Jour de marché à Belleville, XXème arrondissement de Paris... Dans le coin, il y a "Le café du temps jadis", "Ayyen Zamen" en arabe... Café social "à l'écoute des vieux migrants"... Estelle Maussion décrit les lieux dans La Croix... Rideaux blanc et jaune, tables et chaises en bois, thermos de café : ici, les chibanis viennent prendre le petit-déjeuner au moins une fois par semaine... Les chibanis, les "anciens", ils sont arrivés en France dans les années 50 et 60... Sur le bateau qui traversait la Méditerranée, ils rêvaient d'un emploi, de quoi nourrir la famille restée au pays... 50 ans plus tard, ils sont à l'âge de la retraite, et ils n'ont plus aucun repère : plus de place pour eux au bled, pas vraiment en France... Au "Café du temps jadis", le patron, Moncef Labidi, les aide à sortir de la solitude... Pain, beurre et confiture le matin, c'est toujours un repas de pris... Dominos et jardinage dans le potager l'après-midi... Il les aide aussi à se débrouiller dans leurs papiers : dossier de retraite, chèque de loyer... La moindre publicité dans la boîte aux lettres les affole... Au guichet, on les expédie en deux minutes... Point commun dans le parcours de ces vieux messieurs : la précarité... Saïd a 78 ans, un polo jaune et une casquette... Après un petit nectar de poire, il s'éclipse du "Temps jadis" sans dire un mot... Le patron le regarde partir : "Nous avons mis du temps à les apprivoiser"... Ce rapport douloureux à l'immigration en France, on le retrouve à l'école... C'est une petite colonne dans le mensuel Phosphore : "Pourquoi l'immigration est-elle si mal traitée à l'école ?"... On ne raconte pas l'histoire des migrants... On ne dit pas, par exemple, que les Polonais ont permis à la France de se reconstruire après la guerre de 14... Et pourtant, raconter cela permettrait de se rendre compte que toutes les migrations ont produit de la méfiance, du rejet, mais aussi de la solidarité... Malaise aussi avec la langue arabe : elle est chassée des classes... Les chiffres sont dans Le Monde... Dans le secondaire, 15.000 élèves apprennent le chinois, mais moins de la moitié l'arabe... Effectifs faméliques, ministres de l'Education frileux... L'enseignement est parasité par le sacré et les problèmes socio-économiques d'une partie des gens qui veulent apprendre cette langue pour se forger une identité islamique... Devant la journaliste Brigitte Perucca, témoignage du président de l'Association française des arabisants... Il y a quelques années, il a essayé de proposer à un lycée de centre-ville d'enseigner l'arabe... Réaction du proviseur : "On n'a pas d'Arabes ici"... Réponse : "Vous n'avez pas d'Anglais non plus, et pourtant..."... Le résultat, c'est que si l'arabe est en crise dans les collèges et les lycées, il est en plein boom dans les mosquées... Plus de 600 inscrits à la mosquée Renault, installée dans une ancienne usine au Val d'Argenteuil... Ici, on bosse : quatre heures d'étude par semaine, bulletin de notes et carnet de correspondance... Mais chaque cours commence par une demi-heure de Coran... Rien de choquant en soi... Remarque tout de même de l'inspecteur général d'arabe à l'Education Nationale : "Si la langue et la culture deviennent la propriété des communautés, nous sommes mal partis"... Il est 8hxx... Suite de la revue de presse, Bruno Duvic... Témoignage d'une malade de la grippe A... Figurez-vous qu'une stagiaire du Figaro a attrapé le virus... La pauvre Soleyne a souffert le martyre pendant dix jours... Elle pose pour la photo en regardant son masque d'un air dépité... Et ce qu'elle raconte à Delphine Chayet en dit long sur l'ambiance en France si la maladie devait se généraliser... Elle est à peu près sûre du moment où elle a été contaminée : c'était dans le métro... En face d'elle, un garçon toussait à en avoir les larmes aux yeux... Deux jours plus tard, Soleyne avait les premiers symptomes... Un médecin derrière un masque lui a confirmé le diagnostic... Les parents sont arrivés à la rescousse, et dans leur valise ils avaient mis du gel pour les mains, du pschitt anti-virus et des lingettes désinfectantes... Pas le droit d'approcher ses frères... Sa salle de bains est devenue no man's land... Un soir, elle a préparé le dîner, mais ses parents n'ont pas voulu y toucher... Le jour où elle a pu sortir dans la rue pour aller à la pharmacie, elle avait un masque et les gens changeaient de trottoir... Et le retour au Figaro est du même acabit... Ses stylos sentent encore le produit désinfectant qu'on a passé partout sur son bureau en son absence... Un peu plus loin dans Le Figaro, Olivier Auguste nous raconte qu'en plus pour soigner la grippe A et les autres maladies, il y a de moins en moins de médecins en France : baisse de 2% en un an... Les mesures prises pour réduire les déserts médicaux n'ont eu pratiquement aucun impact... Et le système de santé est en question également aux Etats-Unis... Ce n'est plus "I have a dream", c'est "I have the rate qui se dilate"... La caricature de Barack Obama illustre l'éditorial des Echos, sous le titre : "Réforme de la santé : la voie étroite d'Obama"... "Il joue son va-tout", confirme La Tribune... "Il traverse une épreuve", ajoute Libération... Rappel des faits... Le Président américain tente de convaincre le Congrès ce soir d'adopter son projet d'assurance-maladie... Il veut introduire une option publique pour concurrencer les assurances privées... On a beaucoup parlé des 50 millions d'Américains pas assurés dans le pays le plus puissant du monde... Ce que l'on décrit moins, c'est l'autre facette du paradoxe... Analyse de l'écrivain et traducteur Bernard Cohen dans Libération : les Etats-Unis dépensent une fortune en frais de santé : 16% de la richesse nationale... C'est plus que la France et son légendaire trou de la Sécu... Ce sont les entreprises qui cotisent pour leurs salariés auprès des assureurs, et c'est un vrai boulet pour elles... Mais cet argent est jeté par les fenêtres : hygiène de vie catastrophique, aucune politique de prévention, les assureurs qui rognent le plus possible et imposent des franchises invraisemblables... Le tableau est accablant... Pourquoi alors est-il si difficile de faire aboutir cette réforme ?... Affaire culturelle : tout ce qui est public est vu comme une menace contre les libertés individuelles... On préfère encore le statu-quo, même s'il est calamiteux... Les autres titres, Bruno... Où l'on reparle de l'Amérique... Le dollar sert de valeur refuge en temps de crise... Maintenant que ça va un tout petit peu mieux, ce n'est plus le cas... Résultat à la Une des Echos : "L'euro est au plus haut face au dollar depuis le début de la crise"... "Fin de la crise", à la Une du Figaro... Confidences du PDG de Renault, Carlos Ghosn : "Le plus dur est passé dans l'automobile"... Toujours dans Le Figaro : encore Obama... Cette fois, c'est Hugo Chavez qui s'adresse au Président américain... Interview du Président vénézuélien... "Ma main est toujours tendue vers Obama et le peuple américain"... Faut-il croire les confidences qu'il fait à propos de Nicolas Sarkozy ?... "C'est devenu mon ami... Un jour, il m'a dit en plaisantant : 'Tu es l'ami de Fidel Castro, je suis l'ami de Bush... A nous deux, nous pouvons être les maîtres du monde'"... Autre personnage, à la Une de L'Humanité : Marwan Barghouti... prisonnier d'Israël particulièrement populaire auprès des Palestiniens... Alors que l'Etat hébreu confirme la construction de logements dans les colonies de Cisjordanie, il dresse un réquisitoire contre l'occupation israélienne... "Faut-il encore avoir peur d'Al Qaïda ?"... Le Monde pose la question, à l'avant-veille du huitième anniversaire du 11-Septembre... Les experts sont très prudents... Mais l'idée qui domine, c'est que la capacité opérationnelle du réseau a beaucoup diminué... Un ancien agent de la CIA parle de l'Afghanistan... "Du point de vue de la lutte contre Al Qaïda, la guerre n'a pas de sens : Al Qaïda n'est plus en Afghanistan... Ce qu'il en reste est au Pakistan"... Dans Le Figaro, le président de la Commission électorale des plaintes confirme qu'il y a bien eu des fraudes lors de l'élection du 20 août en Afghanistan... Sa Commission a ordonné le recomptage d'une partie des bulletins... En Iran aussi, l'élection est contestée, évidemment... La jeunesse iranienne est au cinéma cette semaine, avec le film "A propos d'Elly" : l'histoire d'un week-end au bord de la mer, entre trentenaires, qui tourne mal... Et pourtant, aller à la plage, c'est l'un des petits plaisirs que s'offrent les Iraniens pour respirer... Magnifique reportage-photos sur ce thème dans le magazine Polka... C'est sur les bords de la Caspienne... Interdit aux femmes et aux hommes de se baigner ensemble... Un immense rideau sépare la plage en deux, et s'enfonce assez loin dans la mer... Mais les Iraniens ont pris l'habitude de déjouer la surveillance des mollahs... déjouer leur surveillance, et aussi se moquer de leur ridicule... Dans le texte qui accompagne les photos de Mickaël Bougoin, Sabine Bougoin décrit une scène... "On est du côté des femmes, sur la plage... Regards inquisiteurs des miliciennes vêtues de noir des pieds à la tête... Face à elles, des sirènes se baladent en mini-maillot, voire en string"... Bonne journée...

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