(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : Hamlet à la maison Blanche

(Bruno Duvic) Et d'abord, une page de publicité...

(extrait publicité)

Le Monsieur à la grosse voix, interpelle les élus du Congrès : « Les Américains sont opposés à des attaques de missiles en Syrie. Ne nous embarquez pas sur ce chemin une nouvelle fois. »

Et il s'adresse aux électeurs : « Appelez le Congrès et dites leur de voter non à une intervention en Syrie. »

Cette publicité est financée par l'association politique de gauche MoveOn. Elle va passer à la télévision américaine à partir d'aujourd'hui.

Alors que le débat sur une intervention en Syrie s'ouvre au congrès à Washington, c'est une leçon de politique made in USA que l'on prend ce matin en lisant la presse française et les sites américains.

Les hésitations du président, le poids des lobbys, les élus sous pression de leurs électeurs...

Le Congrès votera-t-il la guerre ? Vraiment pas gagné. Selon le dernier décompte du Washington Post ce matin, 227 représentants des Etats-Unis sont nettement ou plutôt opposés à une opération. La majorité est à 218 à la chambre des représentants.

C'est donc une « semaine décisive » qui commence pour Obama, titre Le Figaro .

Obama, ou « Hamlet à la maison Blanche », comme l'appelle Laure Mandeville dans le même journal.

Cet homme qui va à « La guerre à reculons » selon Libération .

Ce commandant en chef des armées que l'hebdomadaire conservateur The weekly standard présente comme « hésitant, procrastinateur et pas fiable ».

« Il joue son deuxième mandat » sur l'affaire syrienne dit une correspondante à la Maison Blanche à Laure Mandeville. Le Parisien confirme : « Il est sur la corde raide syrienne ». Si le Congrès vote contre l'intervention, les élus de son parti, le parti démocrate, anticipent une année cauchemardesque. Il a déjà perdu la bataille sur le contrôle des armes, il a échoué à mettre fin à la guérilla budgétaire, l'avenir de sa réforme de l'immigration est, elle aussi en suspens. « Va-t-il déjà devenir un canard boiteux ? », a demandé hier un journaliste de la télévision Fox News au chef de cabinet d'Obama. Les canards boiteux sont les présidents sans pouvoir en fin de mandat.

Pourquoi les élus américains sont-ils hostiles à une intervention en Syrie ?

On a déjà parlé la semaine dernière de toutes les palettes des opinions à droite à gauche à propos de cette guerre. L'autre élément qui apparaît clairement dans la presse ce matin, c'est la pression des électeurs. Les sénateurs et représentants américains étaient dans leurs régions ces derniers jours. Ils rentrent à Washington avec un message clair de la plupart des personnes croisées dans la rue. Cet élu démocrate de Baltimore par exemple. L'Humanité raconte ses courses dans une épicerie. Pas moins de douze personnes de personnes sont venues le voir pour lui dire à quel point elles étaient opposées à une intervention. "Si 95% des personnes disent la même chose, il devient difficile d'aller contre", reconnait cet élu...

36% des Américains sont favorables à la guerre, 51% opposées selon un sondage de l'institut Gallup.

L'Amérique est redevenue isolationniste.

"Et ce tempérament n'est pas simplement un héritage de la guerre en Irak écrit Bill Keller dans le New York Times . Les troubles économiques, les ratés de la politique américaine en général ont entrainé une perte de confiance."

Obama peut-il inverser le cours des choses ? Interview à six grandes chaînes américaines ce soir. Adresse solennelle à la Nation demain depuis la maison blanche. Mais "la capacité des présidents à influencer l'opinion publique est bien plus limitée que naguère" écrit le Washington Post . Notamment parce que les grandes interventions médiatiques sont beaucoup moins suivies qu'avant. A l'heure d'Internet, l'impact de la télévision est limité. Un des principaux conseillers d'Obama l'avait reconnu il y a quelque temps, relève le site américaine Politico : quand Reagan parlait depuis la maison Blanche dans les années 80, il touchait trois fois plus de personnes qu'Obama aujourd'hui.

Quels arguments jeter dans la balance pour convaincre les américains et surtout leurs élus ? Le site Politico encore suggère l'argument du désespoir, à n'évoquer qu'en privé : la suite et la fin de la présidence Obama dépend de leur vote.

Le dilemme pour ceux qui veulent arrêter de fumer : se patcher ou vapoter ?

Il y a d'autres options mais ces deux là sont comparées ce matin dans la presse après la publication d'une étude néo-zélandaise dans la revue scientifique The Lancet . La cigarette électronique, un million d'usagers en France, est aussi efficace que le patch pour arrêter le tabac. Et "c'est un événement dans le monde de l'addiction au tabac" selon Jean-Yves Nau sur slate.fr . Car l'étude relativise aussi fortement la nocivité du vapotage, comparée au patch. "Pas de différence dans les taux d'événements indésirables sur la santé" comme disent les scientifiques, qui précisent tout de même que des périodes de suivi plus longues sont nécessaires pour un jugement plus affirmé.

Cela contredit radicalement une autre étude publiée il y a une quinzaine de jours par 60 millions de consommateurs qui évoquait un certain nombre de composés cancérogènes dans les vapeurs de la cigarette électronique. "60 millions de consommateurs s'est complètement trompé de cible", dit le professeur de médecine Antoine Flahaut dans Les Echos . Passer de la cigarette traditionnelle à la cigarette électronique réduit le risque de maladie d'au moins 99%.

Patch ou e-cigarette dans les deux cas il y a de la nicotine, mais pas les composés les plus nocifs comme le goudron issu de la combustion.

Dans Les Echos , Yann Verdo s'appuie sur cette étude pour dénoncer la panne des politiques publiques de lutte contre le tabac. "Ce surplace aurait-il quelque chose à voir avec les 17 milliards d'Euros que le tabac rapporte en taxe chaque année ?"

En question notamment, la politique en direction des jeunes. La cigarette électronique permet-elle de limiter la casse ou est-elle une incitation à fumer des vraies clopes ? Sur ce point, la politique française est claire rappelle Jean-Yves Nau sur slate : interdiction de vendes des cigarettes électroniques aux mineurs. Aux Etats-Unis relève le site atlantico , sa consommation a doublé en un an chez les collégiens et lycéens.

Quoi d'autre dans la presse ? Le mot du jour

Impôts ! "Impôts la douloureuse" titre Le Parisien alors que les contribuables reçoivent leur avis d'imposition. Et il n'y aura pas de pause fiscale pour les ménages en 2014, selon la Une des Echos . "Les ménages sont matraqués" pour L'Opinion .

Le titre du jour.

L'équipe de France est stérile son attaquant vedette n'a plus marqué depuis 15 mois. Traduction en titre dans Libération : "Benzema avance à pas de néant".

L'histoire du jour

Elle est entrée à la banque samedi matin pour déposer de l'argent dans son coffre. Comme l'exigent les règles de sécurité, les employés l'ont enfermée dans la salle des coffres. Mais ils ont oublié de la délivré avant de partir en week-end. Une dame de 91 ans est restée coincée 24 heures dans son agence BNP Paribas de Rennes. C'est son fils qui a donné l'alerte. La dame, qui s'appelle Germaine, s'en sort en bonne forme. Comme l'écrit Ouest-France , qui met cette histoire à sa Une. "Rester enfermé dans la salle des coffres pendant 24 heures, Spaggiari en aurait rêvé."

Germaine l'a fait.

A demain !

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.