Le discours du roi de Norvège prônant l'ouverture a fait un tabac sur le web. Celui de François Hollande est accueilli avec plus de circonspection.

8h30, la revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par un discours politique, qui a marqué les esprits

Déjà plus de 3 millions de vues sur Facebook… Le service de presse du Palais qui se dit débordé par les demandes de traductions. C’est la planète entière qui applaudit ce discours… Discours serein et chaleureux d’appel à la tolérance relève Aude Lorriaux sur le site Slate.fr

Harald V, roi de Norvège, oui car c’est bien lui dont il s’agit, a prononcé ces quelques mots le 1er septembre dernier à l’occasion du 25ème anniversaire de son règne qui lui valent l’amour du web. «Qu’est ce que la Norvège ? s’est il demandé, des montagnes et des fjords profonds, le soleil de minuit et les nuits polaires. Mais c’est avant tout des gens. Des gens qui viennent du sud, du nord, mais aussi d’Afghanistan, de Pologne, de Somalie ou de Syrie. Mes grands- parents ont immigré du Danemark et d’Angleterre il y a 110 ans. Ce n’est pas toujours facile de dire d’où nous venons, de quelle nationalité nous sommes. Notre maison est là où bat notre cœur, et ce cœur bat souvent au-delà des frontières».

Dans ce petit pays où les demandes de réfugiés ont explosé l’an dernier, où le système d’accueil est surchargé, où l’extrême droite progresse, où le gouvernement a durci sa législation d’asile, Le discours du roi a fait un tabac…

Autre discours politique Hélène, c’était hier, chez nous cette fois.

« Pépère se réveille » clame Libération à sa Une ; ne vous fiez pas au titre un brin irrévérencieux, Libé, et tout particulièrement son directeur Laurent Joffrin est baba devant le discours prononcé par François Hollande hier Salle Wagram. « Un des meilleurs discours de son quinquennat, le président candidat a pris la chose par les idées » se réjouit-il. Dans l’Est Eclair, Bruno Dumortier salue lui aussi la hauteur de vue, mais fait un parallèle plus cruel « le meilleur discours de Nicolas Sarkozy président de la république fut sans conteste celui qu’il prononça au soir de sa défaite, hier françois Hollande s’est élevé au même niveau, « la France est bien plus qu’une identité, c’est une idée, un projet, une ambition , c’est le combat d’une vie a-t-il dit». « Le problème écrit l’éditorialiste c’est que cette révélation arrive bien tard ». Dans le Figaro, Paul Henri du Limbert raille « ce chef de l’Etat si pusillanime dans l’exercice du pouvoir, obligé de se montrer tonitruant dans sa campagne ». On peut s’étonner d’une stratégie fondée notamment sur la dénonciation des lois d’exception que préparerait la droite. N’est-ce pas François Hollande qui a tenté en vain de modifier la constitution pour y inscrire la déchéance de nationalité ? » rappelle t il.

Bon, ça reste au moins pour tout le monde, un discours de clarification sur ses intentions « On sent la jubilation d’un homme réveillé par l’odeur de la campagne note Cécile Cornudet dans les Echos. Il a mis un tigre dans son moteur. Le problème apparait quand on soulève le capot : le carburant est bien reconnaissable, c’est l’anti sarkozysme .Et si ce n’est pas Sarkozy mais Juppé son adversaire, qui est le candidat hollande sans son tigre ?» se demande t elle…

Dans Sud Ouest, dessin de Large : Hollande candidat pointe du doigt son auditoire « notre adversaire n’a pas de nom, pas de visage tonne t il…et plus bas il ajoute : mais une femme chanteuse, et pas mal de casseroles.. » Nicolas Sarkozy, cible principale des attaques, il parait que « ça a suscité une certaine bonne humeur dans l’équipe de campagne de l’ex président » nous raconte encore le Figaro. Nous n’allons pas nous plaindre de ce duel qui se met en place se réjouit un de ses proches. Un Sarkozy plus décomplexé que jamais qui lance aux entrepreneurs qu’il rencontrait hier dans le Loir et cher « à votre place, je voterais pour moi parce qu’avec un candidat comme moi, vous allez faire des affaires » promet il

En attendant, l’Opinion a relevé un petit détail gênant à l’occasion de ce discours de François Hollande. Que des hommes hier sur la photo salle Wagram, « des dizaines hommes en costume gris, cravate bleue ou costume bleu, cravate grise. Et une seule femme au premier rang. C’est la ministre de l’éducation, elle a de la chance d’être là, un peu plus, elle se retrouvait enrôlée dans la campagne de lutte contre le sexisme que le gouvernement lançait au même moment » relève avec ironie Camille Marnac.

Pas de discours, mais un livre ce matin pour un autre candidat

Livre gratuit, en ligne sur son site : « De vous à moi », Alain Juppé tente d’y fendre l’armure pour en finir avec l’image de froideur et de raideur qui lui colle à la peau. Bonnes pages dans Le Figaro magazine. On relèvera le propos politique : Evoquant sa condamnation dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, Alain juppé écrit « que j’ai été le condamné emblématique d’un système, c’est possible. Mais cela n’enlève rien à mes responsabilités propres que j’ai dû, aussi douloureux que ce soit, assumer ». Tout parallèle avec un candidat aux prises avec un dépassement de campagne fait à l’insu de son plein gré, n’est pas forcément fortuit et involontaire…

En tout cas, il y en a que l’incessant jeu relevé par les média, et nous-mêmes donc ce matin, Juppé/Sarko/Hollande/islam/Burkini exaspère : Michel Soudais dans Politis s’offusque qu’on n’ait pas relevé 2 infos majeures de cet été : depuis le 8 août, rappelle t il, la terre vit à crédit, mi août, on a également appris que c’était en en europe et singulièrement en France que les actionnaires s’étaient le plus enrichis. Et si on parlait enfin de ces 2 grandes problématiques, l’impasse productiviste qui menace notre éco système et l’impasse libérale qui accroit les inégalités ? il est temps d’élever le débat et de réintéresser nos concitoyens à la politique plaide t il.

A lire également ce matin, l’étrange mise en scène d’une photo iconique…

Mort d’un soldat républicain, Robert Capa, septembre 36. On connait tous ce cliché le plus célèbre de la guerre civile espagnole. Ca fait déjà quelque temps que cette photo fait débat, a-t-elle été vraiment prise sur le vif ou n’est elle qu’une mise en scène ? Mathieu de Taillac a suivi pour le Figaro le dernier rebondissement de ce feuilleton. Il s’est rendu à Espejo, à 40 km de Cordoue, où un universitaire, après 7 ans de recherche démontre preuve à l’appui, que le cliché n’a pas été pris là où le photo reporter l’a dit, et que surtout ce jour là, aucun milicien n’est mort. Pour lui c’est simple dit il « capa est venu en Espagne pour voir la guerre. Manque de chance, il ne trouve pas de front actif, il ne peut pas rentrer les mains vides, il décide alors de faire une simulation ». Sacrilège évidemment pour les admirateurs du photographe qui expliquent que si un milicien savait feindre une chute aussi bien que celle qu’on voit sur la photo, il aurait fait fortune à Hollywood » …Pour le maire de Espejo, là où est désormais située la prise de vue, l’essentiel est ailleurs. « Montage ou pas explique t il, la photo a été prise dans notre village, c’est un atout qu’on va mettre en avant pour faire venir les touristes ! »

On termine hélène par un conseil de lecture :

On peut être totalement churchillien, No Sport, et se régaler ce matin avec le hors série du magazine Society : the Running Heroes, qui vous emmène dans la planète des Runners (il ne parait qu’on ne dit plus footing, ni jogging depuis très longtemps). Vous découvrez des choses formidables, qu’on peut courir à l’envers, ça se fait en chine, courir nus, en Finlande, que la plus longue course du monde se déroule dans le Queens à New York, 5000 km en 52 jours, et puis retour sur un épisode qui fut en France le climax de la communication politique : le fameux footing de Dominique de Villepin sur la plage de la Baule en 2005. On a tous en tête le corps galbé, le tee-shirt mouillé et la mèche impeccable du premier ministre de l’époque, face à un Nicolas Sarkozy grognon qui l’attendait en plaidant l’angine ; en fait c’est Sarkozy qui avait l’idée le premier de ce footing, son entourage l’en avait dissuadé avec cet argument « la photo sera morphologiquement cruelle ». Pas très sympa. Sauf que la photo n’a pas eu l’effet escompté, à savoir tuer politiquement Nicolas Sarkozy. Morale de l’histoire : rien ne sert de courrir…Contentez vous de lire The Running heroes.

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