Est ce important, un colifichet, face aux visages qui nous regardent et que nous laissons?   Ce 9 novembre 2018, nos journaux débordent de mémoire, car ils savent qu'après le 11, quand auront sonné à Nancy les cloches de la victoire comme il y a un siècle me dit l'Est républicain, les cent ans révolus de la guerre, on passera à autre chose, l'antisémitisme qui remonte nous alerte Edouard Philippe sur sa page facebook ou  la violence des banlieues car à Corbeil-Essonne, dit le Parisien, le patron d'une nouvelle supérette est racketté par les gang. 

L'actualité remonte et va recouvrir la guerre... "Ne nous oubliez pas", lance alors Télérama au nom des poilus qui me fixent à sa une, des vrais visages de la guerre, ils avaient la peau que l'on devine rude et le poil dru, nos ancêtres. Il sont racontés par leurs arrière-petits enfants dans Paris-Match qui a ouvert les albums de famille de ses journalistes, le Figaro se souvient de ce lieutenant de Gironde qui mourut en 1914 dans une charge de cavalerie contre des avions allemands. L'Humanité est fidèle à Jaurès et dénonce une guerre qui n'était ni fatale ni nécessaire, et me parle de Guillaume Apollinaire que la guerre blessa et que la grippe espagnole nous enleva il y a aujourd'hui cent ans. L'humanité, comme Télérama me raconte ces monuments aux morts pacifistes qui fleurissaient après guerre. "Que maudite soit la guerre" à Equeurdreville dans la manche,  "Paix entre tous les peuples", à Gy l'Eveque dans l'Yonne, et à Rocles dans l'allier, une fillette aux boucles d'ange m'indique une inscription, "apprends à supprimer la guerre", car nos ancêtres revinrent pacifistes du grand massacre me dit Marianne;  Sur sa couverture, un poilu me regarde encore, il a l'air épuisé.  

Le football français face au scandale des fiches... 

Et c'est encore un visage qui me reste, il est dans l'Equipe, l'ancien recruteur du Paris Saint-Germain Marc Westerloppe, il  a une bonne tête et des petites lunettes de prof et le portrait qu'en fait le quotidien est celui d'un type bien, un formateur respecté, qui avait donné sa chance à la star ivoirienne Didier Drogba..  

Oui mais c'est ce même Westerloppe qui faisait mettre en fiche les joueurs qui pouvaient intéresser le PSG, "africain, antillais, maghrébin ou français", et c'est ce même Westerloppe qui avait refusé en 2014 de recruter à Paris un jeune rouennais de treize ans, Yann Gboho, car il était fiché antillais, et dans il y avait déjà trop d'antillais et d'africains à Paris, il fallait comprenez, recruter des blancs. Le scandale révélé hier par Mediapart et Envoyé spécial barre les unes du Parisien, et de l'Equipe...   

Parmi les défenseurs de Westerloppe, lis-je dans l'equipe, se trouve la maman de Kylian MBappe, le technicien est proche de la famille du prodige... Hélas, Mediapart s'est aussi penché sur les MBappe: les parents modèles d'un joueur à peu d'autres pareils, monnayaient leur enfant jusqu'à la dérision... 

Dans Mediapart encore, parle de  Kays Ruiz-Atil, futur Lionel Messi de seize ans qui vient de passer professionnel et que le PSG avait chipé à Barcelone il y a trois ans... Son papa a obtenu d'être recruté aussi, comme recruteur de jeunes... C'est presque mignon.    

On peut, ensuite, parler de sport car il n'y a pas que le football. Le Magazine du monde va nous raconter aujourd'hui les drames du trot français, victime d'une épidémie de vols de sulkys, ces petites voitures du trot attelé, on les dérobe dans les camions et les écuries, et cela fait des sommes, car on n'est pas forcément riche, dans le canasson...   

Un homme riche dans le Monde...  

Qui enquête sur lui-même, chapeau confrère,  ou plutôt sur son nouvel actionnaire minoritaire,  le millionnaire tchèque Daniel Kretinsky, passé au crible dans ce journal qu'il veut conquérir: "Comment devient-on milliardaire en moins de dix ans" se demande Le Monde. « J’ai travaillé dur pendant des années", répond-i;  il faut aussi connaitre les bonnes personnes qui sont riches avant vous, il faut entrer dans un fonds d'investissement qui a prospéré sur le passage au capitalisme de l'ex-Tchécoslovaquie, il faut savoir s'endetter, investir dans un gazoduc de gaz russe, et puis dans le charbon, et dans les media, cela protège, mais le Monde ne protège pas son nouveau financier...      

Un jeune homme riche, une jeune femme riche, celle-là n'est pas soupçonnée, sera-t-elle enviée? Cette grande jeune fille d'un mètre 75, qui rêvait de danser Giselle à l'opéra mais qui finalement fait de solides études de maths et d'informatique à harvard, voilà donc Annabel Yao, princesse d'aujourd'hui, fille de Ren Zhengfei, patron de Huawei, géant chinois des téléphones, elle fera son entrée dans le monde au bal des débutantes dans deux semaines à Paris, elle est dans Paris-Match, dans un monde finalement immuable...

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