C'est un mot simple... Un mot qui aujourd'hui... plus que jamais... trouve son sens à tous les niveaux... Il s'agit du tact... Jacques Le Goff est professeur de droit de Brest... Et dans "Ouest France" ce matin... il tente de lui trouver une définition... "Entre le 'trop' ou le 'pas assez'... Le tact suppose... outre la délicatesse d'une attention toujours en éveil... la capacité au retrait de soi dans la communication... Quelque chose comme une discrétion... qui permet l'écoute des attentes d'autrui... Et il n'est jamais si indispensable que dans les situations de tension... Il demeure garant de mesure et d'humanité"... Alors, question... Jacques Chirac a-t-il fait preuve, par exemple... de tact lors de son intervention hier ?... Pour Jean-Claude Souléry, de "La Dépêche du Midi"... il a eu raison de s'indigner des trop longs palabres de la diplomatie internationale... Raison aussi de proposer... si les désaccords persistent... une nouvelle résolution de la France... Son insistance est louable... poursuit Souléry... Mais il peut très bien avoir raison devant un micro... loin de la guerre... sans pour autant tordre le cou à la réalité des armes... C'est un peu cela... prêcher dans le désert... Car afficher avec aplomb son optimisme... est une des ultimes armes quand rien ne se déroule comme on l'espérait... continue Jean-Claude Kiefer dans "Les Dernières Nouvelles d'Alsace"... Mais ça ne change pas grand-chose... Les Etats-Unis font toujours ce qu'ils veulent... Donner du temps à l'Etat hébreu pour en finir avec le Hezbollah... Face à une telle détermination... le ballet diplomatique onusien... plus ou moins orchestré par la France... passe au second plan... Georges Latil, de "La Provence"... est d'accord... La France reste la France... Forte en gueule... elle joue d'un prestige suranné, à défaut d'être vraiment efficace... L'avenir nous dira si ce coup de menton très gaullien... portera ses fruits... Quand bien même la réponse est déjà inscrite dans la question... A moins, tout simplement... que Jacques Chirac n'ait profité de l'occasion pour tirer la couverture à lui... On n'ose l'imaginer... écrit Michel Vagner dans "L'Est Républicain"... Mais peut-être avait-il besoin de montrer la mobilisation de ses ministres les plus proches... Le premier d'entre eux en tête... Et, par ricochet... faire remarquer l'absence du numéro 2 du gouvernement... Nicolas Sarkozy... le jogger d'Arcachon et best-seller de l'été... C'est sans doute parce qu'on ne voulait pas lui gâcher ses vacances... conclut Jacques Guyon dans "La Charente Libre"... On parlait de tact tout à l'heure... A ne pas confondre avec la mauvaise foi... Plus sérieusement... pour revenir au conflit au Proche-Orient... Parmi les clichés montrés par la presse depuis un mois... Une photo résume aujourd'hui... l'ampleur des destructions israéliennes au Liban... Elle est présentée page 42 dans "Paris Match"... Il s'agit d'un point de vue aérien... sur le sud de Beyrouth... dans un quartier du Hezbollah... Le 12 juillet... on pouvait y voir les immeubles et les terrains de foot... Le 31 du même mois... l'image est grise... Les quartiers structurés... n'existent plus... Ils ont été rasés par les bombes... "Nous ne sommes pas des brutes sadiques... ni des idéologues fanatiques"... se défend Elie Barnavi dans "Le Nouvel Obs"... L'ancien ambassadeur d'Israël à Paris explique en huit points... pourquoi la guerre était inévitable... "La situation devenait intolérable... Pour tous ceux qui savent lire la carte géopolitique... écrit Elie Barnavi... la réaction israélienne n'était qu'une question de temps... La campagne israélienne au Liban n'a rien d'une guerre des fous... C'est, par Hezbollah interposé... la première guerre israélo-iranienne... Que le Hezbollah sorte victorieux de cette confrontation... et l'audace de Téhéran n'aura plus de limites... N'en déplaise à la France... conclut Barnavi, toujours dans "Le Nouvel Obs"... Le règlement politique passe nécessairement par la Syrie... Il faut absolument briser l'axe Damas-Téhéran"... Dans "Le Figaro"... Pierre Prier décrypte le jeu délicat joué par Damas... Si la Syrie se montre si prudente... c'est parce qu'elle souhaite revenir, d'une façon ou d'une autre... au Liban... Après avoir dû quitter, sous la pression internationale... le pays du Cèdre... La Syrie compte rafler la mise de l'après-guerre... en poussant à la défaite le bloc anti-syrien incarné par Saad Hariri... le fils de l'ancien Premier ministre assassiné... Dans ce conflit, Fabrice Balanche... chercheur à l'Institut français du Proche-Orient à Beyrouth... décrypte, lui... dans "L'Huma"... le véritable but d'Israël... "Replonger le pays dans la guerre civile... Diviser ses ennemis... comme ce fut le cas en 82... avec les combats entre Palestiniens et chiites... Les affrontements fratricides entre mouvements chiites Amal et Hezbollah... Cette logique de division porte ses fruits aujourd'hui... dans les Territoires palestiniens... Où le Hamas et l'OLP s'affrontent depuis un an"... On le dit depuis le début de la semaine... Dans ce contexte de guerre... se pose aussi la question du pétrole et de ses cours qui flambent... "Les Echos" sont allés chercher les explications... Selon Denis Cosnard... elles sont de tout ordre... Les compagnies ont du mal à trouver de nouveaux gisements... Ceux qui sont exploités... sont en surchauffe... Ce qui explique les casses et le pipe-line percé en Alaska... Ajoutez à cela les problèmes politiques et sociaux... chez les pays producteurs émergents... Comme le Nigeria... Ne parlons pas de l'Irak... Où le manque d'investissements et le chaos font que le pays produit moins de brut qu'avant l'intervention américaine en 2003"... Toujours dans "Les Echos"... Denis Cosnard liste les menaces climatiques type Katrina... Les raffineries au taquet... désuètes... et jamais rénovées... L'avenir est peut-être dans le carburant vert... Et certains sont déjà sur les rangs... C'est le cas de Pergam... Frédéric Pons, dans "Libé"... raconte comment ce fonds d'investissement français s'est lancé dans les grands espaces... "La terre des paysans d'Amérique du Sud serait un placement très rentable... Les centaines d'hectares de maïs et de soja d'Uruguay... sont autant de barils dormants de carburant vert type éthanol... dont la demande mondiale devrait exploser... D'après les experts... 15 à 20 millions d'hectares de surfaces agricoles seraient disponibles en Amérique du Sud... Disponibles et bon marché... Quand il faut débourser près de 4.800 euros pour s'offrir un hectare de terre en France... Il n'en faut que 1.600 pour se payer la même surface dans la pampa... Le fonds d'investissement mise sur l'inflation pour attirer les épargnants... Mais tout le monde n'est pas aussi enthousiaste... remarque Frédéric Pons... A la Confédération paysanne... on fait la grimace... Si l'on décide qu'il vaut mieux produire à des fins énergétiques qu'à des fins alimentaires... On va permettre aux pays riches d'acheter de l'énergie moins cher... Mais on va plonger les paysans pauvres dans une misère si noire... qu'ils continueront d'affluer dans les bidonvilles"... Il n'y a pas que l'or noir dans la vie... Il y a l'or tout court... Et celui-ci a le mérite d'offrir aux vainqueurs des sourires radieux... Ces sourires sont à la Une de "L'Equipe"... du "Parisien"... Ou encore de "La République du Centre"... Avec leur victoire sur 400 et 1.500 mètres... "Raquil et Baala ont redonné des couleurs aux Bleus"... écrit Mathieu Lechevalier, du "Parisien"... Mais leur victoire n'a pas la même saveur... Marc Ventouillac, de "L'Equipe"... évoque le chemin de la reconstruction de Mehdi Baala... Il n'a jamais sans doute autant pleuré... Submergé par le flot d'émotions... Baala était en pleurs... tout le temps hier... Depuis le sacre de Munich en 2002... l'argent aux Mondiaux parisiens en 2003... Sa vie ne fut que blessures et cauchemars à répétition... Ventouillac salue le discret, l'humble Baala... Pour parler de Raquil... Hervé Garcia, toujours dans "L'Equipe"... parle, lui... de la consécration d'un flambeur... Crâneur, parfois branleur... mais capable aussi de cracher le feu... Il joue avec les photographes... Mais il arrête son tour de piste quand sonne la Marseillaise pour Baala... lors de la remise des médailles... Avec le temps... Raquil a muri... Et a appris à faire preuve de tact... Mais si faire preuve de tact... c'est apprendre à ne pas froisser...// On peut se demander s'il reste encore de la place pour les provocateurs// "Télérama" s'est posé la question// Et l'hebdomadaire est parti à leur recherche// Car c'est vrai que depuis Coluche et Desproges... Jean Yanne et Gainsbarre... Les nouveaux paraissent un peu fades// La provocation a peut-être changé de nature... écrit Erwan Desplanques// Railler les hommes politiques... n'a plus le même impact que dans les années 80// Les sketches de Coluche sur le viol collectif ne seraient pas admis aujourd'hui... fait remarquer Olivier Mongin... le directeur de la revue "Esprit"// Pourtant, les provocateurs sont là... Pour "L'Express"... ils sont dans la presse... Dans ces petits émules locaux du "Canard Enchaîné"... qui disent tout haut ce que les grands journaux du coin ne peuvent ou ne veulent pas dire... Pour n'en citer que quelques-uns... il y a "La Lettre à Lulu"... dans la région nantaise... Ou "L'Agglorieuse"... à Montpellier... qui n'hésite pas à brocarder "le grand satrape de la Septimanie"... alias Georges Frêche... le président de région... Ces hebdos sont effrontés... écrit Richard de Vendeuil... Incisifs et accros du calembour... fût-il douteux, à l'instar de "Pourrie Normandie"... Ce précepte d'indépendance absolue a un revers... Sans pub... il se fait souvent au prix de la précarité... Retour à "Télérama"... qui cherche toujours ses provocateurs... Pour en trouver de vrais télévisuels... il ne reste plus guère que Jules-Edouard Moustique, sur "Canal"... et son humour parfois limite... reconnaît Benoît Delépine// Même l'entarteur Noël Godin... ne semble plus si subversif... au milieu de sa bibliothèque de trois étages// Cela dit... Godin a le mérite de refuser les honneurs...// Et c'est peut-être là que se cache la nouvelle provocation// Dans le besoin relatif de clandestinité... écrit Erwann Desplanques, de "Télérama"// Oui mais alors que penser de Pinoncelli ?// L'homme qui s'acharne à vouloir casser l'urinoir de Duchamps... Celui dont l'auriculaire coupé pour réclamer la libération d'Ingrid Betancourt est exposé dans un musée colombien// Celui qui, un soir de réveillon... s'est déguisé en Père Noël et s'est mis à casser des jouets aux abords des Galeries Lafayette... devant des enfants en larmes ? Oui vraiment... que penser de cette forme de provocation ? Pour le metteur en scène... Jean-Michel Ribes... Elle n'existe que s'il y a du talent derrière// Pour le philosophe... Michel Onfray... il faut savoir distinguer la vraie... poétique ou dérangeante... de la petite... kitch... et commerciale...// Pour revenir à "Ouest France"... "Le tact dans l'audace, disait Jean Cocteau... C'est de savoir jusqu'où on peut aller trop loin"... Les provocateurs pourront méditer là-dessus // Bonne journée...

Laetitia GAYET

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