"Mieux vaut être riche et en bonne santé"... Vous connaissez la suite... La pauvreté peut faire aussi mal que la maladie elle-même... La pauvreté est aussi une souffrance physique, la preuve. La preuve, elle est dans "Témoignage chrétien"... Dans ce reportage qui montre à quel point l'accès aux soins est de plus en plus difficile pour les plus fragiles, comme le dénonce Sylvie, assistante sociale à la Sécu... A Lyon en l'occurrence... Lorsqu'une personne nous dit qu'un médecin a refusé de l'ausculter, nous l'appelons tout de suite pour connaître les raisons de ce refus... Eh bien, figurez-vous qu'ils nous disent qu'ils ne veulent plus de patients bénéficiaires de la CMU... Ils nous expliquent qu'ils ne sont pas obligés de recevoir ces gens, à partir du moment où il n'y a pas d'urgence... Ils savent pertinemment qu'ils ne seront inquiétés par personne... Ni par la Sécu, ni par le Conseil de l'Ordre. Ce à quoi Marie-Noëlle, médecin généraliste dans un dispensaire lyonnais, répond : "Tous les médecins ne sont pas comme ça, mais c'est vrai qu'il y a un problème sérieux : je pense à un phlébologue à qui j'avais envoyé un patient, et qui m'a adressé un courrier me priant de ne plus lui envoyer de "malade CMU. Je pense aussi à ces orthodontistes qui ont refusé de recevoir des familles bénéficiaires de la Couverture maladie universelle... Chaque fois que les parents téléphonaient pour obtenir un rendez-vous, la secrétaire leur demandait d'abord : "Avez-vous la CMU ?"... Malheur à ceux qui répondaient "oui". Vous allez rire, poursuit Marie-Noëlle, mais le serment d'Hippocrate n'était pas au programme de mes études de médecine. Evidemment, ça n'aide pas". Le serment d'Hippocrate, le secret médical... Le débat de la semaine... Avec l'hospitalisation de Jacques Chirac... Ce que "Libération" appelle ce matin "la maladie du secret"... Le Président devrait sortir du Val-de-Grâce assez vite maintenant... Mais il y a cette question, que pose Dominique Quinio dans "La Croix"... "Pourquoi ne se montre-t-il pas ?... On nous cache quelque chose". Le porte-parole du gouvernement a beau se démener et affirmer que les informations sur l'état de santé du Président ont été données dans une totale transparence, personne ne sera convaincu, poursuit notre confrère. A sa sortie de l'hôpital, Jacques Chirac sera scruté : son regard, ses gestes, sa démarche, son élocution... Tout sera commenté. Telle est la rançon que les hommes politiques ont à payer à notre société surexposée... A eux, conclut Dominique Quinio, d'inspirer suffisamment de confiance pour être cru sur parole. Commentaire maintenant d'un journaliste belge : Bernard Delattre, de "La Libre Belgique", cité dans "Courrier International" : "Les Français sont souvent cruels avec leurs dirigeants, mais ils apprécient modérément quand on les attaque sous la ceinture. C'est alors qu'ils deviennent capables de compassion... On verra ce que les prochains sondages de popularité diront de Jacques Chirac. En tout cas, ajoute Bernard Delattre, un Jacques Chirac fragilisé ne se transforme peut-être pas forcément en cible plus aisée à viser. Ca, c'est pour les adversaires politiques du Président... Ce qui explique le titre de cet article belge : "N'enterrez pas Chirac trop vite !"... Quant au dessin, il vaut le détour... On voit un radio-reporter qui demande des nouvelles de Jacques Chirac au médecin de service, qui lui répond, concernant ses problèmes oculaires... "Jacques Chirac ?... Il a conservé sa vision à court terme". N'enterrez pas Jacques Chirac trop vite... Mais comme le dit Jacques Julliard dans son édito du "Nouvel Obs"... "Ils sont 10 à se préparer pour l'échéance de 2007... Et ce n'est pas l'accident de santé du Président qui va les calmer". Alors, qui sont ces 10 ? Eh bien, il y en a 5 à droite et 5 à gauche... selon Julliard... Mon premier, dit-il, en commençant par l'extrême-droite, est le vieux monsieur indigne... Avec les années, Le Pen a perdu ses crocs mais gagné des électeurs. Mon second est le vicomte zézayant et sarcastique... C'est Philippe de Villiers, qui spécule sur l'âge du vieux loup de mer pour lui voler sa clientèle. Mon troisième, c'est l'irrépressible de la politique française... Un gaz en perpétuelle expansion, qui occupe tout l'espace disponible, et même au delà... Nicolas Sarkozy bien sûr... C'est assez facile comme devinette... Mon quatrième est la surprise de l'année... Est-il Chateaubriand ou Fouché ? C'est Dominique de Villepin... Quant au cinquième à droite, c'est un adorable garçon devenu le furieux de l'été... Il s'appelle François Bayrou. Décidément très inspiré, Jacques Julliard, qui repart à l'autre bout de l'échiquier politique, définit le sixième, Olivier Besancenot, comme Thierry la Fronde après Jeanne d'Arc... Sa septième, c'est la communiste digne et méritante : Marie-George Buffet, à qui il ne manque que des défauts... Le huitième, ou la huitième, l'écologiste... Là on ne sait pas : Mamère ou Voynet... Et on arrive chez les socialistes, avec le neuvième de Jacques Julliard, Laurent Fabius, qualifié "d'accident de marketing". Enfin le dixième : Monsieur ou Madame X, à piocher dans DSK, Jack, Martine, Ségolène, François ou Lionel. Moralité : si ces hypothèses se confirmaient, nous pourrions avoir au premier tour de 2007 dix candidats sérieux... Dont aucun ne dépasserait les 15 % des suffrages... C'est-à-dire une bouteille à encre sans précédent. HEURE Revenons maintenant, à la manière d'un hebdo, sur le grands faits de la semaine... La désolation qu'a semée le cyclone Katrina dans le sud des Etats-Unis... Sous le titre "Le naufrage de l'Amérique", "Paris Match" publie cette semaine un photo-reportage de 30 pages. On a beau en avoir beaucoup parlé, avoir beaucoup lu et vu des images à la télé de cette catastrophe... Quelques fois, le malheur lointain reste une abstraction pour nous, vu de loin... Les photos, en revanche, lui donnent toute sa dimension... Celle de ce pillard, par exemple, est extraordinaire de vérité... C'est un jeune homme qui traverse une rue inondée, arrivant à peine à porter l'énorme pile de vêtements qu'il vient de dérober... Et vous verrez son expression : il fixe du regard le reporter de "Paris Match", avec des yeux qui semblent lui dire : "Oui, c'est comme ça"... Et c'est peut-être ce qui a inspiré ce titre de "Paris Match" : "Dès les premières heures, les pillages commencent... Par nécessité... ou pour voler"... Et puis, en arrière-plan de cette même photo, on voit un groupe de personnes s'acharner sur une vitrine. Ce dossier, on le doit à l'envoyé spécial de "Paris Match" à La Nouvelle-Orléans : le grand reporter Régis Le Sommier... Bonjour Régis... Vous êtes revenu à La Nouvelle-Orléans hier, je crois... Je voudrais savoir quelles sont les conditions du travail que vous menez... Je crois que vous avez été blessé... Il y a des choses qui vous ont révolté dans ce que vous avez vu ? Merci, Régis Le Sommier, pour ce témoignage... En complément de celui de notre reporter Philippe Reltien, que vous avez entendu à 7 h 50... Patrick Devedjian : vous êtes plutôt "Beatles" ou "Rolling Stones" ? En tout cas, nous sommes gâtés, en cette rentrée 2005, puisque les Stones ont sorti un nouvel album, et McCartney aussi... L'arrivée d'un nouvel opus de Paul, c'est toujours un événement... Pensez donc... Il reste et restera le "petit Mozart" des Beatles, le compositeur en chef des chansons légendaires du quatuor... Mythe absolu, avec les Beatles, comme l'écrit Christophe Conte dans "Les Inrockuptibles"... Voilà qu'il nous étonne encore avec cet album : "Chaos and Creation in the Backyard".... Que vous trouverez dans les bacs. "Les Inrock" qui nous livrent cette semaine une interview de Paul McCartney... J'en profite surtout pour vous dire qu'il est l'invité de France Inter lundi soir... Soyez au rendez-vous : c'est à 22 heures, chez Thierry Dugeon... En attendant, Pierre, je suis sûr que ça vous fera plaisir d'écouter le dernier album de Paul... Eh bien, allons-y... DISQUE C'était Paul McCartney... Bon week-end... A lundi...

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