Une question domine la presse ce matin. Il l'est ou il l'est pas ?

Vous vous souvenez peut-être de la chanson de Zanini dans les années 60: "Tu veux ou tu veux pas".Sur le même air on peut chanter "il l'est ou il l'est pas...Candidat. Il s'agit de Nicolas Sarkozy bien sûr. Quasi-candidat titre la Croix. "Mais c'est fait mesdames et messieurs, s'exclame Olivier Picard dans les Dernières nouvelles d'Alsace, c'est fait! On se demande bien pourquoi les rumeurs ont couru toute la journée d'hier sur l'annonce de la candidature du président de la République. Les médias se sont excités comme des fous sur la date, le lieu et même le stade où il pourrait se déclarer. Pour l'editorialiste des DNA, quand on regardera dans le rétroviseur, le petit tour de Nicolas Sarkozy à Fessenheim apparaitra comme le prologue de sa campagne.Le Monde le disait déjà: NS accélere son entrée en campagne. Dès la semaine prochaine ? se demande le Parisien aujourd'hui en France. Le 15 ou le 16 février croit savoir le journal. Selon un ministre cité par le Parisien, "la voiture militante est en route, l'accélérateur à fond, on attend qu'il desserre le frein à main."Dans Libération, cette confidence ironique du Président aux envoyés spéciaux du journal à Fessenheim: Sans moi vous allez vous embeter. Qu'est ce que Libération va devenir ? Et puis un peu plus loin: Mais il va y avoir des surprises. Vous allez devoir me garder encore cinq ans.Allons voir dans le Figaro, généralement bien renseigné sur l'Elysée. D'autant que c'est son interview au Figaro Magazine, non encore paru qui a tout déclenché. Les proches du président ne le cachent plus: le calendrier d'entrée en campagne s'est accéléré nous dit Solenn Le Royer. Nicolas Sarkozy qui a scruté la campagne tardive de réélection de François Mitterrand-le prédident qui l'inspire le plus- se rapproche du calendrier plus précoce qu'avait choisi Jacques Chirac.Sous quelle forme ? L'hypothèse qui semble tenir la corde serait plutot une déclaration sur un plateau de télévision comme François Mitterrand en 1988. Mais pour trancher avec ses predecesseurs, le chef de l'Etat pourrait aussi choisir de se déclarer lors d'un grand discours. Nous dit encore le Figaro. Bref le compte à rebours de la déclaration a commencé.Ce qui suscite ce commentaire désabusé de Jacques Camus dans la République du Centre: "Avouons qu'il n'y a plus lieu aujourd'hui de s'exciter sur un non évènement que l'Elysée aura aussi mal géré que son dernier remaniement ministériel. Relevons simplement que l'accélération du processus révèle la fébrilité de l'entourage présidentiel."

Voilà pour la forme. Et sur le fond ? Là, évidemment, c'est l'interview au Figaro magazine, qui je vous le rappelle parait demain, qui indique les axes de campagne. "Sa proposition sur l'indemnisation du chomage divise, tout comme le nucléaire ecrit Patrick Flukiger dans l'Alsace qui revient sur Fessenheim. "Pour quelques centaines de voix arrachées sur place, combien en a t'il perdu dans une opinion déroutée par une campagne décousue et qui, de surcroit ne dit pas son nom."A gauche, c'est clair, on cible le Reac. Libération avec la photo d'un Sarko qui pointe le lecteur du doigt. Sarkozy joue au gendarme et au valeur titre intérieur de Libé. L'humanité aussi qui estime Sarkozy plus reac que jamais. Le chef de l'etat joue la provocation en avancant l'idée d'un recours au référendum contre les chomeurs. Le journal préférant faire sa une sur la percée de Jean Luc Melanchon, le candidat du Front de Gauche. Le Figaro s'y attendait: On va le traiter de populiste, de diviseur et pourquoi pas d'apprenti putschiste ecrit Paul Henry du Limbert. Sur l'indemnisation du chomage. Demander directement aux Français ce qu'ils en pensent plutot que de tenter de les contourner n'a rien de scandaleux ecrit l'editorialiste.Pas du tout lui répond Jacques Camus dans la République du Centre. "Singulier aveu d'impuissance de celui qui s'en pernd aux chomeurs pour n'avoir pas su eradiquer le chomage?. Pour Camus, l'arme du référendum ainsi brandie est l'arme du faible qui ne croyant plus aux vertus de l'action politique en appelle au peuple....Bien des editorialistes ce matin utilise la même périphrase pour décrire la tactique du président sortant: Syphonner les voix du front national. Mais Philippe Waukampt prévient dans le républicain lorrain: un tel scenario n'a des chances d'aboutir que si Marine le Pen faute des parrainages necessaires n'est pas qualifiée pour la présidentielle. Elle candidate, le vote FN est irrecupérable. Et Xavier panon dans la montagne de conclure, provisoirement, En fait, Nicolas Sarkozy va jouer tapis, comme au casino. Il espère recolter la mise et se rallier l'opinion populaire. Pour lui c'est encore jouable alors il va prendre tous les risques...

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