(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : un fil à la patte

Où est ma fille ? Où est mon fils ? Est-ce qu'ils n'ont pas fait de mauvaise rencontre ? Un accident ? Quel parent n'a pas eu de ces bouffées d'angoisse et ressenti le besoin d'être rassuré là, tout de suite, à tout prix ?

Un marchand de vêtement a ce qu'il faut pour vous. Le manteau GPS. L'entreprise Gemo, 500 magasins en France, le commercialisera à partir de la mi-septembre. Manteau pour fille ou garçon, 3 à 10 ans, avec un petit boitier-balise incorporé : une centaine d'Euros, plus l'abonnement à la géolocalisation. Et vous pouvez retracer l'historique de tous les déplacements de votre enfant pendant 24 heures. Il est également doté d'un bouton SOS.

Cela rappelle à Nicole Vulser, qui raconte cette histoire dans Le Monde , un extrait de "Surveiller et punir" de Michel Foucault : le philosophe y parlait de "ce regard qui surveille et que chacun en le sentant peser sur lui finira par intérioriser. Chacun, ainsi, exercera cette surveillance, sur et contre lui-même."

Pas sûr que les enfants aillent jusqu'à ce degré de réflexion. Il leur reste une solution selon la journaliste, s'ils veulent se débarrasser du GPS. Attendre le beau temps et ne plus avoir besoin de manteau.

Direction l'Ecosse...

Jusqu'à ces derniers jours, sauf pour ceux qui s'intéressent à l'histoire ou au Royaume Uni de près, le patriotisme écossais se limitait à des choses comme ça : « Flowers of Scotland », l'hymne chanté par les rugbymen écossais pendant le tournoi des VI nations, les kilts, le whisky, la panse de brebis farcie, le folklore, en un mot. Mais les racines de l'indépendantisme écossais remontent beaucoup plus loin. D'où vient la progression du Oui à l'indépendance à 9 jours du référendum ? Enquête de Nicolas Madelaine dans Les Echos . Il explique que pour gagner des voix dans cette campagne, les partisans du Oui ont justement évacué les arguments identitaires.

La poussée du Oui, c'est d'abord un Non à une Angleterre vue comme néo-libérale, l'ADN social-démocrate de l'Ecosse. Plus collectiviste, moins entrepreneuriale, plus attachée à l'Etat providence, à son système éducatif, plus européenne aussi, autre point de friction depuis qu'à Londres, David Cameron a programmé un referendum de sortie de l'Europe.

Le sentiment d'être britannique s'érode depuis les années 60, explique encore Nicolas Madelaine. Désindustrialisation, fossé creusé avec l'Angleterre. Les années Thatcher n'y sont pas pour rien. Les années Blair non plus. En promouvant la décentralisation, l'ex premier ministre pensait calmer les ardeurs indépendantistes, elles se sont développées, au contraire.

Résultat ce matin; un nouveau sondage repris notamment par le quotidien The Scotsman qui donne le Oui et le non au coude à coude. Et le vent de panique en Angleterre. The Telegraph : « La reine est pressée d'intervenir. Sa majesté pourrait faire la différence. » Le magnat des médias Rupert Murdoch va-t-il engager derrière le Oui, son journal The Scottish sun , deuxième plus gros tirage d'Ecosse ? The Guardian redoute qu'il soit trop tard pour faire revenir les Ecossais à des meilleurs sentiments. « Le camp du Non à l'indépendance paye le prix d'une campagne trop timide. »

En France, Le Monde s'inquiète. Titre de l'éditorial : « L'Ecosse indépendante, un séisme ». Séisme en Europe en particulier. Ce serait un « encouragement pour les basques, les catalans et toutes les minorités qui veulent accéder à l'indépendance. L'Europe ne serait plus la même. »

Dans l'actualité internationale, il y a aussi cette histoire en Allemagne, racontée dans Le Figaro et Libération . Des patrouilles salafistes dans la ville de Wupertal, petite ville paisible de Rhénanie. Des barbus ont constitué une brigade des mœurs et font le tour du centre-ville, des discothèques et casinos. Ils distribuent des tracts rappelant les principes de la charia, notamment l'interdiction de voire de l'alcool. Débat en Allemagne : le simple fait de recommander le respect de règles religieuses n'est pas interdit par la loi, dit le procureur de la ville. Nous ne tolèrerons pas une telle chose sur le sol allemand, répond le gouvernement.

La rentrée parlementaire également dans la presse

Et la confiance, c'est pas gagné titre Le Parisien-Aujourd’hui en France . L'affaire Thomas Thévenoud, l'homme qui avait du retard auprès du fisc, suscite beaucoup de commentaires au vitriol dans les éditos de la presse régionale. Peut-il rester député ? « Dans le très mauvais climat politique actuel, mieux vaut perdre un siège que son honneur et son âme, écrit Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute Marne . Il est des moments où les hommes politiques doivent savoir dégager. »

Retour aux affaires. Pour Nicolas Sarkozy aussi. Alors que Le Parisien ne met plus le moindre conditionnel : « Sarkozy candidat », retour aux affaires à la Une de Libération car le journal creuse un nouveau dossier. Celui du fonds d'investissement monté par Nicolas Sarkozy avec l'ex producteur de télé réalité Stéphane Courbit et Alain Minc. En marge de ses déplacements pour ses conférences à l'étranger, l'ancien président faisait le tour des investisseurs. Le fonds souverain du Qatar ou des Emirats Arabes Unis, notamment. Question posée par l'article : y-a-t-il mélange des genres entre son influence d'hommes d'Etat et ses activités de businessman ?

Quoi d'autre dans la presse ?

Des sacs de billets qui disparaissent à la papèterie de la banque de France, à Vic le Comte dans le Puy de Dôme. C'est à la Une de La Montagne ce matin. Les sacs en question contenaient des coupures usées mais valides renvoyées par les succursales de la banque de France. Deux salariés mis à pied. Préjudice en cours d'évaluation, il pourrait s'élever à plusieurs centaines de milliers d'Euros.

On en parlait dans le journal de 8 heures. L'interview du ministre de la Défense au Figaro . « Nous devons agir en Libye » dit Jean-Yves le Drian pour qui le pays devient un « hub » pour les groupes terroristes

Sur lemonde.fr , une tribune co-signée par Lionel Jospin, Michel Rocard, Hubert Védrine, Bernard Kouchner. « Aidons le Kurdistan à protéger Yézidis et chrétiens, nos valeurs en dépendent. »

Et hommage aux chercheurs pour finir

Des chercheurs qui font appel à toutes les ressources du savoir pour progresser sur un détail. Au musée Marmottan à Paris s'ouvrira le18 septembre une exposition autour d' « Impression soleil levant », le tableau de Claude Monnet à l'origine de l'Impressionnisme. On croit que tout a été dit sur ce tableau. He bien non. Et en particulier on n’est pas certain de la date précise de son exécution. 1872 ? 1873 ?

Les chercheurs ont voulu connaître le jour et l’heure auxquels Monet s’est installé devant son chevalet. Et ils ont utilisé les grands moyens, comme le raconte Thomas Schlesser dans le magazine Beaux Arts . Ils ont « convoqué quatre critères : la topographie du Havre, combinée au point de vue de l’artiste (selon toute probabilité, le balcon de l’Amirauté, onze mètres au-dessus de l’eau, soit deux mètres plus haut que le Grand Quai) ; des calculs astronomiques de la direction du soleil levant ; des études hydrographiques du niveau des marées et un calendrier météorologique permettant de connaître l’état de ciel et de la mer. » Si on estime que Monet a peint in situ et en une seule séance, six dates restent possibles. Mais en regardant de plus près, on réalise qu’un léger vent d’Est souffle sur le tableau. L’impressionnisme serait donc né le 13 novembre 1872 à 7h35… Mais cela reste une hypothèse ! Claude Monet n’avait pas de GPS dans son manteau lorsqu’il a peint le tableau.

A demain !

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