L'Etat français doit plus de 6 milliards à des contribuables floués, le Figaro, mais va baisser les impôts des ménages de 14 milliards, les Echos. Nos glaciers fondent, le Monde, le Figaro, l'immigration se fond par les prénoms, le Parisien, le Figaro, le Monde... Le cyclisme amateur breton s'étiole, le Télégramme.

On parle d'une icône mondiale...

Qui est une enfant venue nous alerter sur la catastrophe écologique et qu'un philosophe français exécute dans une tribune du Figaro, elle est Greta Thunberg, cette adolescente suédoise qui a déclenché les grèves de la jeunEsse pour le climat et qui harangue les grands de ce monde, il est Pascal Bruckner, qui voit dans la jeune fille l’incarnation d'une dangereuse « propagande de l'infantilisme climatique», et plus encore, « une duperie » et le sévère Bruckner reproche à l'adolescente son visage « terriblement angoissant », et l'accuse d'afficher son asperger « comme un titre de noblesse »...

Ce texte frappe par l'agressivité supplémentaire que justifierait l'autisme de la jeune fille; elle en parle d'ailleurs, vous pouvez le lire sur Reporterre ou sur le Huffington post, non pas comme d'une décoration mais comme d'une souffrance qui lui a donné une force pour s'engager ensuite, un don... Ce n'est pas une noblesse de privilège. 

Mais le plus étonnant est ici. L'article Bruckner ne vient pas seul, et il est littéralement décalqué d'un petit texte du magazine Elle la semaine dernière, il est aussi  cousin d'un autre vitriol du magazine Causeur, dont un journaliste est allé moquer la la jeune femme, « une petite fille éteinte, sans passion, manipulée par des gens inquiétants ». 

Bruckner a lu Elle, sans doute Causeur, et se dessine un parti de la mauvaise humeur, qu'entre eux ses membres doivent appeler lucidité, et qui n'est pas seulement l'apanage du camp réactionnaire. En février sur Reporterre, l'ancienne député écologiste Isabelle Attard, affirmait que Thunberg était utilisée par un start-upper et était le faux nez du capitalisme repeint en vert... 

Bref. A leurs scrupules ou leurs passions, les tenants de la mauvaise humeur manquent quelque chose. A quelque page de Bruckner dans le même Figaro, qui comme souvent dément par son travail la passion de ses pages Opinion, vous lirez que nos glaciers disparaissent, plus vite encore que prévu, le Monde en faisait sa une hier après midi... Et qu'importe l’anti-jeunisme d''un philosophe... Le journalisme pèse plus qu'une opinion...

ce constat se vérifie encore quand le Monde et le Figaro, encore eux, et le Parisien, très clair, rendent compte d'une étude de l'INED sur les prénoms que l'on donne dans les familles issues de l'immigration, sujet fantasmatique pour ceux qui redoutent notre disparition qu'attesterait la montée des prénoms arabo-musulmans… Et bien ça va. On quitte toujours, dans les familles immigrées, les prénoms des origines pour des patronymes qui glissent dans le consensus... Le glissement s'est fait en deux générations dans les familles maghrébines et les Ianis ou Rayan, qui sonne aussi bien irlandais que méditerranéen, ou les Ines, attestent d'une France de son époque, comme les enfants de Zinedine Zidane Théo ou Enzo... Le reste appartient à l'intime.

On parle aussi de milliards ce matin... 

6.3 milliards que l'Etat a perdus, un chiffre plus grand que nous, qui fait la une du site du Figaro, c'est la somme des contentieux fiscaux de masse, intérêt et principal, que les finances publiques doivent rétrocéder à des contribuables floués, jusqu'en 2022. Est-ce l'ambiance identitaire? Ce chiffre est une blessure qu'un bion citoyen peut ressentir, car notre Etat prestigieux paye pour ses bêtises, on parle ici de prélèvements que nos gouvernements avaient mis en place, et qui ont été retoqués, notamment par la Cour de justice européenne... Car un Etat n'est pas au-dessus des lois...

Et ici le Figaro donne des exemples.

Les 6,3 milliards correspondent notamment à des remboursements dus aux OPCVM étrangers, et d’autres au titre du contentieux Messer… En traduction partielle. Les OPCVM, ce sont les organismes de placement collectif en valeurs mobilières non-résidents ( les fonds de pension américains et européens) leurs dividendes étaient ponctionnés à la source entre 1978 et 2012, il ne fallait pas. Le contentieux Messer est baptisé du nom d'une entreprise qui avait demandé le remboursement de sa Contribution au service public de l'électricité... 

Vous trouverez des détails en quelques clics sur le web, et ce n'est pas indifférent qu'un grand journal ne dissipe pas cette sensation de lire une langue étrangère quand on parle très gros sous  et budget de l'Etat, NOS GROS SOUS. Mais reste une sensation de légère incompétence de nos administrations. Deux députés ont fustigé la mauvaise gestion par l'Etat des contentieux de masse... Trois agents avaient dû traiter 55.000 réclamations liées au contentieux Messer... Ils n’avaient eu d’autre choix que de stocker les dossiers dans un entrepôt.

Et ceci fait désordre quand le gouvernement programme au moins 14 milliards d'euros de baisses d'impôts pour les ménages disent les Echo, qui déflorent aussi mais moins méchamment que le figaro qui a la même source, le programme de stabilité qui sera dévoilé aujourd'hui. 

Dans l'Humanité et les Echos encore on nous raconte le référendum auquel les oppositions veulent soumettre la privatisation des aéroports de paris...

Le Un justement, sort un numéro consacré à la "grande braderie, comprenez ces privatisations qui ne remettent pas la souveraineté nationale en jeu, mais elles angoissent, et attisent notre sentiment de perte car nous nous nous souvenons de Colbert, l’Etat est un fantôme que l'on contemple avec nostalgie...

Et la nostalgie est le sentiment du jour...

Comme si l'identité blessée se glissait dans tous les replis d'une nation et de sa presse,  et on est à peine surpris de lire dans l'Ardennais que le rassemblement national est en campagne contre les éoliennes, au nom des paysages... On est plus surpris de lire dans le courrier Picard que le prefet de la somme s'oppose à un projet d’éoliennes qui serait trop proches d'un monument de la grande guerre... 

Je lis cela dit, dans nos journaux de bonnes raisons de regretter le passé; c'est dans le Télégramme, qui me parle d'une vérité bretonne mise à mal ces temps ci, le cyclisme amateur breton s'étiole, moins de coureurs, moins de courses, les critériums s'en vont, et de ceci, pour qui a connu la Bretagne du vélo, on ne se guérit pas. 

Il reste pourtant des permanences. La Provence consacre son éditorial à ces français qui passent trois semaine par an au total dans leur voiture parce qu'ils n'ont d'autre choix pour aller au travail.  « Trois semaine a se trimballer Nicolas Demorand en pleine interview sur la banquette arrière et à la place du mort Augustin Trapenard avec son boomerang ». Encore en voiture à l’heure de Trapenard? Il y avait des bouchons confrères!

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