(Nicolas Demorand : "Un an après la crise, les Etats européens sont victimes de l'effet retard : déficits à tous les étages")... "Quand j'étais jeune, je pensais que l'argent était la chose la plus importante. Maintenant que je suis vieux, j'en suis sûr"... Les banquiers de Londres vont pouvoir méditer cette citation d'Oscar Wilde. Ils ont sans doute renversé leur pinte de bière, hier, en entendant le discours du ministre des Finances Alistair Darling. Révolution au pays de Margaret Thatcher et des chapeaux-melons de la City. Les gros bonus vont être taxés à 50%. Mesure provisoire, du 1er janvier au 5 avril prochain. Elle concerne les primes de plus de 27000 €. 20000 banquiers seraient concernés. Les Echos et Libération en parlent ce matin... Alors, que se passe-t-il à Londres ? Eh bien, à Londres, on n'a plus de sous. Et le ministre des Finances fait entrer un peu d'argent dans les caisses. Il va également réduire les salaires des hauts fonctionnaires et augmenter le taux marginal de l'impôt sur les plus hauts revenus. Alors on se dit qu'avec de telles mesures, Alistair ne va pas longtemps se faire appeler Darling. De fait, le secteur financier britannique sort les arguments les plus dévastateurs : "la fiscalité, chez nous, devient aussi peu prévisible que celle de pays comme la France". C'est l'argument qui tue, mais tout le monde ne le suit pas forcément. Le Financial Times, dont la ligne éditoriale n'est pas spécialement le marxisme orthodoxe, applaudit la taxation des bonus. "Les profits actuels des banques, écrit le quotidien de la City, renvoient moins aux talents de leurs salariés qu'à des subventions implicites des gouvernements qui ne souhaitent pas les voir défaillir". "Messieurs les Anglais, tirez les premiers"... C'est l'éditorial de Bruno Théveny, dans Le Journal de la Haute-Marne. "Pour l'heure, écrit-il, cette taxe est temporaire. Mais les Anglais ont encore une fois quelques longueurs d'avance"... édito publié alors que les relations entre Paris et Londres traversent une phase difficile : les Anglais n'ont pas aimé les leçons de régulation que Nicolas Sarkozy leur a adressées il y a quelques jours. Il y a de gros trous dans les finances publiques britanniques... mais c'est encore pire en Grèce. "Et si la Grèce faisait faillite ?", se demande ce matin Libération. L'endettement d'Athènes affole les marchés. Et pour La Tribune, c'est la zone euro qui est mise à l'épreuve. Car l'Espagne, elle aussi, est placée sous surveillance. On le voit un peu plus d'un an après l'éclatement de la crise. La bombe a un effet retard. En Espagne, le climat est délétère. Le Figaro rappelle que les affaires de corruption liées au marché de l'immobilier se multiplient : plus de 700 élus sont mis en examen. Alors, dans cette Europe qui peine à sortir de la crise, qui sont les meilleurs dirigeants ? La Tribune a posé la question à un jury de journalistes de tout le continent. C'est le Premier ministre suédois, actuel président de l'Europe, qui arrive en tête. Il succède donc à Nicolas Sarkozy, qui glisse à la 9ème place. En détail, le Président français se classe 2ème pour le sens du leadership, mais 21ème sur 27 pour l'esprit d'équipe. Verdict du jury : ses actes ne sont pas à la hauteur de ses paroles. Jury cruel également pour le Britannique Gordon Brown : 21ème. Sa cote baisse si vite qu'on a du mal à suivre. Quant à Berlusconi, dernier dans presque toutes les catégories, il n'arrête pas de désespérer l'Europe. (ND : "L'Europe qui, elle aussi, s'interroge sur son identité")... D'abord, anecdote à la Une du Figaro... La pizza napolitaine vient d'obtenir l'équivalent de l'appellation d'origine contrôlée au niveau européen. Il y a désormais des critères extrêmement précis pour une vraie pizza napolitaine : 35 cm de diamètre maximum, cuisson au feu de bois, 485° pendant 1 minute 30. Vous savez que la pizza de Naples, c'est un morceau du drapeau italien puisqu'elle reprend ses couleurs : le vert du basilic, le blanc de la mozarella (de bufflonne, et pas une autre) et le rouge des tomates, qu'il faut peler à cru. Plus sérieusement, Courrier International s'interroge sur la place de l'islam en Europe. Le vote des Suisses sur les minarets fait parler dans tous les pays. Revue de presse dans Courrier... Le Süddeutsche Zeitung est scandalisé... "Le message que l'on adresse aux musulmans, c'est qu'ils doivent être invisibles". Et le journal de Munich rappelle que l'Union européenne comptera un jour ou l'autre des pays où la communauté musulmane est très importante : Bosnie, Kosovo ou Macédoine. Pour The Guardian, "si le référendum suisse était organisé ailleurs en Europe, il donnerait sûrement des résultats similaires". Et, selon le journal britannique, "si une partie des Européens ont une peur irrationnelle de l'islam, c'est parce qu'ils doutent d'eux-mêmes. Entre le capitalisme mondial, l'intégration européenne, la stigmatisation de l'idée de nation après les deux guerres mondiales et la perte généralisée de la foi religieuse, les Européens sont beaucoup plus libres qu'avant, mais aussi plongés dans le désarroi, la peur et le ressentiment". El Pais, à Madrid, rappelle que "les conflits se multiplient autour de la construction de mosquées : à Séville, Cologne, Copenhague, Londres ou Rotterdam". Un journaliste du Star, à Istanbul, a un autre point de vue... "Le vote des Suisses a été très critiqué en Turquie, mais l'Etat refuse beaucoup de droits aux non-musulmans". Titre de l'article : "Les Turcs sont aussi bornés que les Suisses". Religion et politique... Encore un écho... On sort de l'Europe. Dans Le Figaro, Adrien Jaulmes raconte la dernière polémique en Israël... Le ministre de la Justice a déclenché un tollé en déclarant que la Torah devait progressivement remplacer la loi israélienne. Autrefois très minoritaires, les partis religieux sont devenus des acteurs-clé de la vie politique en Israël. (ND : "Quelques brèves glanées dans la presse")... Une enseignante, malmenée par ses élèves sur Facebook, porte plainte. Les collégiens qui appelaient à son départ ont été exclus temporairement de l'établissement. C'est à lire dans La Provence. Deux petites révolutions dans le monde médical... A partir de l'année prochaine, un palmarès des hôpitaux sera régulièrement rendu public. Ils devront afficher dix indicateurs de qualité des soins : lutte contre les infections nosocomiales, évaluation de la douleur et bonne tenue du dossier des patients notamment. Il en est question dans Le Figaro et La Tribune. Quant aux médecins généralistes, ils sont de plus en plus nombreux à accepter d'être payés à la performance. La Sécu a proposé un contrat à un peu plus de 40000 d'entre eux. Près de 13000 ont accepté. S'ils encouragent leurs patients à prendre des médicaments génériques ou à se faire dépister contre certaines maladies, ils reçoivent une prime. Au-delà de ça, ce qui est en jeu, c'est le paiement des médecins au forfait, et non plus à l'acte. C'est à lire dans Le Monde et Les Echos. (ND : "Echos de la vie politique")... Quand Nicolas Sarkozy se défoule... Le Parisien-Aujourd'hui évoque un meeting mardi dans le Bas-Rhin. Devant des militants UMP, le Président s'est notamment lâché sur le PS : "Une formation politique qui a des talents pareils, a-t-il lancé, et qui choisit Martine Aubry ou Ségolène Royal". A propos de l'ouverture, il explique qu'il a voulu être le directeur des ressources humaines qui manque au PS. Toutes les précautions avaient été prises pour que les propos ne soient pas ébruités : les journalistes avaient été interdits à l'entrée. Mais une vidéo s'est tout de même retrouvée sur le site LePost.fr. Vous l'avez peut-être entendue dans le journal de 7 heures, ce matin, sur France Inter. Et puis, selon Le Parisien encore, toujours mardi, le Président a profité d'une remise de Légion d'Honneur, à laquelle assistait Marc-Olivier Fogiel, pour régler ses comptes avec l'animateur. Le chef de l'Etat n'a pas apprécié une interview de son épouse sur Europe 1, dans laquelle Fogiel demandait à Carla Sarkozy si elle aurait épousé Nicolas s'il n'était pas Président de la République. Le PS va peut-être encore parler de "dérapage". Mais "ce PS, prompt à donner des leçons de morale", Paul-Henri du Limbert l'épingle dans son éditorial du Figaro, à propos du cas Georges Frêche. "Quand les Suisses votent contre les minarets, écrit l'éditorialiste, le PS s'indigne. Mais quand les militants votent en faveur de Georges Frêche, l'homme qui traite les Harkis de 'sous-hommes' et juge que l'équipe de France de foot compte trop de Noirs, le PS prend acte. C'est ce qui s'appelle avoir l'indignation sélective. Ce fâcheux épisode relativise la portée des cours de morale quotidiens professés par les responsables socialistes". (ND : "Et pour finir, Bruno, nos anciens sont encore verts")... Beaucoup d'articles, depuis quelque temps, sur les rapports entre les générations, en ces temps de crise, et ce que les plus âgés peuvent apporter à la société. Dans Le Nouvel Observateur, autre sujet... C'est intitulé : "Ciel ! Grand-mère couche". Ceux que l'hebdomadaire appelle "les nouveaux octogénaires" ne renoncent pas à l'amour, dans le coeur et dans le lit. Cécile Desfontaines et Elodie Lepage nous présentent Madeleine, 80 ans, qui prend l'avion pour Boston pour retrouver Louis, 80 ans. Reine, 92 ans, peste contre son veuvage : "J'aimerais bien retrouver un ami". Et puis Marie, 81 ans, qui s'est inscrite sur Meetic après une rupture avec Dominique, un gamin inconséquent de moins de 70 ans. Témoignage d'un médecin : 20% des personnes âgées ont besoin d'une sexualité régulière, et 50% d'une sexualité tranquille. Mais au-delà de ces chiffres, ces candidats à l'amour avancent d'abord l'envie de retrouver le cocon du couple : le plaisir de cuisiner pour quelqu'un, et de pouvoir s'épauler en cas de maladie. Thérèse, inscrite sur Meetic elle aussi, se méfie des gros lourds : "Je voudrais un homme entre 70 et 75 ans, pour aller en balade, ou dans les cinés et les bistrots, mais sans qu'il me fasse du pied, du coude ou de la cuisse". Ils ont bien raison, nos anciens. Mais Le Nouvel Obs relève que leur liberté choque les plus jeunes. Dans les maisons de retraite, le personnel médical peut aller jusqu'à empêcher un monsieur d'aller dans la chambre d'une dame. Les familles sont déconcertées. Autrefois, grand-père jouait à la crapette. Aujourd'hui, il fait des crapuleries... Bonne journée...

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