Dans les grèves, les Ecchos se réjouissent, puisque les blocages vont nous amener à la modernité du télétravail. Une maman attaque les médecins qui en le ressuscitant à sa naissance ont condamné son fils à une vie de lourd handicap, le Dauphiné. En Hongrie, le pouvoir attaque la liberté des théâtres, le Monde.

On parle d'un berger...

Qui avait des pâtres la longue chevelure blanche et qui vivait  là-haut vers Saint-Martin Vésubie, dans une maison sans eau ni électricité, il touchait pour cette retraite dont nous parlons tant 270 euros chaque mois et vivait de l'amitié des voisins auxquels il offrait des herbes de la sauge,  il invitait ceux qu'il aimait à un plat de moule aux châtaignes,..; il nous rejoignait parfois vêtu d'un maillot rouge et noir, il chaussait des skis et enfourchait son vélo, oui, les deux ensemble, et dévalait des routes pour faire le spectacle dans un stade qui porte le nom d'une compagnie d'assurance, à l'Allianz Arena, Paul Capietto était le plus célèbre des supporters du club de football de l'OGC Nice, le berger du Gym qui pouvait regarder un match perché sur un arbre, ou escalader nu le tableau d'affichage pour une victoire, et qui savait aussi, sur le parvis du stade, disserter de Jean Moulin et de Garibaldi. Paul capietto resplendit à la une de Nice matin, on l'a retrouvé mort dans son lit, il est parti au chaud.

Et voilà donc un destin d'absolue liberté, en ce nouveau jour où des journaux nous disent prisonniers des grèves du grand blocage le figaro, réduits à la débrouille, le Parisien. Et pourtant une liberté existerait et ce matin les Echos exultent. Nous sommes en train de vivre, l'an un d'une révolution, promet Jean-Marc Vittorui dans un texte futuriste, par la grâce des grèves, la France va enfin se donner au travail à domicile, le télétravail, 2 millions de personnes aujourd'hui mais dix millions dans dix ans, promis , par l'intransigeance de Monsieur Martinez qui bloque a réforme à la Une de l'Humanité, nos entreprises vont écouter enfin les experts, Harvard, Stanford, ceux qui nous disent le salarié heureux efficace en son décor familier... Et l'on m'invite alors, dans les Echos, au thé fumant que savoure Hélène chez elle à l'heure de la connexion, qui travaille pour une société de conseil et d'ingénierie full remote.. et dans l'Union, au café fraichement moulu dans sa propre cafetière que s'accorder Arthur, cadre d'une mutuelle agricole, qui ne fait plus le trajet de Bezannes  près de Reims à Bobigny, il fait son lit avant de se connecter, y gagne du temps, va-t-il prendre le pli?

Est-ce la vérité que cette rationalité confiante de boissons chaudes? Mais je lis aussi dans les Echos, bon journal, que des entreprises se méfient de la liberté du travailleur chez lui et préfèrent le voir pointer dans des espaces de coworking, pas chez soi, mais plus près. Pour d'autres français, la liberté se mesure. Libération partie en colère française  a rencontré Sylvie à Périgueux qui au marché discute du prix des oeufs qui sont à 3 euros 80 la douzaine, « et oui, voilà de quoi on discute Monsieur Macron, chaque jour je dois me priver, ce n'est pas la vie que j'avais imaginée »...

On parle aussi de Narbonne.

Narbonne où il y a un an sur un péage d'autoroute se répandait une haine  que l'on juge depuis hier au tribunal de la ville, le procès de l'attaque et de l'incendie des locaux de Vinci et d’un peloton de gendarmerie dans le sillage des gilets jaunes. On a entendu hier des pilleurs d'occasions venus au hasard, attirés par les flammes qu’on voyait sur les réseaux sociaux,  l’un a ramassé des outils qu'il n'aurait jamais pu acheter, l’autre une boite de Playmobil qui était destinée au Noel d'un enfant d'un employé de l'autoroute. Un an après, la guerre a figure petitement humaine dans ce tribunal et dans l'indépendant... Le parisien raconte les projets de guérilla urbaine que concoctaient blacks blocks et gilets jaunes radicalisés à Bordeaux...

Dans les DNA des policiers racontent l'attentat qui il y a un an juste endeuillait Strasbourg, ce sentiment qui les animait de défendre leur propre ville, quand ils avançaient dans la foule où des passants buvaient aux échoppes à cinquante mètre du tueur et puis le sentiment de victoire quand trois jours plus tard le terroriste fut abattu.. « En tant que policier, on a tous en nous cette volonté de défendre la liberté… »

la Liberté, encore, notre seul sujet. A la une du dauphiné libéré, un grand jeune homme à l'air un peu perdu est penché sur sa maman souriante. Il s'appelle Jack. Il est mort avant de naitre, le coeur arrêté, le cou serré par le cordon ombilical, c'était t le 21 mars 2001 à 18 h 28, à la clinique Belledonne de Grenoble où sa maman Carrie-Jean accouchait par césarienne au son de Sugar Pie Honey Bunch , la musique s'arrêta, le bébé était mort, mais après 17 minutes de massages et d'effort, il revint à la vie. jack vit, il est adulte, pas un légume mais lourdement handicapé, il se déplace en fauteuil presque sourd, ne parlant pas, ne communiquant qu'avec sa mère  dans une langue des signes qu'eux seuls peuvent entendre, « Jack a la joie de vivre, mais ne connaît pas le bonheur », dit Carrie-Jean, elle attaque en justice les médecins qui ont imposé la vie à son fils...

On parle enfin  de théâtre...

Qui éclaire le temps et anime nos villes. La Provence me dit Dominique Bluzet qui veut faire vivre la populaire Canebière à partir de ses théâtres Gymnase, des Bernardines, du Jeu de Paume, et du Grand Théâtre de Provence. Les DNA encore me donnent l'envie d'un Ennemi du peuple monté au TNS qui semble prophétiser nos temps. L'Union encore m'invite à la comédie de Reims aux aux vers d'Iphighénie..

En Hongrie, où gouverne l'homme fort Monsieur Orban, le gouvernement veut contrôler les théâtres, trop libres, et les créateurs protestent et s'exile, mais dans les arguments que se donne le pouvoir, les amis de Monsieur Orban accusent un grand théâtre progressiste d'avoir couvert les agressions sexuelles d'un grand metteur en scène septuagénaire, et ce petit papier du monde est en soi un chef d'oeuvre d'ironie amère.

En Italie un cousin politique de Monsieur Orban, un autre populiste homme fort d'ordre, illustre une nouvelle fois l'idiotie qui s'attache à ses pas, l'opinion nous raconte. Monsieur Salvini amateur de Nutella, a proclamé qu'il boycotterait la pâte délicieuse, puisqu'elle était fabriquée avec des noisettes venues de Turquie. Oui mais la production de noisettes italiennes est insuffisante, voilà pourquoi lui a t on expliqué. Salvini a fait un selfie au supermarché devant le Nutella.

Lavez vous de Salvini en lisant dans le Figaro le centenaire du Goncourt de Monsieur Proust, qui l'obtint le 10 décembre 1919 pour ses jeunes filles en fleur, Monsieur Proust qui fit campagne lis-je, d'influences et d’invitation, mais quand on lui donna le prix, il dormait encore. Cet homme n'avait pas besoin d'ordinateur pour rester confortable chez lui

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