Qui suivent la foule, et la foule de Barcelone n’était pas pour l’indépendance hier…

Elle est cette foule à la Une du Figaro, de la Croix, de Libération, du télégramme, de Ouest France de l’indépendant… "La fierté espagnole"… titre le quotidien de la catalogne française…

Mais au-delà de la fierté, il y a autre chose et cela s’appelle d’un joli nom, la tristesse.

On comprend cela en lisant la presse… On entend dans nos journaux… Les tenants de la GRANDE HISTOIRE

Le premier ministre Mariano Rajoy, que le Figaro soutient, « basta » dit le quotidien… Qui reproduit l’entretient donné à El Pais… « L’unité de l’Espagne n’est pas négociable… ». Un chef !

Ou l’autre chef, le président catalan Carles Puigdemont que Libération décrit dans un portrait aigre doux… Le tenant d’une forteresse identitaire, ayant nourri depuis sa jeunesse une détestation de l’Espagne et se prenant pour le berger de son peuple …

Deux chefs…

Mais derrière cet affrontement entre chefs… on entend les voix tristes d’écrivains et d’artistes interrogés par La Croix…

Triste le romancier Sergi Pamies… quand s’affrontent « l’ineptie bureaucratique » et le « romantisme de la mobilisation »« Les grands gagnants sont les fabriquants de drapeaux.. »

Triste Laura Freixas… «Vous ne voyez pas de drapeaux catalans dans les quartiers défavorisés de la banlieue de Barcelone » et « je n’ai pas beaucoup vu de drapeaux espagnols dans la banlieue de Madrid »… Freixas vit et écrit à Madrid, d’un père catalan et d’une maman de Castille et Leon…

On entend le métissage, celui de José Carlos LLop, un écrivain de Palma de Majorque : « Je suis d’un paysage où l’on parle lit et écrit deux langues, c’est une richesse qui nous est donnée dès l’enfance ; sont inséparables en ce qui me concerne le castillan et le catalan de Majorque… Je n’entends rien aux conflits linguistiques, je refuse de renoncer à ma vie de bilingue »… Et il refuse que l’Espagne, cesse d’exister…

Mais l’Espagne que défend Llop n’est pas l’Espagne splendide et autoritaire de Rajoy, mais une autre Espagne, faible et fragile et métisse… L’amour d’un pays faible, quelle belle idée…

Nostalgie à la Une de l’Humanité pour un révolutionnaire mort il y a 50 ans…

Che Guevara, tombé au combat en Bolivie le 9 octobre 1967… Belle photo au béret un peu floue, pas celle des posters, mais d’un homme au regard tendre… fragile, décidément…

Che Guevara « tombé sous les balles d’un sergent bolivien à moitié ivre »… dit le Figaro qui est allé sur les traces du culte du Che, là où il est mort… « Tué par les militaires boliviens et la CIA » corrige l’Humanité…

Qui proclame, « Le présent est fait de lutte, l’avenir nous appartient ». Comme si Ernesto s’en allait défiler contre le budget de Bruno Lemaire…

Mais le dossier vaut mieux qu’un tract. Un long texte l’universitaire Jean Ortiz qui inscrit Guevara dans une histoire révolue, celle du communisme soviétique dont il aurait été l’antidote, lui qui parlait de morale et d’humain…

On a le sentiment d’un monde très lointain, dont nul ne sait que faire… Ou bien se faire plaisir… dans Sud Ouest, on lit ceci : le Che avait élaboré sa stratégie révolutionnaire à partir du rugby…

Parole de Jean Cormier, biographe du Che, mais aussi légende du rugby, ami et dépositaire de l’héritage littéraire et bachique d’Antoine Blondin… un vieux gaillard de 74 ans et d’un mètre quatre –vingt-dix encore prêt à mettre sa main au feu de la sainteté de Guevara ou dans la tronche de qui en douterait… et le papier de Sud Ouest, théoriquement consacré au Che, est en réalité le portrait de Cormier, étonnante figure… Cela inspire d’autres nostalgies…

Des débats économiques dans les journaux…

La Dépêche met en avant la colère des élus locaux contre le pouvoir…

Le Parisien, annonce une suite possible des réformes…

« Faut-il supprimer les allocations familiales aux ménages les plus aisés »…

Les échos… réveillent le passé…

Dans un numéro composé par des personnalités invitées dont vous Bruno Lemaire; ça s’appelle la relève…

Mais la relève consacre deux pages aux 20 ans des 35 heures !

« Une erreur historique de politique économique » proclame Denis Kessler, qui fut l’intellectuel du patronat. Mais, comprend-on en lisant les échos, les 35 heures ont été vaincues par la douceur, la possibilité de contourner la règle... Les ordonnances étant l’aboutissement du processus… Voilà un fantôme conjuré ?

Et le drame des Harkis dans Nice Matin…

Ces algériens qui avaient choisi la France … circonstance locale… L’agglomération niçoise va réserver des emplois aux enfants de harkis… Mais longue douleur…

Avec ce témoignage d’un homme Mohamed Messaoud… « J’avais 6 ans, la France nous a mis dans des camps »

"On a débarqué à Marseille le 21 juin 1962. Ils nous ont parqués dans un camp. Bourg-Lastic, dans le Puy-de-Dôme. C'était des tentes militaires. Les harkis qui arrivaient en premier montaient celles des suivants. On était quatre ou cinq familles par tente. Nous, les gosses, on jouait. Nos parents se taisaient."

Ces parents morts avec l’idée qu’ils avaient été « les chiens de la France »

Et on fait silence devant ce qui ne sera plus rattrapé…

Mais ces drames font écho dans de petites histoires… qui nous arrivent aujourd’hui…

Avec ce cri d’un prêtre de l’Hérault, le père Cathala… "Veut-on faire complètement partir les chrétiens de La Paillade ? » C’est dans Midi Libre… La Paillade est un quartier populaire de Montpellier… où une église, l’église Saint Paul, est régulièrement dégradée … des bêtises d’adolescents lit-on. Mais quand même… « Nous avons besoin de votre soutien et de votre amitié » réclame le curé à la communauté musulmane.

On voit ce que cette petite histoire raconte et ce qu’on peut en faire…

Elle n’est pas à prendre au drame… Vendredi dernier, une invitation au respect des bâtiments religieux a été relayée auprès des fidèles de la grande mosquée. "Il s'agit de s'adresser aux pères pour qu'ils en parlent avec leurs enfants" et samedi prochain, le quartier ira nettoyer les abords de l'église et du presbytère et réparer une fenêtre cassée… On se sauvera dans de petits gestes, fragilement...

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.