Mélenchon 3ème homme, ça frétille dans la presse. Candidat de la paix? ça dépend pour qui

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

J-14, ça se rapproche…

« Rien ne va plus, faites vos jeux » s’exclame Frédéric Picard dans l’Orient le Jour, à 14 jours du premier tour de la présidentielle. « Les abscisses ne sont plus très ordonnées, écrit il, le centre est moins que jamais au milieu, la droite a presque larme à gauche, la gauche est maladroite, les dernières enquêtes d’opinion s’affolent…Mélenchon se hisse au niveau de Fillon…rien ne va plus, tout devient possible »

C’est rien de dire que l’irruption du candidat de la France insoumise dans le quatuor de tête, fait frétiller la presse, d’aise ou de crainte

« El Chon », comme Serge Raffy surnomme Mélenchon sur le site de l’Obs, El Chon perturbateur non endocrinien inattendu de cette élection ? s’interroge-t-il, « En tout cas, son intrusion dans la cour des grands provoque une « petite déflagration » dans les états-majors ». Une déflagration qui selon Raffy pourrait avoir pour première conséquence de réveiller la France de droite. « Si ce maestro du verbe, le petit père des peuples de la France insoumise avec son art d’occuper les estrades est capable de bouleverser les pronostics, alors tout redevient possible pour l’ancien maire de Sablé, Mélenchon pourrait le faire sortir du chloroforme »

Avant d’en arriver à ce billard à 3 bandes, les Unes d’abord sur la percée spectaculaire de l’homme inattendu de cette présidentielle : « La lutte des places » titre Libération pour dire le nouveau quadrille, « Jusqu’où ira-t-il ? » s’interroge Aujourd’hui en France/le Parisien qui retrace le parcours du candidat nouveau, de sa mue écolo à sa geek attitude en passant par son discours apaisé. Dans les Echos, un brin désabusée, Cécile Cornudet écrit : « il est finalement le seul à avoir dépoussiéré la façon de faire campagne, il se pose même sans rire en figure rassurante. Il est devenu à la mode, qu’importe ce qu’il fut la campagne n’a pas de mémoire ». « Mistral gagnant ? se demande Denis Daumin de la République du Centre, cela y ressemble dit il. Le Vieux Port envahi, la Canebière submergée, le quartier du Panier en hauteur assailli et au milieu, lui. Enfin un peu devant, c'est plus commode pour la mise au point de l'image. Il sourit, il jubile, en extase souvent, les bras en croix. Jean-Luc Mélenchon vit un triomphe en direct sur BFM et en toute modestie, évidemment »

Au-delà de sa percée dans les enquêtes d’opinion, retour sur le discours prononcé hier à Marseille par Jean-Luc Mélenchon

« L’ode à la paix » titre pleine page L’Humanité, avec Patrick Appel Muller, directeur de la rédaction du quotidien qui estime « qu’aux tirades furieuses des belliqueux, Jean-Luc Mélenchon a répliqué par le goût de la paix, des choix rationnels, l’impératif du dialogue et l’indépendance de la France…Un vent se lève » estime-t-il. Dans le reportage que L’Huma consacre au meeting, on retiendra l’émotion quand le candidat réclame une minute de recueillement pour les morts en méditerranée, « les gorges nouées, les larmes rentrées ou exprimées, le bruit du léger vent marin dans les oreilles » écrivent les journalistes, « Putain, c’est un poète ce mec, lâche un sympathisant deux minutes seulement après le début du discours, « il devrait faire du rap, je te dis ». Mélenchon, « un souffle de paix ? » s’interroge La Provence qui a vu hier le candidat à domicile, Mélenchon, candidat de la paix donc c’est établi? Oui, enfin, surtout candidat anti Etats-unis souligne pour sa part le quotidien l’Opinion qui revient précisément sur la teneur du discours prononcé hier à Marseille. » Si les auteurs de l’attaque chimique perpétrée en syrie sont des criminels qui doivent être condamnés, a affirmé le candidat, personne ne sait aujourd’hui qui ils sont » a-t-il poursuivi. Ni Bachar El Assad ni Vladimir Poutine ne sont cités, en revanche le président français et son homologue allemande, Hollande et Merkel sont pointés du doigt pour leur approbation à l’intervention américaine, « ces gens qui sont allés acclamer Trump un homme fou, raciste et sexiste qui devient tout d’un coup le chevalier blanc », et Mélenchon de dénoncer l’Otan, « cette alliance de fauteurs de guerres et de désordres »…Conclusion du journaliste Raphael Proust « L’indépendance que promet le candidat de la France insoumise s’accommode mal des cibles, quasi exclusives de ses critiques ». Les positions de Jean-Luc Mélenchon sur la politique étrangère, Doux mistral gagnant pour les uns, vent inquiétant pour les autres

On relèvera ce matin à la Une du New York Times, pas franchement versé dans le Trumpisme, le vent qui tourne aussi…Avec le soutien d’un de ses éminents éditorialistes Nicholas Kristof à l’intervention du président américain en Syrie. « Les frappes aériennes de Trump sont d’une légalité douteuse écrit il, elles sont hypocrites, elles sont impulsives, dictées par des considérations politiciennes, mais elles sont le bon choix. Voilà un cas où Trump a raison quand Obama a eu tort ». Donald Trump qui a participé en décembre dernier, nous raconte ce matin Philippe Gélie dans le Figaro, à un bal masqué organisé par une famille de milliardaires qui a largement soutenu sa campagne, soirée costumée sur le thème « les bons et les méchants », a donc pour certains changé de camp ce matin.

Chez nous Hélène, autres faits de campagne

« Je ne vous demande pas de m’aimer, mais de me soutenir » drôle de petite phrase hier du candidat Fillon lors de son meeting de la porte de Versailles. Pas de version psychanalytique ce matin, pas encore, mais quelques analyses politiques : « Aveu de faiblesse » pour Alexandra Schwartzbrod de Libération, opération reconquête des déçus mais aussi des indécis pour le Parisien, « il sait qu’il a perdu la bataille du cœur, il espère gagner celle du discernement » assure Olivier Mazerolles dans la Provence. « Discernement » c’est aussi ce que réclame Paul Henri du Limbert dans Figaro qui présente Fillon comme celui qui depuis de longs mois « a proclamé que la seule et véritable injustice c’est celle faite à tous les déclassés du pays », lui seul donc pour éviter le naufrage promis au pays. » A 14 jours du premier tour, on sent que chacun, candidats et journaux d’opinion jettent leurs dernières forces dans la bataille

On termine par ce qui n’a rien à voir avec la campagne présidentielle, quoique..Le bleu et le rose, ces couleurs dont on habille nos garçons et nos filles, subissant ainsi la tyrannie des marques. La Parisien nous raconte ce matin qu’une fillette américaine de 5 ans, aidée de sa maman a écrit à Gap pour s’agacer de n’avoir droit « qu’à des tee shirts roses avec des princesses et des trucs comme ça ». La marque a promis d’essayer de faire mieux. Mais d’où ça vient ce rose féminin? Le saviez-vous, la mode enfantine « genrée » démarre dans les années 50. A cause de qui ? de Caroline de Monaco ! « au moment où Grace Kelly est devenue maman, les images de sa petite fille tout de rose vêtue ont marqué les esprits ». Une inversion du code couleur nous explique une chercheuse, puisque jusque là, le rose était porté par des hommes comme déclinaison du rouge et les filles arboraient du bleu couleur de la vierge ». Bon, alors nous, on n’est pas obligé d’en revenir au bleu de la vierge, mais nos 9 candidats masculins à la présidentielle, en rose, pourquoi pas…

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