Ouest France comme un appel à la conscience, le Pape veut des sains et le Président attend des citoyens engagés, et le Figaro raconte la guerre contre "les récalcitrants" de Notre-dame des Landes.

On parle de paix ce matin... 

Et d'une paix toute fragile qui a 20 ans, pourtant menacée par les drôles d'idées des hommes, la Paix en Irlande qui fut signée le 10 avril 1998 et que le Brexit fragilise, puisqu'il pourrait ramener une frontière visible entre la république d'Irlande, membre de l'union européenne, et  l'Irlande du Nord britannique... Tony Blair s'en inquiète dans le Monde, mais c'est surtout Ouest France qui prend au sérieux cette date du 10 avril, et nous emmène à Pettigo, ce village à cheval sur les deux Irlande où les anciens ont peur que reviennent les check points sur le pont de la rivière Termon  mais les enfants du village jouent ensemble au football devant un centre intercommunautaire que l'Europe a financé..... Ouest France raconte également ces malades du cancer, citoyens irlandais, du comté de Donegal, qui se font soigner à Derry, au Nord, au plus près de chez eux ... 

Et ce n'est pas un hasard si Ouest France  raconte l'Irlande à hauteur de fragilité: ce  journal  fut fondé sur un engagement européen et sur des valeurs humanistes qu'un éditorial maintient. "Cessons d'armer l'Arabie saoudite" demande  Jeanne-Emmanuel Hutin, directrice et fille du fondateur, qui interpelle le pays sur les crimes de la guerre au Yemen...

On lit Ouest France comme un appel à la conscience, quand le prince saoudien nous visite...  

Aux Unes du Parisien et de Libération agonisent des enfants syriens gazés dans la Ghouta, la photo de Libération est insoutenable d'un petit corps à la bouche remplie de sable, "l'impunité jusqu'où"?  Et on spécule sur des frappes françaises, dans le figaro également, qui raconte aussi dans un reportage le face-à-face des soldats américains et de l'armée turque dans le Nord de la Syrie... La guerre est là... 

Dans un très long texte publié hier, un vieux monsieur appelé François invite ses lecteurs à se munir de courage, pour lutter contre le diable, et il y a dans les images d'enfants syriens un écho à cette parole du Pape, dans son exhortation « Gaudete et exultate », soyez dans la joie et l'allégresse  il y faut du courage...

Et le Pape demande aussi aux catholiques de devenir des saints... 

Suite logique, si l'on refuse le Diable, mais ce n'est pas une question de foi ostensible mais de comportement envers les hommes, être un sain dit le Pape c'est multiplier les petits gestes, et se souvenir aussi de l'Evangile selon Matthieu: "J'étais un étranger et vous m'avez accueilli." 

Sud Ouest souligne l'engagement réitéré du Pape envers les migrants: "Il ne s’agit pas d’une invention d’un pape ou d’un délire passager" écrit François.  "Certains catholiques affirment" que la situation des migrants est "un sujet secondaire à côté des questions 'sérieuses’ de la bioéthique"... Erreur...  "Qu’un homme politique préoccupé par ses succès dise une telle chose, on peut arriver à le comprendre ; mais pas un chrétien."

Un homme politique ? Emmanuel Macron est à la Une de la croix, pour son discours donné hier au collège des Bernardins devant la conférence des Evêques de France, où, sur les migrants, le président a fait mine de lire chez le pape un éloge de la prudence... Mais la Croix ne s'en offusque pas et se réjouit d'une invitation... 

"Macron attend les catholiques en politiques"; le pape veut des sains, le président des militants ou des français engagés, ce serait presque la même chose ? 

Il est intéressant de voir la Croix être plus républicain que papiste en choisissant Macron pour sa Une et non pas François, et en se réjouissant que le Président célèbre la "sève catholique"... 

Intéressant aussi qu'aux Bernardins, face au Président, on autant parlé bioéthique que migrants, comme si le pape n'avait absolument été lu, même par les siens, tout au bonheur d'être reconnus? 

Mais la Croix rend un vrai service, qui publie dans son édition papier de longs extraits de l'exhortation papale, et son intégralité sur son site internet, et  aussi,  l'intégralité du discours présidentiel, qui provoque des remous, pour l'instant sur les réseaux sociaux, pour cette idée de "réparation" des liens entre l'église et l'état? 

Il faut lire soigneusement tous les textes  car les hommes parlent et écrivent pour être lus, si nous devons les résumer... Notre part, journalistes, de sainteté...

Si la sainteté est une vertu civique... Dans l'Echo républicain, une vingtaine de saints à leur manière ont fait grève pour un petit garçon sourd. Il s'appelle Junior, il a 11 ans, son papa Raymond doit retourner au Cameroun, sous le coup d'une obligation de quitter le territoire... Et des salariés de l’institut régional des sourds de Saint-Jean-de-la-Ruelle, sont venus le soutenir au tribunal administratif.

Dans la dépêche, on lit que le super U de Trèbes où un terroriste répandit la mort va rouvrir jeudi, et ses employés blessés ne sont pas des saints, ils recommencent à vivre, il n'y a pas d’autre choix. 

La bataille de Notre Dame des Landes pour finir...

Et l'on rend à César ce qui lui appartient, et Emmanuel Macron est ici le chef de guerre et de communication d'un Etat qui « affirme son autorité », c'est la Une du Figaro... On lie dans les journaux l'offensive médiatique du Président à la reconquête de l'ex-Zad, une affirmation de soi et de force... Le Figaro ranime des mots de la correspondance de guerre ! "Au premier jour de l'opération, les récalcitrants ont été mis en défaite"...  Les récalcitrants, joli nom pour ceux que l'Opinion appelle "enragés" ou "ultras", mais dont il faudrait juguler la radicalité en retrouvant, notamment, le dialogue avec les syndicats... Oui, c'est une critique envers le pouvoir, d'un journal libre et libéral... 

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