Un lycéen de 16 ans sera porte-drapeau de l'hommage rendu au Général, Est-Eclair. Ouest-France et le Courrier de l'Ouest se souviennent des voyages gaulliens. L'Opinion conseille à Biden d'être "sans malveillance". Une diplomate se souvient des apprentis djihadistes qu'elle récupérait en Turquie, revue Esprit.

On parle d'un adolescent...

Qui se prépare ce matin à tutoyer l'histoire, il s'appelle Tom, il a seize ans, le site de l'Est-Eclair me le présente, il est de Bar-sur-Aube mais est parti en internat à  Chaumont étudier les Sciences et technologies du management et de la gestion, option défense, c'est cela qui le passionne, la Patrie, le devoir. Ses parents pensaient qu'ils deviendrait musicien, lui qui joue du violon et de la trompette, il a préféré servir, sapeur pompier volontaire depuis l'âge de douze ans, et pour servir mieux encore, il s'est porté volontaire pour une mission de prestige: Tom sera tout a l'heure à Colombey-les deux-églises, le porte-drapeau de l'hommage au général De Gaulle mort il y a aujourd'hui cinquante ans... Tom marchera en avant du Président Macron, il dit qu'être porte-drapeau, « c'est avoir une pensée pour tous ceux qui sont tombés pour notre Patrie. »

Il a seize ans Tom, aura-t-il la chance tout à l'heure  de discuter avec de vieux messieurs qui il y a  un demi-siècle pouvaient lui ressembler: de jeunes français de Colombey que l'on était allé quérir pour porter le cercueil du Général... Le Monde raconte leur histoire, ils étaient douze gamins de 17 ans, 20 ans, en costume sombre et cravate, qui tremblaient de faire un faux pas sur le chemin de l'église,  ils avaient répété la veille  avec une grosse planche de bois, mais que c'était lourd... Et qu'il est beau cet article, qui raconte une France d'avant, sage et lucide, ces enfants pour qui De Gaulle faisait partie du paysage, qu'on allait voir avant de partir au service, le Général offrait au conscrit un cigare, un billet, les De Gaulle rapportaient un faisan des chasses présidentielles à leurs voisins les Consigny dont la ferme jouxtait la Boisserie, le général allait bavarder avec le grand-père invalide de guerre... Et soudain il n'était plus et  eux les jeunes villageois le portaient sous les crépitements des photographes, un journaliste voyou avait demandé à Jean-Pierre le  fils du boucher de voler une photo à la Boisserie, il avait refusé, Jean-françois le fils du laitier s'était effondré en larmes quand d'autres journalistes avaient voulu l'interroger.. ... Oui il est beau cet article où j'entends un Requiem et aussi la tristesse des hommes qui ont vieilli:la mort a réduit le nombre des porteurs, parfois la mémoire se dérobe, ils ne se sont pas assez vus une vie durant pour chérir ce moment où ils portaient le Général... Le diront-il àTom, qu'il vit peut-être ce qu'il aura de meilleur... 

Et le gaullisme parcourt nos journaux...

Il est honoré aux Unes de l'Alsace  du Dauphiné de la Voix du Nord et du Bien public qui l'assure, « le gaullisme est bien vivant »... Mais la tendresse des moments passés  est plus forte. Il me frappe de voir entre le Progrès et les DNA le terrible Pierre Mazaud qui fut au Parlement un gardien de la foi, se montrer en homme de son âge, en tee-shirt et gros pull de retraité... 

Nos journaux nous racontent comme à la veillée... Les trois visites du général en Anjou dans le Courrier de l'ouest, en 1965, il avait répondu d'une boutade au maire de Chalonnes qui se plaignait que sa commune comptait 200 chômeurs alors qu'on y trouvait des usines de chaussures, de confection et de nombreux agriculteurs. "Comment se chausserait-on, s’habillerait-on, s’alimenterait-on, s’il n’y avait pas Chalonnes?" Cinq ans plus tôt, je lis cela dans Ouest-France, de Gaulle avait arpenté la Bretagne pour convaincre ses notables de l'appuyer dans ses négociations en Algérie, mais ce n'est pas la politique que la mémoire retient. Dans les Côtes-du-Nord -futures Côtes d'Armor,  à Chateuledren, les triplés Méheust,  Jean-Pierre, Jean-François et Jean-Michel, âgés de 2 ans et demi, avaient offert le bouquet bleu-blanc-rouge au Général, leurs parents André et Michèle Méheust qui tenaient un commerce de confection s'en souviennent encore... 

Il nous reste donc l'amour au temps d'un roi ...  Le Figaro, d'après un livre, « les Adieux au Général »  raconte sur son site ce que fut l'émotion de la planète il y a 50 ans, et dans ses pages ce matin, d'un autre livre, « la France pleure De Gaulle »,  ressuscite les lettres que des français envoyèrent à Yvonne De Gaulle après la mort du grand homme. On l'appelait le père du peuple, une dame écrivait « j'aimais le général comme un enfant aime son père », une autre jurait,  « il était notre Moïse »...

Il est étrange de relire une ferveur  française quand on nous parle d'un vieil homme qui va devoir réparer son pays. Sera-t-il providentiel Joe Biden, aux Unes de la Croix de Libération de l'Opinion du Figaro des Echos, on nous parle de convalescence de compromis de réconciliation...  Je lis dans l'Opinion que Biden devra « être sans malveillance à l'égard de quiconque », la phrase était de Lincoln... 

On nous parle aussi de Donald trump, dont on souligne aussi bien la force des 70 millions de suffrages qui doivent résonner comme un avertissement aux oreilles des démocrates, dit dans l'Opinion encore Eric le Boucher, s'ils oubliaient que « le petit blanc qui travaille a lui aussi son mot à dire », comme les minorités. Mais on souligne aussi l'isolement de Trump, que la philosophe Judith Butler, dans un texte reproduit sur le site AOC, achève en le traitant de « président bouffon », qui « se retrouve seul avec ses hallucinations »... Le site Arrêt sur image raconte le retournement du New York Post, tabloïd pro-Trump qui soudainement, a affiché, « it's Joe time »... 

On parle aussi de fractures françaises...

Et d'un besoin de paix, de dignité, dans deux enquêtes qui se ressemblent dans Nice Matin et dans l'Union, sur les musulmans qui redoutent l'isolement, l'amalgame, et que tout devienne compliqué... « On ne se connait pas assez les uns les autres », lis-je au hasard de ces voix ténues... Vous lirez, dans la même veine, celle des compréhensions qui nous manquent, dans la revue Esprit, les souvenirs de la diplomate Muriel Domenach, qui, consul à Istanbul, devait récupérer les jeunes français, parfois adolescents, qui passaient par la Turquie pour aller au djihad, emplis de certitude et de mépris, mais parfois un doudou posé dans la valise... Ce texte est aussi un hommage à un ami diplomate décédé, Vincent Caumontant  qui avec elle luttait contre la haine, celle que ces enfants leurs adressaient, celle qui montait en eux et qu'ils combattaient. 

Je lis dans Slate que de jeunes nationalistes français veulent créer des communautés autonomes blanches dans nos campagnes. 

Si ce ridicule vous écoeure, je vous invite à une consolation, que raconte le Parisien, que proposent des acteurs du théâtre de la vielle qui, si le confinement vous atteint et l'air du temps, vous appellent et bavardent, et en fonction de votre humeur vous lisent un poème. simplement cela.

Pardon! A l'antenne,  j'ai dit à propos des porteurs du cercueil du Général De Gaulle, "qu'on avait quéri", ce qui est une faute, une injure   multiple à la langue française. Le participe passé de quérir, verbe au demeurant intransitif, est "quis". J'aurais du dire,  "qui avaient été quis", ou "qu'on était allé quérir"

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