C'est devenu la seule richesse exportable d'une veille dictature... Dans Le Figaro, Sébastien Falletti raconte que la Corée du Nord vend de la main-d'oeuvre bon marché à la démocratique Mongolie, futur tigre économique. Oulan Bator a négocié l'importation de 5000 travailleurs. Ces Nord-Coréens devraient se retrouver, encadrés par des militaires, sur des chantiers pour faire de la construction, des routes ou de la conduite d'engins. Ils coûtent moins cher que les Chinois ou les locaux. Ils ont la réputation d'être disciplinés et durs au travail. Pour la Corée du Nord, c'est "le seul capital qui reste, écrit Sébastien Falletti, à l'heure où les sanctions internationales frappent durement le trafic d'armes, ressource traditionnelle". Pyongyang encaisse presque intégralement le salaire des travailleurs, et elle vise semble-t-il plus haut. La Mongolie propose d'exporter cette main-d'oeuvre bon marché vers l'Algérie l'an prochain. Oulan Bator est soupçonnée de servir de plaque tournante. Elle aurait permis l'envoi de bras à bas prix sur les chantiers des pays émergents d'Afrique ou d'Asie du Sud-Est. Washington, allié de la Mongolie, fermerait les yeux malgré les appels d'ONG. Parce que la Mongolie, explique Le Figaro, reste le seul pont des Américains pour faire passer des messages à l'ennemi nord-coréen. (Mickaël Thébault : « Pas de trêve, dans les journaux, pour le débat sur la sécurité »)... C'est plus les excès et la stratégie politique qui intéressent les éditorialistes... "C'est un bon vieux débat qui arrange tout le monde", estime Philippe Palat dans Le Midi Libre. Pour lui, "la droite anesthésie la menace des affaires. Et la gauche retrouve l'occasion de jouer son rôle d'opposant". "Un véritable tube de l'été", s'amuse Denis Daumin dans La Nouvelle République du Centre-Ouest. "Une stratégie politique de bonne guerre", estime Hubert Coudurier dans Le Télégramme. "Sarko l'Américain semble redevenu très franchouillard, écrit-il, mais ça fonctionne. Et ce n'est pas la 'guerre civile' que dénonce Michel Rocard". Seul à aborder le fond, le journal Le Monde pose la question du péché originel : le coup de sabre donné par Nicolas Sarkozy, il y a presque huit ans, à la police de proximité. Et ce débat redonne de la voix au Front National. Un peu oublié, Bruno Gollnisch commente les propositions gouvernementales... "Pourquoi ne pas aller plus loin dans la déchéance de la nationalité ?", dit-il dans Le Figaro. "Pourquoi ne pas expulser les délinquants étrangers pour faire de la place en prison et avoir des voyous bien de chez nous ?", dit-il dans Le Parisien-Aujourd'hui en France. Pour le vice-président du Front National, "la majorité a 35 ans de retard sur Jean-Marie Le Pen". Le Pen bien vivant, après avoir été donné pour mort par une rumeur lancée et bien relayée sur Internet il y a une dizaine de jours. C'est donc dans un contexte de stigmatisation de l'immigration que débute le ramadan. C'est à la Une de Libération... 5 à 6 millions de musulmans disent pratiquer le jeûne. Et le quotidien, à cette occasion, publie l'interview d'une sociologue, Florence Bergeaud-Blacker, qui a co-écrit un livre sur la nourriture hallal. Ce qu'elle explique, c'est que la grande distribution s'est mise au hallal. D'abord les consommateurs ne se cachent plus. Ensuite c'est un vrai marché, qui pèserait 4 fois plus que le bio. Carrefour et Casino ont maintenant leur marque. Ils ont longtemps hésité, par peur d'être coincés entre les discours laïcs offensifs et les accusations des groupes d'extrême-droite. Mais l'idée de s'ouvrir à un marché de 5 millions de clients les a décidés. Après, il y a deux types de marketing sur ces produits : "l'ethno-marketing post-colonial" ou la communication islamo-gauloise, avec une marque par exemple qui a créé une affiche qui montre le torse d'un coq blanc avec la mention "fièrement hallal". (MT : « C'est l'un des objets les plus inoffensifs et les plus répandus. Et pourtant, Etienne, on se pose des questions sur la nocivité du ticket de caisse »)... C'est officiel : d'après l'étude d'une ONG américaine, le ticket de caisse contient du bisphénol. "Environmental Working Group" a repéré la présence de bisphénol dans 40% des tickets des Etats-Unis. Et, d'après le journal Le Parisien, la grande distribution reconnaît qu'il y en a bel et bien dans les tickets de caisse. Le bisphénol, c'est un produit chimique classé "nocif", interdit dans de nombreux pays, mis en cause assez récemment en France dans la fabrication de biberons. On en trouve donc dans les supermarchés, dans les distributeurs de billets et dans les caisses des parkings. Mais pour le leader mondial du secteur du papier thermique, il s'agit de quelques microgrammes. "Un risque quasi nul pour le consommateur", dit un spécialiste de l'évaluation des risques de l'INERIS, qui estime quand même que ça mériterait une évaluation, pour les caissières par exemple, qui sont exposées au quotidien. (MT : « Rien à voir avec la marée noire aux Etats-Unis, mais c'est quand même une catastrophe écologique »)... Oui, à la française. C'était l'an passé, à La Crau, dans les Bouches-du-Rhône. 4700 tonnes de brut qui s'échappent d'un pipe-line, en plein milieu d'une réserve naturelle exceptionnelle. Un an après, Le Monde et Libé sont retournés dans la plaine de La Crau... La société responsable de la pollution semble avoir joué le jeu. Elle a pelleté des dizaines de milliers de tonnes de terre gorgée de pétrole. Mais pour Libé, l'hydrocarbure est en profondeur. Et pour Le Monde, la pollution touche aussi le capital-confiance vis-à-vis de l'industriel. La société qui exploite le pipe-line est détenue par Total, Exxon Mobil, Shell et BP. 25% du tracé de ses tuyaux traversent des zones classées "Natura 2000". Et l'accident a révélé le manque de dialogue et de vocabulaire commun entre industriels et gardiens de l'environnement : ceux du dessous et ceux du dessus. Et si c'était le vrai remaniement ? Dans Les Echos, Cécile Cornudet braque les projecteurs sur ce qu'elle appelle "l'autre remaniement" : celui des conseillers du Président, considérés par Nicolas Sarkozy comme son vrai gouvernement... L'équipe l'entoure depuis 2007. Et, d'après la journaliste des Echos, c'est une équipe fatiguée, souvent critiquée, très peu renouvelée. Depuis le début, seulement deux départs : celui de François Pérol et d'Emmanuelle Mignon... Raymond Soubie, l'homme du social, est aussi sur le départ. Pour les autres, c'est encore un champ d'interrogations, même si certains font savoir qu'ils ont envie de tourner la page. Dans la série "Série de l'été", coup d'oeil aujourd'hui sur l'article de L'Humanité consacré à Karim Maddi... C'est la série de portraits sur l'engagement. Avec aujourd'hui ce jeune homme du Kremlin-Bicêtre, dans le Val-de-Marne... La vie de Karim Maddi bascule quand son frère perd la sienne. Ca date d'il y a huit mois : Hakim, 18 ans, est mort de plusieurs coups de couteau dans son lycée. Karim a reçu cette violence de plein fouet, avec sa famille. Ses parents, d'origine tunisienne, se sont installés en France au milieu des années 80. Ils étaient 6 enfants. Et, comme souvent, c'est le sport qui sert de point d'attache. Comme son frère aimait la boxe, Karim Maddi a monté une association de boxe française pour tenter de canaliser la violence. Avec l'ancien coach de son frère, ils font le tour des ministères et des institutions pour trouver de l'argent. Et l'idée, ce n'est pas d'ouvrir une salle au coeur de la cité mais, au contraire, de réunir des gens d'horizons différents : chômeur, médecin, scolaire... Voilà le bon exemple. Avec cette préoccupation : lutter contre la violence au quotidien.

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