En 1975, une utopie américaine enfin traduite en français décrivait la Côte Ouest transformée en république écolo, Usbek et Rica. Lafrançaise, arn-et-Garonne a sauvé sa librairie, raconte Libération. François Mitterrand lisait à droite, se délecte Le Figaro. Des merveilleux radio-amateurs dans le Journal du Centre.

On parle d'un automobiliste surpris...

Dans la Voix du Nord, qui publie le meilleur article de la presse française, si les journaux sont au service de ceux qui les lisent.

"Un matin, une lettre belge arrive. Et là, bim ! Une amende de 350 € datée de votre dernière escapade à Bruxelles. La faute,  dénoncée... la pollution que peut engendrer votre véhicule."

C'est la une du journal, "rouler en diesel en Belgique, gare à l'amende", nos voisins ont développé des LEZ  "low emission zone", dont l'accès est interdit aux véhicules les plus polluants et le 1er octobre, les amendes ont commencé à tomber -c'est une grosse affaire là-bas, les journaux belges ricanent car la Dernière heure a révélé hier qu'une voiture de police sur 6 n'est pas aux normes à Bruxelles et Anvers...

Mais quelles normes, au fait? Il faut regarder votre carte grise au point  V.9, la classe environnementale... La VDN ne nous passe pas les détails parce que 350 euros ça compte... 

Dans la région Bruxelles-Capitale, les diesels EURO 1 et sans norme EURO sont  non grata . Mais attention, en 2019, les diesels EURO 2 et les essences en EURO 1 ou sans norme EURO seront aussi interdits...

Et dès maintenant.

Si vous avez l'intention de vous promener à bruxelles ou anvers avec votre voiture. Il faut vous enregistrer sur un site dédié 

www.slimnaarantwerpen.be/fr/LEZ  

www.lez.brussels/FR

"Scanner sa carte grise, donner sa plaque minéralogique, l'année de la première immatriculation, le poids du véhicule, le type de carburant, la norme Euro, vos nom, prénom, adresse, coordonnées mail et téléphoniques",  et attendez parfois dix jours avant d'avoir votre autorisation... 

La sauvegarde de notre environnement ne va pas être une promenade de santé, vaut-il mieux continuer à abimer le monde? 

Corse matin titre sur "le pire évité", et raconte les 600 tonnes de fioul répandues dimanche tout près du parc marin du Cap corse, après qu'un cargo ait embouti un porte conteneur ...

Les Echos me disent que l'industrie de la tech émet plus de gaz a effet de serre que le transport aérien, on cherche des bonnes nouvelles, la croix m'émeut d'une loutre que nous allons peut-être sauver. 

Et à Ornaisons dans l'Aude... Face à l'espace Fabre, c'est dans l'Indépendant, la borne de recharge pour véhicules électriques a été officiellement inaugurée avec force discours, sur une commune qui s'inscrit " dans un mouvement vertueux de respect de l'environnement" et photos des officiels façon équipe de rugby autour de la borne.

Et ainsi la sauvegarde de la planète rejoint une culture de villages....

On parle de livre aussi ce matin...

Et s'il vous reste de la patience environnementale, Usbek et rica me signale qu'une légendaire utopie est enfin sortie en français. Elle s'appelait Ecotopia et racontait en 1975, la sécession de  la côte ouest américaine, Californie, Oregon État de Washington devenant une république sans pesticide ni énergies fossiles, ni nourriture industrielle,  un pays de vélos gratuits et de végétation florissante jusque dans les villes et de revenu universel.  Il y a quarante-trois ans, une oeuvre de la contre-culture américaine reflétait nos tentations. Quel vertige.

Le livre est prophétie, le livre est sauvegarde et Libération est allé à Lafrançaise, quel beau nom dans le Tarn-et-Garonne, qui sauve son centre-ville en se mobilisant pour sa librairie reprise en coopérative, "le Temps de lire" vend journaux et Guillaume Musso, «Le livre qui a rendu 2 millions de lecteurs HEUREUX».  «Je me fous de ce que lisent les gens, tant qu'ils lisent. Parfois on a envie d'un livre pour se relâcher." parole du libraire barbu, Yvon Lebret.

Se relâchait-il, François Mitterrand quand il allait le jour de son élection, le 10 mai 1981, au manoir de Pron, acheter au libraire Gérard Oberlé, quelques vieux Flaubert ou Alphonse Daudet? L'anecdote est dans le Figaro, au milieu d'autres enluminures sur ce Président bibliophiles, dont les derniers livres seront vendus aux enchères les 29 et 30 octobre, qui remplissait minutieusement les fiches de ses trésors. 

«Maurice Barrès, la Colline inspirée ed. or. Je l'ai achetée 850 fr. chez Loliée en 1964. Le même était coté toujours chez Loliée 2800 fr. en janvier 1969.»

Le Figaro se ravit de ce président de gauche qui lisait à droite, son cher Chardonne et d'autres...  Danièle son épouse avait elle-même relié un Brasillach, « Comme le temps passe », ou un Rebatet,  "Les deux Etendards", "le meilleur des écrivains de la collaboration" insiste le journal qui a repéré aussi ce poème de Philippe Henriot, ministre de la propagande de Vichy abattu par la résistance, «Je songe quelquefois au destin qui vous ment»... 

Libération évoque un autre homme dont le destin fut une duperie, le peintre Le Caravage, dont des tableaux sont exposés à pris, et que Philippe Lançon raconte. "Dans une taverne, il jette un plat d'artichauts à la tête d'un homme. Un duel conclu par la mort de son adversaire chasse de la cité l'artiste. Quatre ans plus tard, poursuivi par les uns et soutenu par les autres, toujours à mi-chemin entre la rixe et le palais, il meurt, sans doute de la malaria et de quelques blessures mal guéries. Le pape allait lui accorder la grâce." La Grace nous l'avons, de lire cela, sur le Caravage qui se méfiait, lis-je des mots; 

Et pour finir un plaisir démodé...

Qui est une évasion et qui rappelle qu'on n'a pas attendu internet, dans nos villages, pour être au monde. Dans le Journal du Centre, lisez, lisez, ces merveilleux nivernais qui maintiennent la flamme des radio-amateurs et surveillent les ondes courtes, frrr frrr et parfois touchent la grâce… Christian Lecoq a fait coucou en 1994 aux cosmonautes de la station Mir... Tous les mercredis, à 8.30, à Cours les Barres dans le Cher, Bernadette Boudière, 90 ans, indicatif F5AIG, allume sa station devant les portraits de son mari et d'autres  radio amateurs disparus, elle parle avec des amis de Bourges, SaintAmand-Montrond et Nevers. Qu'ai-je à faire de Google et de ses bugs quand je lis Bernadette et le Journal du centre. 

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