Une Vénus de Milo noire et éventrée, dont l'auteur parle dans l'Humanité, témoigne au Palais de Chaillot pour les 70 ans de la déclaration universelle des droits de l'homme, "triste anniversaire", Le Monde, car partout les défenseurs des droits humains sont menacés, dit le rapporteur général de l'ONU dans Mediapart.

Un anniversaire pour commencer...

Et ce "triste anniversaire", le titre est du Monde, raconte notre chute. La déclaration universelle des droits de l'homme fut adopté le 10 décembre 1948 au Palais de Chaillot à Paris, et pour la célébrer, une statue géante d'un artiste congolais y sera installée, elle s'appelle la porteuse de vies, une Vénus de Milo noire et éventrée qui tient un livre du bout de son seul bras, décrit l'Humanité qui interroge son auteur, Freddy Tsimba, artiste congolais qui utilise pour matériau des machettes ou des douilles des balles des guerres de son pays, "une façon de recréer la vie..."  Belle espérance, mais faut-il espérer, Pierre Haski l'évoquait, quand la déclaration, "le texte le plus progressiste et le plus universel de l'histoire de l'humanité", dit le Monde, témoigne à 70 ans d'une utopie passée.  Dans La Croix, le philosophe Marc Crépon, parle d'un "déficit d'attachement" dont souffrent les droits humains, "les libertés ne sont plus une priorité absolue dans les motivations des électeurs, aucun pays n'est à l'abri de l'émergence d'un régime tyrannique", et il dit ceci tranquillement; Crépon, responsable de la Philosophie à l'Ecole normale supérieure, dans un journal qui refuse l'outrance. On voit des militants dans la Croix, engagés pour les pauvres, pour la nature et pour les migrants, qui s'en soucie? 

"Partout dans le monde, les défenseur.e.s des droits de l'homme sont taxé.e.s de « terroristes », de « fauteurs de trouble », « d’agents de l’étranger »" parole de Michel Forst, rapporteur général de l'ONU sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, qui livre une tribune à Mediapart. "La situation n’a jamais été aussi grave. Entre 2015 et 2017 au moins 1 019 défenseur.e.s des droits humain ont été tué.e.s dans le monde." Et le rapporteur, choquera-t-il ou va -t-il nous ébranler, met sur le même plan Julian Carrillo, assassiné au Mexique parce qu'il défendait les terres des indiens Raramuri, et ces défenseurs de migrants poursuivis en justice, en Espagne ou en France, tous militants qui dérangent.  Est-il audible, Michel Forst, uand la charte de l'ONU sur les migrations, on lit cela dans le Figaro, le Parisien le Monde, divise les européens et fracture la coalition  en Belgique... Mais nos politiques restrictives, dit l'Opinion, journal précieux, fabriquent des clandestins, pas simplement chez nous mais en Afrique.  "L’humain est né pour bouger. En bougeant, il apprend, il partage les connaissances. Je souhaite que tous ceux qui le désirent bougent" dit Freddy Tsimba dans l'Humanité, le sculpteur dont la Venus de Milo au corps troué, au palais de Chaillot, témoigne de l'utopie .   

On attend Emmanuel Macron dans les journaux.

Et l'attente ne sied pas à la presse, qui ose à peine spéculer, "ce que prépare Macron pour sortir de la crise", les Echos, et trompe l'incertitude dans l'admonestation, "Manu entends-tu" siffle Libération, "ce qu'il doit changer" dit le Parisien. On juge ce chef de l'Etat, fut-ce d'un bon mot. "Emmanuel Macron a un problème de fin de moi", sans S, coup de stylet à l'ego dans un éditorial du Figaro. Annie Ernaux parle dans Libération du "sentiment d'être méprisé" des classes populaires qu'attiserait "la déconnection du réel" d'Emmanuel macron et "son inconscient de classe". Les critiques se ressemblent, certaines sont malignes: dans Sud Ouest, Bruno Dive se souvient que le président fut sifflé il y a un an, à la Madeleine, lors des obsèques de Johnny... Tout était déjà là?   

S'il reste un pondéré, le voici! Eric le Boucher, dans l'Opinion, assure que la politique d'Emmanuel Macron est déjà sociale car "la compétitivité et l'amélioration des compétences" porteront leurs fruits... Mais dans la méconnaissance économique, on ne veut pas le voir et le Boucher l'affirme, nous vivons une ère d'infantilisme, "une fougue enfantine tournée vers le passé", le mot est de Lénine, qui, Le Boucher l'affirme, n'aurait pas aimé "ces petits bourgeois gauchistes" que sont les gilets jaunes.  Le Boucher est fin, son verbe n'englobe pas tout. Les DNA titrent sur des gilets jaunes qui sur un barrage, ont organisé un marché de Noel, sont-ils des bourgeois?  Sud Ouest consacre sa Une à Bordeaux "en état de choc", car la ville d'Alain Juppé fut ravagée par l'émeute samedi, et cette une, quand on la compare aux articles qui dans les journaux nationaux, saluent l'action des forces de l'ordre à Paris, fait toucher une fracture qui n'est pas simplement macronienne.     C'est la grâce des journaux de faire penser autrement, il suffit de les lire. Le Figaro et la Voix du Nord, sur leurs sites internet, racontent le travail d'un journaliste spécialiste du maintien de l'ordre, David Dufresne, qui rassemble sur son compte twitter les abus des forces de l'ordre face aux gilets jaunes, et interpelle le compte du ministère de l'Intérieur. Notez cela. La Voix du Nord et le Figaro semblent seuls à raconter Dufresne, c'est leur mérite, et notez aussi: c'est sur internet qu'ils le font, l'édition papier du Figaro n'est que sécuritaire où le philosophe Pascal Bruckner parle des "barbares"...   Internet n'est pas seulement ce lieu de la manipulation, c'est aussi le medium que le Figaro choisit pour raconter un confrère qui se bat, un peu seul, pour les droits humains...   

La violence n'est pas seulement politique ce matin... 

Et c'est j'en conviens une méchante façon d'aborder la semaine, mais comment l'éviter.   Voici donc deux expressions de l'abandon. Dans le Télégramme, un musicien de Brest, Juanito Fuentes né en Espagne et joueur de flamenco, il revenait d'un concert le 25 novembre dernier par la voie express quand près de Quimperlé, quelqu'un a jeté sur son véhicule une pierre de 10 kg qui a traversé le pare-brise avant de lui casser le bras. « J’ai réussi à garder le contrôle de mon véhicule et à prendre la sortie, où des gilets jaunes et gendarmes me sont venus en aide.." Gilets jaunes et gendarmes ensemble, l'aurions-nous cru...  

Dans le Progrès, le procès de Julien et Laurena, un couple d'amoureux, 27 ans et 19 ans, qui à Sury le Comtal, dans la Loire, le 27 novembre, ont pris en chasse en voiture un groupe de jeunes, qui leur faisait peur, Laurena dont la maman est bipolaire et qui s'occupe de ses frères et soeurs est sortie avec un poignard de chasse de 18 centimètres, elle le garde toujours sur elle. Ils ont pris du sursis, la présidente du tribunal, Mme Arbault, a dit ceci, "on se demande dans quel monde on vit. »

IMPORTANT Freddy Tsimba est aussi dans La Croix, que je n'ai citéE à l'antenne que pour son dossier engagé et militant sur les droits humains, mais qui n'oublie pas ce que l'art nous apporte!

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