"La Russie de Poutine ressemble à une décharge couverte de ronces et jonchée de débris"... "Je n'aime pas Poutine parce que, pour s'asseoir sur le trône et régner en maître, il a encouragé la gangrène morale de la Russie"... Deux phrases extraites du "Déshonneur russe"... l'un des livres d'Anna Politkovskaïa... Un extrait plus long est à lire dans Le Figaro... Tous vos journaux, ce matin, rendent hommage à la journaliste russe... "Russie : silence, on tue !", titre ainsi, en Une, Libération... "La coutume de faire exécuter le messager pour se débarrasser de ses mauvaises nouvelles est commune chez les tyrans", constate Gérard Dupuy... "La vérité exige parfois de l'héroïsme... Anna Politkovskaïa en avait à revendre... Dans un paysage médiatique normalisé, c'est-à-dire truqué à 99%, elle ne pesait pas bien lourd... C'était encore trop"... C'est "la conscience de la presse russe assassinée", pour L'Humanité... "La liberté de parole assassinée", pour La Croix, dont Dominique Quinio note, dans son éditorial : "Seule la mort pouvait l'obliger à se taire... Anna Politkovskaïa était une voix isolée dans un pays où la liberté d'expression se trouve largement entamée, où toute critique à l'égard des autorités est interprétée comme une trahison envers la nation"... La Croix qui note également que "le silence du Kremlin contraste avec l'émotion internationale"... Oui, "le Kremlin se tait après le meurtre de la reporter", titre le Corriere della Sera... Et le Daily Telegraph constate également le silence du Kremlin, et précise : "Même les spéculations sur Internet, comme quoi la mort de Politkovskaïa serait un cadeau d'anniversaire pour Poutine... qui a fêté ses 54 ans samedi, le jour où elle a été tuée... n'ont pas provoqué de réaction du gouvernement russe... Pourtant, remarque le journaliste du Daily Telegraph, le millier de personnes qui s'est recueilli à Moscou et Saint-Pétersbourg n'a aucun doute : quelqu'un, au Kremlin, sait quelque chose sur la mort de la journaliste"... Le Daily Telegraph qui a remarqué les mots tracés en travers d'une photo d'Anna Politkovskaïa dans le square Pouchkine, à Moscou... des mots qui résument tout : "Le Kremlin a tué la liberté de parole"... A côté, un portrait de Poutine, qui porte ces mots : "Vous êtes responsable de tout"... Alors, dans son ensemble, la presse européenne espère qu'il y aura enquête... "une enquête digne de ce nom", demande ainsi Le Soir... Mais rien n'est moins sûr... C'est ce qu'explique Alexandre Morel dans La Montagne... "Anna Politkovskaïa est la 13ème journaliste victime d'un assassinat en Russie depuis l'accession de Poutine à la Présidence... Et aucun des criminels n'a été arrêté... pas plus que la justice n'a mis la main sur les assassins d'Andreï Kozlov, le vice-président de la Banque centrale russe, très impliqué dans la lutte contre le blanchiment de l'argent sale des mafias"... Dans Libération, ce constat : "La Russie à la botte sanglante de Poutine... L'assassinat de la journaliste intervient alors que le pays subit un énième tour de vis sécuritaire"... C'est l'analyse de la correspondante, à Moscou, de Libération... Lorraine Millot explique : "La nervosité du pouvoir russe est, à l'évidence, liée au problème de la succession de Poutine... qui, selon la Constitution, ne pourra pas briguer de troisième mandat, et devra quitter le Kremlin en 2008... Une crise majeure, tel qu'un conflit avec la Géorgie, pourrait offrir un prétexte pour annoncer que Poutine est seul à même de rétablir l'ordre et doit prolonger son règne"... Dans Ouest-France, c'est l'éditeur d'Anna Politkovskaïa, Jean-François Bouthors, qui conclut son hommage par ces mots : "La mort d'Anna Politkovskaïa sonne comme un ultime avertissement aux oreilles de ceux qui pensent qu'il est possible de faire comme si de rien n'était". HEURE... La revue de presse de Clotilde Dumetz... En France, les journaux notent ce matin pas mal de changements dans la campagne pour 2007... Les premiers changements viennent des sondages... D'abord celui du Figaro... un sondage TNS-SOFRES-Unilog... où "Royal chute et Sarkozy accentue son avance"... Il y a près de 10 points entre les deux favoris... "L'écart se creuse, note Le Figaro... Au premier tour, la candidate à l'investiture du PS n'est plus créditée que de 29,5%... Nicolas Sarkozy obtiendrait, lui, entre 38 et 39%... Cela dit, les deux concurrents font toujours la course en tête, et continuent à dominer tous leurs rivaux... Les petits et moyens candidats ne percent pas"... Et Alexis Brézet constate que "Ségolène Royal n'avait pas tort de mettre en garde les socialistes contre le retour de la machine à perdre... Cette baisse dans le sondage, poursuit l'éditorialiste, c'est le signe que le regard dans l'opinion commence à changer... Ségolène Royal n'est plus cet OVNI dont la franchise contrastait avec la rhétorique politicienne de ses rivaux... Elle devient chaque jour davantage un candidat ordinaire"... Alors ça, c'était le sondage du Figaro sur le premier tour de la Présidentielle en 2007... Dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, c'est un sondage sur les duels du second tour... Et là, titre le journal, "les Français préfèrent Royal"... En fait, le sondage CSA propose trois duels... Sarkozy/Royal, Sarkozy/Strauss-Kahn, Sarkozy/Fabius... Et si le président de l'UMP l'emporte face au candidat socialiste, il se fait battre en revanche par la candidate... Pour les analystes de ce sondage, au second tour, Ségolène Royal rassemble beaucoup mieux son camp que ses frères ennemis... et elle profite du trouble de l'électorat de l'UDF, qui voterait pour elle à 37%... Alors oui, on le sait : les sondages, il faut les prendre avec des pincettes... Laurence Parisot le rappelle dans Les Echos... Les Echos, écrit aujourd'hui en totalité par des femmes... "Les sondages reflètent le présent, et non l'avenir... Entre aujourd'hui et demain, l'électeur a le droit de changer d'avis, a fortiori en campagne électorale... Tous les travaux de sciences politiques montrent, continue la présidente du MEDEF, que la plupart des démocraties occidentales se caractérisent par une volatilité des comportements électoraux"... Et les sondages, aujourd'hui, sont d'autant plus une photo de l'instant présent... que beaucoup de paramètres n'ont pas encore eu le temps d'influer... Dernier en date : l'élection d'Alain Juppé... "Il retrouve la mairie de Bordeaux", note L'Est Républicain... Son élection, dès le premier tour, marque le retour de l'ancien Premier ministre... Et pour lui, analyse Le Figaro, "le temps du silence est révolu... D'une façon ou d'une autre, il sera présent dans le débat présidentiel... Personne ne peut croire qu'il se limitera à Bordeaux"... C'est le même sentiment dans Libération... "Alain Juppé se voit jouer un rôle de trait d'union entre les chiraquiens et les autres familles de l'UMP... Il promet de soutenir clairement le candidat de la majorité... Le maire de Bordeaux veut être irréprochable dans son attitude vis-à-vis de l'UMP... Mais les sarkozystes le soupçonnent, non sans raison, de miser sur un échec de leur champion en 2007"... Donc la présence d'Alain Juppé pour peser dans la campagne... Celle aussi de Michèle Alliot-Marie... La ministre de la Défense fait partie également, ce matin, des 90 femmes qui ont écrit Les Echos... Elle y parle d'indépendance énergétique... un point de vue titré "Nul besoin de rupture pour préparer l'après-pétrole"... Et là, bien sûr, c'est "rupture" qui résonne. Et tout ça sans compter avec un nouveau retour à la Une de Dominique de Villepin... Le Premier ministre fait les gros titres, puisqu'il a confirmé hier l'interdiction totale de la cigarette dans les lieux publics... "En interdisant de fumer au 1er février 2007 dans les lieux publics, et un an plus tard dans la restauration, les bars-tabac et les discothèques... Dominique de Villepin va à la fois plus vite et moins vite que la mission parlementaire le proposait... Du grand art !"... Et Patrick Fluckiger, dans L'Alsace, poursuit... "Le Premier ministre accélère dans les lignes droites : l'interdiction de fumer dans les écoles, les administrations et les magasins est très largement approuvée... Il freine dans les chicanes : les buralistes et les restaurateurs font de la résistance... Il recule sur les amendes : la mission parlementaire les voulait très dissuasives, entre 450 et 750 euros... Le montant sera ramené à 150 euros pour les établissements, et à 75 euros pour les fumeurs indisciplinés"... Dans son cahier "Emploi" du lundi, Libération est allé voir du côté de "ces boîtes qui ne mégotent déjà plus"... Les entreprises qui envoient déjà leurs salariés en griller une sur le trottoir, puisqu'à partir du 1er février, ce sera la règle... Et dans ces entreprises, eh bien le salarié fumeur travaille en moyenne 5 jours de moins par an que son collègue non fumeur... A raison de 5 minutes par clope... ça va vite !

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