Patrick Cohen : A la Une ce matin : affaires de famille... Bruno Duvic : Dans "Le parrain" de Coppola, la chute du clan se jouait sur les marches d'un opéra... Pour les Corleone de Carthage, tout s'est noué au pied d'un avion. Après Christophe Ayad, samedi dernier dans Libération, Sara Daniel dans Le Nouvel-Observateur, fournit de nouveaux détails extrêmement précis sur les dernières minutes de Ben Ali en Tunisie. Nous sommes donc le vendredi 14 janvier, à 17h, et voici, presque intégralement, les premières lignes de l'enquête de Sara Daniel : "Il refuse de monter dans l'avion. Sur le tarmac de l'aéroport de Tunis, il résiste, se tord les mains, serre sa petite mallette noire, son seul bagage... "Laissez-moi, je ne veux pas y aller !... Je veux mourir ici". On l'a pressé de monter dans une voiture, sans même lui laisser le temps de prendre une veste, alors il frissonne dans sa chemise bleue, il gémit, hagard". "Mais bordel de dieu, tu vas monter !"... L'homme qui bouscule le dictateur est le chef de sa police politique, Ali Seriati. Il a convaincu Ben Ali de partir, mais en lui jurant que ce n'était que temporaire. Il part comme de Gaulle à Baden Baden en 68, pour mieux revenir. Seriati oblige Ben Ali à gravir les marches en jurant. Mais ce n'est rien à côté de l'humiliation publique que lui inflige sa femme, Leïla : "Monte imbécile !... Toute ma vie, il aura fallu que je supporte tes conneries !" L'avion décolle, le pilote lui-même ne sait pas où il va. L'état-major de l'armée lui communique le plan de vol au fur-et-à-mesure. Toutes les dix minutes, Ben Ali va le voir dans le cockpit : "Mon fils, n'est-ce pas que tu vas me ramener en Tunisie après ?". Le pilote est ému, il préfère mentir : "Mais bien sûr, Monsieur le Président". Dans cette enquête, Sara Daniel prête à Leïla Ben Ali le rêve d'avoir voulu remplacer son mari et devenir régente. Conclusion de l'article : "Le rêve de Leïla est devenu un cauchemar qui a pris le visage d'un vieux despote aux cheveux teints dont il lui faut à jamais partager l'exil". Patrick Cohen : Toujours à propos de la Tunisie, ces révélations du Monde... Bruno Duvic : Oui, pour Michèle Alliot-Marie, quand ça ne veut pas, ça ne veut pas ! Isabelle Mandraud raconte les ennuis qu'elle a causés, bien involontairement, au nouveau ministre des Affaires étrangères tunisien. Il avait réservé sa première visite à l'étranger à la France. Et le 4 février, il avait tressé des lauriers à son homologue : "Parler à côté de Michèle Alliot-Marie, c'est pour moi un honneur", avait-il déclaré entre autres gentillesses. Le comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie dénonce ces courbettes dignes d'une dictature bananière. Les fonctionnaires de son ministère se sont mis en grève et demandent sa démission. Patrick Cohen : Affaires de famille... suite : les époux Strauss-Kahn... Bruno Duvic : C'est par l'intermédiaire de sa femme que Dominique Strauss-Kahn fait un pas de plus vers la candidature au Primaires... Dans Le Point, Anne Sinclair dit donc ne pas souhaiter que son mari fasse un second mandat à la tête du FMI. "Message reçu 7 sur 7" ironise Bruno Théveny dans Le Journal de la Haute-Marne. Et Bruno Dive, dans Sud-Ouest, salue l'habileté de DSK : "Puisqu'il ne peut pas parler, il envoie donc sa femme et personne ne peut imaginer qu'elle se soit exprimer sans son aval". Mais cette quasi candidature par procuration suscite plutôt de l'ironie... Ironie chez ce proche de François Hollande, Bruno Le Roux. Libération lui demande une réaction. Réponse : "Attendez, je vais demander à ma femme". "Madame Strauss cancane !" titre pour sa part Jacques Camus dans La République du Centre. Pour Camus, "toutes ces circonvolutions risquent au final de décrédibiliser son engagement". Conclusion à Paul-Henri du Limbert dans Le Figaro : "Au-delà des jeux de piste, il y a une réalité finalement assez banale : Dominique Strauss-Kahn veut devenir Président de la République... comme d'autres !" Patrick Cohen : Et le match DSK/Sarkozy a déjà commencé... Bruno Duvic : C'est frappant ce matin à la lecture des journaux qui parlent aussi beaucoup de l'émission télévisée du Président de la République ce soir... Objectif : reconquérir l'opinion, et peut-être en priorité, tous les électeurs de 2007 qu'il a déçus. C'est l'un des angles choisi ce matin par Le Parisien : donner la parole à quatre électeurs de droite qui, s'ils devaient voter aujourd'hui, ne choisiraient plus le bulletin Sarkozy. Didier, banquier à la retraite, estime qu'il n'a pas fait le boulot sur le plan fiscal et budgétaire. Tiffany, étudiante, est déçue des promesses non tenues à propos des banlieues. Valérie, chef d'entreprise, trouve que les charges n'ont pas assez baissé et se dit consternée par les excès du gouvernement, notamment les affaires et le dossier des Roms. Enfin, Serge, agent informatique, trouve qu'il a retiré trop de moyens à la Justice, l'Ecole et l'Hôpital. Selon les sensibilités, les quatre voteront Le Pen ou Strauss-Kahn... ou pas du tout. Point commun : ils refusent que la crise serve de prétexte aux promesses non tenues et ils auront du mal à croire à de nouvelles promesses. Ont-ils raison ? En tout cas, trois participants à la précédente émission "Le Président face aux Français", l'an dernier, affirment qu'il n'a pas tenu les engagements qu'il avait contractés devant eux. Toujours dans Le Parisien, Martine, infirmière, attend toujours la visite du chef de l'Etat dans son hôpital d'Argenteuil. Dans La Dépêche du Midi, Sophie, agricultrice, attend toujours le président dans son exploitation. Bernadette, vendeuse dans une moyenne surface, attend toujours qu'il appelle personnellement son patron pour qu'elle puisse faire davantage d'heures sup et gagner plus. Et puis, il y a le dossier de la colère des magistrats... Le malaise ne concerne pas seulement les juges indépendants, mais aussi les magistrats du Parquet. Sur "Rue89", vous pourrez lire une pléiade de témoignages racontant à quel point le pouvoir politique multiplie les pressions sur les procureurs. Patrick Cohen : Quoi d'autre dans la presse, Bruno ? Bruno : Affaires de famille... La famille du foot français retrouve le sourire. 1-0 face au Brésil, hier soir. "C'est de mieux en mieux !" titre L'Equipe. Natixis a caché à ses actionnaires son exposition aux Subprimes... Selon Le Parisien, le juge d'instruction qui enquête sur la chute vertigineuse de l'action Natixis en 2006-2008 possède des documents accablants. Familles royales à la Une de Gala... "Menaces sur le mariage de Williams et Kate"... Une nébuleuse constituée d'anarchistes, d'anticapitalistes et d'activistes de tous poils menacent de semer le désordre dans le pays pour perturber les épousailles. La grande famille des médias... L'hebdomadaire "Challenges" donne le nom des candidats cachés, puis écartés à la tête du Monde : le directeur du Centre de Formation des Journalistes, Christophe Deloire, Hervé Gattegno du Point et Jérôme Bureau de M6. Patrick Cohen : Histoires de familles... suite et fin... Bruno Duvic : On parlait tout à l'heure de la justice... C'est vrai que les mineurs ont des embrouilles de plus en plus jeunes... Prenez Flavien, par exemple, élève du collège Denis-Diderot de Sorgues dans le Vaucluse. Il va passer en conseil de discipline jeudi prochain. Il risque quelques jours d'exclusion, tout ça parce que son père est boulanger. Dans la boulangerie de papa, on vent des sucettes qu'on ne trouve pratiquement nulle part ailleurs. Alors Flavien a eu une idée : en vendre dans la cour de l'école avec un petit bénéfice ! Le Principal n'a pas apprécié son sens des affaires. Commerce illégal dans l'établissement. Trafiquant de sucettes : les juges n'ont pas intérêt à être laxistes, la récidive est quasi certaine !

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