Parce qu'il n'y a pas de petites gens, il n'y a pas de petits sports... Le sport est évasion... Le sport est santé... C'est un ascenseur social, un livre d'images, et même un imaginaire. Un éditorialiste inédit pour le journal L'Equipe, qui fête son 20.000ème numéro... C'est Jean-Claude Killy, qui a pris la direction d'une rédaction de luxe : 18 champions de tous âges (Killy, Kopa, Jazy, Merckx, Blanco, Douillet, Doucouré, Lizarazu et d'autres), pour un hommage au sport et aux sportifs qui ont fait l'histoire du sport depuis 1946. Des champions qui ont élu le champion des champions : j'ai nommé Mohammed Ali, loin devant Michael Jordan et Carl Lewis. "Le sport est un imaginaire, écrit Jean-Claude Killy : du garage aménagé en gymnase jusqu'au siège du CIO à Lausanne, du particulier à l'institutionnel, le sport est un lien social, tellement important quand nous en manquons tant". C'est à lire dans L'Equipe... Et à propos de lien social, on a parlé hier, ici même, de cette nouvelle radicalisation des conflits, qui témoigne du désespoir des salariés... Libération y revient en Une, avec ces paroles de patrons qui disent "se préparer à la séquestration". "Je comprends ce genre de révolte, et je m'y suis préparé", dit l'un (préparé psychologiquement, s'entend). "Ce sont les stock-options et toutes ces conneries qui ont alimenté un climat pourri", dit un autre. Dans ce contexte tendu, un peu de couleur sur le tableau noir de l'économie, avec, paraît-il, les premiers signes encourageants de reprise... C'est à la Une du Monde, à prendre avec circonspection : des signes non négligeables semblent indiquer que le pire est peut-être passé, grâce notamment à la Chine, où le plan de relance semble produire ses premiers effets. Là-bas, les banques ont prêté massivement aux entreprises, ce qui provoque un regain d'activité jusqu'au Japon et en Allemagne. Ce n'est pas encore la reprise, mais les experts font preuve d'un optimisme mesuré... d'autant qu'un peu partout, certains secteurs se remettent en mouvement. Alain Faujas en fait la liste : "L'activité industrielle américaine se raffermit, les exportations sud-coréennes redressent la tête, les commandes de biens d'équipement japonaises rebondissent, et même l'automobile connaît une embellie au Brésil et en Europe". Pas de quoi pavoiser non plus... On sait que, dans l'automobile, des réductions massives d'effectifs ont déjà été annoncées... Mais c'est vrai, et le magazine Auto Plus le confirme cette semaine : c'est vrai qu'il n'y a pas que des mauvaises nouvelles. "Bien que le contexte soit objectivement plombé, remarque Sandrine Darré, il est parfois difficile de croire à l'impérieuse nécessité de cette casse sociale, notamment quand un vendeur vous dit, dans une concession, que la crise, finalement, on ne la sent pas... De là à penser que certaines entreprises profitent de la situation". Auto Plus y est allé voir de plus près... Et, de fait, il y a toujours autant de monde dans les concessions... Le mois de mars a même été très bon... Les vendeurs n'en sont pas à brader leurs stocks, qui ne débordent pas, même si de belles remises peuvent être obtenues. Bref, conclut Auto Plus, les constructeurs peuvent survivre à la tourmente, sans obérer l'avenir... Les aides publiques qu'ils ont reçues leur imposent de lourdes responsabilités, sachant que les consommateurs n'en seront que plus exigeants. En attendant, les plans sociaux se multiplient... Et, d'un point de vue politique, c'est au Président de la République que les Français demanderont des comptes. Le nouveau VSD en fait sa Une (nouveau logo, nouvelle maquette) : photo de Sarkozy dubitatif... "Bientôt deux ans à l'Elysée : c'est l'heure des comptes", titre VSD. Et pour Denis Jeambar, justement, le compte n'y est pas... "Sarkozy, dit-il, est pris dans le piège de l'impuissance, dont ses trois derniers prédécesseurs ont été victimes... Cela fait 35 ans que personne n'a obtenu le moindre résultat dans la lutte contre le chômage... Sauf que sa campagne électorale à lui, sa mâle assurance et son volontarisme avaient redonné de l'espoir. Il faut se rendre à l'évidence, écrit Jeambar en substance : Sarko s'est banalisé, la politique avec lui n'a pas plus de résultats qu'auparavant sur l'emploi. Sans compter, de façon plus générale, que sa parole se noie dans la multiplication des discours, et que son cap se perd dans le foisonnement des réformes". Jusqu'à sa propre majorité, qui a du mal à se situer parfois... Voir ce nouveau couac dont tout le monde parle... c'était hier, à l'Assemblée : le rejet de la loi dite HADOPI... "HADOPI", ou "Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des Droits sur Internet". Ce n'est pas la première fois que la majorité se fait ainsi piéger... C'est la méthode qui fait sourire : un vrai film à suspense, à moins que ce ne soit une comédie, que racontent Le Parisien-Aujourd'hui en France et Libération. D'abord le groupe PS, qui alerte ses députés par SMS en voyant que la droite est très faiblement représentée : "Merci à ceux qui le peuvent de venir", écrivent les rabatteurs socialistes. Pendant ce temps, les responsables UMP font le tour du Palais Bourbon pour bien vérifier que la gauche n'a pas de troupes en réserve... "On a même été voir dans les chiottes et la bibliothèque", explique l'un d'entre eux... Raté, puisque au dernier moment, au moment du vote, une dizaine de socialistes, cachés derrière les rideaux rouges de l'Hémicycle, regagnent leur banc à toute allure pour voter à main levée. Et le tour était joué... Tout cela n'a pas pris trois minutes. "Lamentable !", commente Hervé Chabaud dans L'Union-L'Ardennais... "lamentable pour l'image des députés, mais surtout des députés UMP... Pour se faire piéger de la sorte sur un texte aussi important que la protection de la création sur Internet, il faut franchement être nul". Cela dit (et là-dessus tout le monde est d'accord : France-Soir, La Tribune, La Charente Libre ou L'Alsace), si les députés UMP ont joué la politique de la chaise vide, ce n'est pas seulement pour des questions d'intendance... "Il y a sans doute un vrai malaise à droite, comme dit Philippe Mabille dans La Tribune... La ligne entre l'Elysée et l'UMP est manifestement brouillée". Il y avait eu des précédents... Et là encore, le moins que l'on puisse dire, c'est que ce texte ne suscite pas beaucoup d'enthousiasme dans la majorité... Ce que résume Chantal Didier dans L'Est Républicain : "Ayant eux-mêmes des enfants internautes, beaucoup de députés UMP trouvent que les sanctions envisagées par la loi, c'est comme un marteau-pilon pour tuer une mouche". En attendant, les internautes, justement, ont sablé le champagne... C'est Libération qui raconte comment, aussitôt après le rejet du texte, le couac de la majorité a fait un buzz sur la Toile. Puisqu'on est sur la Toile, cette histoire d'un homme qui sait canaliser ses frustrations... C'est, dans Courrier International, la reprise d'un article du New York Times... L'initiative d'un Américain au pied cassé et plâtré, qui clopine avec des béquilles, et qui n'en peut plus de rester planté debout dans le métro, où les passagers monopolisent les sièges réservés aux handicapés. Il a décidé de créer un site pour épingler les gougnafiers, les prenant en photo avec son portable avant de les exhiber sur le Web. Je ne sais pas si c'est très moral... Mais notez quand même le site : www.peoplewhositinthedisabilityseatswhenimstandingonmycrutches.com (ce qui veut dire : "les gens assis sur les sièges réservés aux handicapés alors que je suis debout avec mes béquilles.com").

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