C'est un concert d'applaudissements. Une révérence unanime. La mafia italienne vous invite, mercredi, sur sa toile. Gomorra, "puissant" "âpre" "précis comme une balle", "grand" selon que l'on puise dans le Journal du Dimanche, dans le Point ou dans l'Express. Couronné par un grand prix à Cannes, le film de Matteo Garone s'inspire du livre fait de chair et de sang, signé par le jeune journaliste Roberto Saviano. La camora sous l'oeil de la caméra, mis à nu ou presque, dejà en slip sur l'affiche. 10 000 morts en 30 ans, 150 milliards d'euros de chiffre d'affaire, 4 fois le budget des JO de Pékin. "C'est l'une des branches les plus meurtrières", nous dit le JDD. L'Express s'accroche à l'autre branche. Delphine Saubader raconte avec des mots ciselés, l'emprise de la 'Ndrangheta sur la Calabre et sur l'Europe. Elle a fait son nid à San Luca, village de "4000 âmes enchassé dans les montagnes sauvages de l'Aspromonte". Deux clans "hyper-violents" se disputent le pouvoir. Deux frères ennemis : la famille des Nirta-Strangio et celle des Vottari-Pelle. Ils se présentent à la face de l'Europe avec la fusillade de Duisburg qui laisse 6 jeunes sur le carreau il y a pile un an. "L'Europe comprend alors", écrit Delphine Saubader, "qu'elle n'a plus affaire a un obscure gang de bergers, mais à une hydre mondialisée et souterraine. Une holding aussi présente que Coca-cola". La 'Ndrangheta deal avec les cartels colombiens, elle a le monopole du trafic de coke en Europe. Son chiffre d'affaire serait de 44 milliards. Elle contrôlerait 300 pizzerias en Allemagne. Elle blanchit en Belgique ou en France à coups de millions. Et les magistrats italiens pestent parce que la législation européenne se heurte encore aux frontières alors que la mafia, elle, les a fait tomber depuis longtemps déjà. Le géant russe est-il en train de se transformer en ogre. L'inquiétude est palpable. "L'Europe redoute l'escalade", titre le JDD. "Guerre aux portes de l'Europe", écrit le Parisien Aujourd'hui en France. "Les démons du Caucase", pour les Dernières Nouvelles d'Alsace. Il y a quelque chose de grand qui se joue en ce moment autour de ce petit bout de terre coincé en Géorgie. Olivier Picard dans les Dernières Nouvelles d'Alsace voit une "Russie ambitieuse, sûre d'elle-même, dominatrice". "Vladimir Poutine manipule les cartes. Moscou est en train d'adresser à Washington une intimidation caractérisée au moment où l'adversaire est le plus vulnérable". D'après Olivier Jay dans le Journal du Dimanche, Nicolas Sarkozy lui-même s'inquiète d'une Russie gonflée au nationalisme, qui pourrait partir chercher certaines de ses provinces perdues. A la télé, Poutine menace. Il ne veut pas de départs massifs vers l'OTAN, ces aventures sanglantes, dit-il. Moscou et l'Ossétie. L'histoire est consanguine, tellement liée qu'on voit à peine paraître le nom du Président de l'Ossétie du sud. Edouard Kokoïty est dépeint comme un ancien lutteur quasi analphabète, gérant de casinos. Autour de lui les hommes du Président, de l'ex-Président Poutine. Où sont les séparatistes, s'interroge dans Le Monde la commentatrice Ioulia Latynina. "L'Ossétie du sud n'est ni un pays, ni un régime. C'est une société mixte, dit-elle, qui s'est constituée entre généraux russes et des bandits Ossètes pour faire de l'argent sur fond de conflit avec la Géorgie". Et voilà ce pourquoi le géant russe provoque l'Europe et l'Amérique. Les autres géants encore sonnés par les coups de canon dans la région. L'arrivée demain d'une véritable star à Paris. Le Dalaï lama vient faire la tournée des monastères et des salles de prières. De la banlieue parisienne au bocage normand, il va parcourir les chemins de la 4ème religion en France. D'après Le Monde, le bouddhisme peut compter sur 5 millions de sympathisants. Le quotidien du soir s'arrête dans le Vajradhara Ling, un temple bâti à la campagne, à Vimoutiers dans l'Orne. Aujourd'hui le bouddhisme en France n'attire plus sur un coup de tête ou un coup de coeur. Mais c'est l'enseignement, l'étude des textes anciens, qui fait qu'on pousse ou non la porte de la centaine de centres installés dans l'hexagone. Le Dalaï lama, lui, est soutenu, nous dit Olivier Weber dans le Point, par Hollywood et Saint-Germain-des-Prés. D'ailleurs quand il écrit son article, le journaliste spécialisé sur le sujet croit savoir qu'il y aura une rencontre entre le Prix Nobel de la Paix et le Président de la France. Il a donc du se passer quelque chose cette semaine sur la route du Dalaï lama détournée de bonne foi ou peut-être de mauvaise foi du temple élyséen. L'histoire d'un nouveau départ peut-être pour une championne à Pékin. "Libérée sous condition", titre l'Equipe, qui fait du lourd aujourd'hui sur Laure Manaudou. Très beau portrait de la Française dans l'Equipe Magazine. Vincent Hubé tourne autour de ces hommes qui libèrent ou enchaînent la championne. Un rapport permanent au père. "Ce lien dominant-dominé qui ne cessera de se tisser entre une jeune fille et ceux qui l'entourent", écrit le journaliste. La tête sous l'eau pendant presque un an, Laure Manaudou semble vouloir quitter ses démons pour mettre fin au cycle amour-haine qui rythme sa vie. A Mulhouse, elle s'est entourée d'hommes neufs, apparemment apaisants. Un amoureux donc, encore un, et un entraîneur, encore un, qui semble résister à la séduction animale et au caractère intérieur de cette jeune femme partie à Pékin pour tourner la page. Puis la minute en or des ministres. Ce sont les vacances pour eux aussi mais il faut rentabiliser. Le Monde fait un sujet sur ces ministres "plus que jamais priés de déminer". La pression est forte, écrit Arnaud Leparmentier de voir le Président sortir pour "intervenir sur un dossier qu'il estimerait mal géré. Le moindre incident est donc déminé. Chaque opportunité politique est exploitée pour ne pas hypothéquer un éventuel rebond politique à l'automne". Michèle Alliot-Marie a donc fait le déplacement auprès de la famille du petit Valentin, puis à Hautmont, après le passage meurtrier de la tornade. Valérie Pécresse a fait son devoir de vacances à distance. Un joli coup. Un coup de fil au Figaro, qu'elle donne depuis la Corrèze, et l'interview qui fait la une. Montre en main, Brice Hortefeux réagit au feu qui couve dans les centres de rétention. Il allume les associations qui aident les sans-papiers. 35 minutes de réunion. 45 minutes de conférence de presse. L'affaire est emballée. Le ministre aussi. Un peu d'exercice pendant les vacances, ça fait pas de mal. Et il y a toujours des pyromanes l'été qui traînent.

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