Instagram, ce réseau social nourri de narcissisme et d’imitation, envoie ses adeptes piétiner et détruire les plus beaux paysages, Nice-Matin. Un danseur, Boris Charmatz veut offrir son art, "fou, libre, dérangeant", aux édiles écolos, il vaut mieux que "le savoir-faire gentil des jardins", télérama.

On parle de la Bible...

Et d'un geste fondateur dans le livre sacré, qui se répète aujourd'hui dans notre monde endurci où monte la faim... le glanage, glaner, ramasser dans les champs les graines les fruits les légumes oubliés dans la cueillette et les moissons des paysans, Ruth qui fonda la dynastie de David, glanait dans les champs du riche Boaz pour survivre à Bethlehem... Et à son exemple, aux Etats-Unis, des hommes et des femmes glanent au nom des pauvres, ont dans les champs ramasser ce qui reste et le redistribuer, Ben et Kathryn glanent parce que leur fils a découvert le glanage en préparant sa Bar Mitzvah, sa confirmation religieuse, ils sont juifs, Anya Steger, est épiscopalienne et artiste peintre et experte à ramasser le basilic dans les fermes qui l'accueillent ans l'Etat de New York, elle ne résoudra pas la faim en Amérique mais se dit que si les glaneurs qui s'organisent dans le pays peuvent nourrir quelques centaines de personnes, ce sera un progrès - c'est raconté dans la Croix, qui sait faire  vivre des versets oubliés, on prescrivait dans la bible de laisser les grains tombés, la poignée d'épis oubliés au pauvre à l'étranger, à l'orphelin et à la veuve... Est-ce  désuet?

J'ai lu sur le site de France info le témoignage de français qui sautent des repas depuis que la crise du covid a frappé leur vie, Jean-Michel, 59 ans, n'achète que des aliments en promotion – "ceux qui vont périmer", Mickaël, 51 ans, chauffeur VTC que les clients de son application notaient à quasi 5 étoiles, s'est endetté en vain pour sa voiture d'occasion, il  cherche un deuxième emploi, Françoise, 67 ans, a perdu son CDD d'ouvrière agricole, et mange une fois par jour, elle trime depuis ses dix-sept ans, elle pensait jeune qu'elle serait un peu mieux en sécurité... Marc 58 ans, maître d'hôtel en extra dans les palaces cannois, vit désormais aux crochets de son fils de 20 ans en attendant que reviennent les fêtes... 

Les Echos titrent sur la reprise atypique, comprenez qu'elle va de pair avec "un pic attendu du virus du chômage", ça c'est la Une du progrès, qui raconte les licenciements attendus chez Solystic, leader mondial du tri postal, installé en face de la gare de Valence TGV et la vente prévue, dans le Jura, du site historique de Jacob Delafon, grand nom de la céramique qui n'aurait plus d'avenir : le Covid est-il la cause du chômage ou bien un prétexte? Dans l'Humanité et Libération Champagne, ce sont des salariés de Suez qui redoutent ce qu'apporterait  une fusion avec Veolia... 

Mais dans le même Libération Champagne, j'apprends qu'à Troyes, sur un beau domaine des comtes de champagne va s'ouvrir un restaurant gastronomique, on y a investi des millions, et dans les Echos j'apprends qu'à Ramatuelle, dans le Var, les habitants n'en peuvent plus du ballet trop dense des  hélicoptères qui déposent les touristes et créatures de rêves près d leurs Ferrari et des plages de Pampelone...  

Voilà la fracture sociale. Mais le Parisien et le Figaro déclinent copieusement l'alerte de la Cour des comptes sur la fraude sociale, il faut mieux surveiller et punir ceux qui trichent pour le RSA ou ne disent pas à Pôle emploi qu'ils retravaillent... . Les Echos disent aussi qu'on manque de bras en boucherie et le groupe Système U va former ses propres bouchers. Confusion.

On parle aussi d'images...

Qui sont loin du brouillard mais pétulantes de soleil d'été de beauté de paysage, mais sur ces paysages les images amènent la destruction, il faut lire sur le site de Nice-Matin une longue enquête, sur ce qu'Instagram fait aux sites naturel : ce réseau social se nourrit de narcissisme et d'imitation, et quand on y voit une photo ,on veut la prendre à son tour, et à force d'imitations, Sillans-la-Cascade dans les gorges du Verdon, où une fille posait à califourchon sur un arbre, a été envahie piétinée  et toutes les gorges en fait, et les calanques aussi, ces hashtags virtuels sont des crimes contre la nature. Il faudrait poster des photos sans les géolocaliser, la technique peut-elle ruser avec la folie? 

Il est une autre image ce matin à laquelle on n'échappe pas, Emma et Anaïs de Brive la Gaillarde, attendant l'avenir, couchées sur l'herbe à l'aube de leur adolescence. Vous les avez reçues... Léa, et avec elles Sébastien Lifshitz , le réalisateur qui les a suivies 5 ans, de la quatrième à la fin du lycée, pour raconter leur temps, notre temps qui passe, le film s'appelle « Adolescentes », il sort aujourd'hui, et enchante, Libération a un joli mot, "murir à petit feu", pour ces années « d'émois crépitants, de pépiements rêvasseurs, de serrements de coeur, de colères catégoriques », mais il ne s'agit pas seulement d'émois mais de politique aussi, d'une génération pour qui « tout est anxyogène » dit Lifshitz dans l'Humanité,. On a voté Le Pen chez Anaïs, qui est une fille qui déborde, qui vient du prolétariat, et dont le sujet dans la vie consiste à sauver sa peau. Lifshitz  explique cela entre l'Humanité et Télérama, où l'on découvre plus avant ce cinéaste qui s'est voué aux images quand, enfant, sa maman lui avait montré la photo de son frère mort quand il avait deux ans. Il dit la vérité de notre temps à travers des individus qui sont uniques... Ce mot, unique, est doux à lire au temps des foules moutonnières. 

Et on parle enfin d'un danseur...

Dans Télérama encore où Boris Charmatz se confesse dans un entretien au long cours, il est un danseur combattant et pionnier, qui a trop peu dansé depuis la pandémie et revient pour le Festival d'automne à Paris et veut donner du sens à l'énergie qui l'envahit. Il oppose la danse aux peurs qui nous prennent, il offre la danse à l'écologie telle qu'il la rêve, danser doit aider à reconfigurer les villes pourquoi les écolos nouvellement édiles ne comprennent-ils pas que l'art  —«  fou, libre, dérangeant » — vaut mieux que « le savoir-faire gentil des jardins » ? Il cite un philosophe, Jacques Rancière, pour qui la démocratie est l'expression d'opinions divergentes, dans son corps en mouvement il veut nous faire diverger. 

En attendant de voir, on lit avec soulagement cette volonté de penser et de se dire libre, quand nos journaux tintent de l'atroce chagrin suspendu des rescapés de Charlie. On lit dans le Monde, nous en avons parlé, la logique d'un journal d'extrême droite Valeurs actuelles, qui aurait pour feuilletoniste un responsable du Figaro. On lit entre l'Obs et l'Opinion le pas de deux idéologique gourmet de Lionel Jospin et Jean-Luc Mélenchon : le second savourant l'estime que le premier lui témoigne, mais Mélenchon répond à Jospin, sur l'obsolescence d'une forme politique qur tous deux illustrèrent, le parti, et le concept de peuple : c'est codé et vivant, presque de l'art, pour ceux qui n'ont pas oublié.   

Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.