Dans la presse ce matin : génération inquiétude

« Marine le Pen arrive en tête parmi les 18-24 ans ». Le titre est à la Une du Monde .

C'est la synthèse de plusieurs études de l'institut CSA au mois de mars.

Intentions de vote chez les 18-24 ans:

Marine le Pen 26%

François Hollande : 25

Nicolas Sarkozy 17

Jean Luc Mélenchon, 16

Et le paysage a évolué de manière radicale en quelques semaines chez ces jeunes adultes. Les intentions de vote Hollande ont chuté depuis la fin 2011, celle pour Marine le Pen ont doublé. Celle en faveur de Jean-Luc Mélenchon, ont plus que triplé, de 5 à 16%

Pourquoi des adolescents et des jeunes adultes, votent-ils ou plébiscitent-ils "Marine", puisqu'ils l'appellent comme cela ? Le Monde est allé dans une ville où le FN en général a du succès : Saint Quentin dans l'Aisne.

Deux lieux de reportages :

D'abord un collège-lycée privé de centre ville.

Arguments entendus par Pascale Kremer : « Nous on doit faire des études et au final on laisse le boulot aux immigrés. A l'hôpital de St Quentin, les médecins, ils ont tous des noms étrangers. »

Les ados citent encore en vrac, le minaret qui dépasse de la mosquée de St Quentin, les groupes de rap qui vomissent la France, les places en HLM qui leur son réservés à eux les immigrés qui ne travaillent pas, profitent des aides et son un peu fainéants.

Deuxième lieu de reportage, un lycée professionnel. Rengaine plus ou moins violente : a cause des immigrés, on n'a pas de travail.

Toujours dans Le Monde , un universitaire analyse ce succès du Front National et singulièrement de Marine le Pen chez les jeunes :

  • un brin d’identification avec cette femme encore jeune et divorcée

  • son discours est perçu comme républicain

  • le côté anti système plait également. Elle au moins on comprend ce qu'elle dit

  • et il porte d'autant plus sur une jeunesse inquiète pour son avenir.

    De la jeunesse dans Le Monde au débat sur l'euthanasie dans Le Parisien

C'est un des sujets de cette campagne. Dans ce contexte, les journalistes Laurent Légér et Denis Demonpion publient un livre sur la santé des présidents de la République. Le Parisien-Aujourd’hui en France en publie 3 extraits.

L'un des 3 concerne les derniers moments de François Mitterrand. Nous sommes en 1996 :

"Le 6 janvier, un lundi, à sa demande expresse, son calvaire fut abrégé. Une injection lui fut administrée par voie intraveineuse"

Génération inquiétude, à Sarajevo, aussi

Le début de la guerre en Bosnie-Herzégovine, c'était il y a 20 ans, quasiment une génération, en avril 1992.

Renaud Girard est retourné dans la ville pour Le Figaro . En apparence, le rêve d'une cité où cohabiteraient parfaitement musulmans, catholiques et orthodoxes est de retour. Le vieux monastère orthodoxe a rouvert à la visite, les Croates catholiques ont célébré Pâques sans difficulté ce week-end. Le soir l'ambiance dans les quartiers branchés vaut bien celle du marais ou de Soho.

Mais c'est une carte postale pour touristes. En réalité, Sarajevo, cité heureuse de toutes les confessions, si elle a jamais existé, est bel et bien morte.

Après la guerre, la Bosnie n'a pas eu ses De Gaulle et Adenauer pour reconstruire réellement la paix. Les nouvelles institutions ont même fait du communautarisme la base de toute décision politique.

Résultat : par exemple, un pays exclu de la fédération internationale de foot parce que ses politiciens ne parviennent pas à s'entendre sur les dates de match.

Image du ramassage scolaire dans la ville de Vitez, toujours en Bosnie.

D'abord un bus s'arrête pour prendre des écoliers croates, puis un autre pour 3 petits musulmans. Même les cours de récréation sont séparées.

« Le rêve brisé de Sarajevo », c'est le titre du reportage de Renaud Girard qui évoque la mémoire des Roméo et Juliette de cette guerre de Bosnie. L'histoire avait le tour du monde à l'époque. C'était en 93. Le Serbe Bosko et la musulmane Almira. Ils voulaient fuir ensemble Sarajevo assiégée. Des coups feu éclatèrent, il est mort sur le coup, elle était blessée. Elle a rampé jusqu'à lui, l'a enlacé, puis s'est laissée mourir.

Quoi d'autre dans la presse, Bruno ?

Philippe Lefébure vous en parlait avant 8 heures : le discours iconoclaste du directeur de l'assurance maladie. "L'équilibre est à notre portée, sans se lancer dans des réformes brutales, comme certains le préconisent." C'est à lire dans Les Echos , alors que le déficit de l'assurance maladie en 2011 est un peu moins important que prévu.

Le porno roi de l'Internet ! On s'en doutait un peu, on ne mesurait sans doute pas à quel point. Selon le site extremetech repris notamment par slate.fr , entre le nombre de personnes qui fréquentent les sites, le temps passé et la quantité de données qui y circulent, la pornographie représenterait plus du tiers des données qui circulent sur le web.

Le numérique c'est l'avenir de l'école ne cesse-t-on de répéter. Les tableaux interactifs, les manuels numériques, les ordinateurs à l'école... Beaucoup y voient le moyen de réduire la fracture entre établissements de centre-ville et de banlieues. Sans doute, mais pas à n’importe quelles conditions.

Sur le huffingtonpost.fr , Antoine Compagnon publie un texte édifiant. Antoine Compagnon et professeur au collège de France et membre du Haut conseil de l'éducation.

En visitant un collège ambition réussite de Seine-St-Denis, il a d'abord été ébloui par l'équipement informatique. Même dans les meilleures universités privées américaines, on dispose rarement de locaux aussi bien équipés, écrit le professeur.

Puis il pénètre dans une salle où une demi-classe de 3ème est réunie pour un cours de maths. Une douzaine d'élèves derrière des écrans plats. Le professeur idem. Mais à bien y regarder, sur les douze élèves, un seul fait effectivement ses exercices sur le logiciel prévu. Les autres roupillent bien planqués derrière l'écran d'ordinateur.

Antoine Compagnon interroge le principal du collège. Oui, répond-il en substance, l’élève qui fait ses exercices, c'est un jeune Népalais, le seul de la classe dont on soit certain qu'il sera pris au lycée général. C'est comme ça : le ministère, les collectivités locales et quelques entreprises nous approvisionnent en ordinateurs pour se donner bonne conscience. Mais nous manquons de personnel pour initier les élèves.

« Avec des ardoises, un peu de craies et quelques bouliers, on n'aurait pas grand peine à faire mieux. (...) Ma visite était terminée », conclut Antoine Compagnon.

A demain.

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