Un amoureux de Bach le mixe et le sublime dans l'électro et la pop, Libération. Mohamed ben Salmane veut sublimer l'Arabie Saoudite dans une ville conçue à Hollywood, le Monde. Sublime dans le Figaro est Michèle, la soeur d'Yves Saint-Laurent, qui la pinçait enfant pour qu'elle défile pour lui, elle a choisi sa mort.

On parle d'un gardien du temple ce matin...

Dont Sud Ouest me fait découvrir l'élégance surannée, veste bleue écossaise et cravate verte mais dans le regard de cet octogénaire pointe la tristesse de qui lutte en vain contre les sacrilèges. Alexandre de Lur Saluces, ancien gestionnaire du château d'Yquem, et propriétaire du château de Fargues, se bat pour le vin de Sauternes, il se bat contre la transformation de son vin en cocktails que l'on tripote dans les bars branchés, car cette extravagance met en péril dit-il un vin dont les 27 crus durent classés en 1855... Alexandre de Lur Saluces dénonce l'arrogance et la tricherie de ses collègues et voisins des châteaux.  « La mixologie, c'est un artifice. Ce n'est pas du sauternes. C'est une façon de dire mon vin  n'est pas aussi bon qu'il le devrait".

Mais qui peut l'entendre Alexandre au temps du lucre et de la peur. Le Sauternes est un vin que l'on a délaissé à force de le placer sur un piédestal, il faut bien alors retrouver les palais disent les châteaux, quitte à désacraliser le vin  de glaçons et d'un zeste d'orange, sinon l'on périra et Alexandre disent les méchants sera le gardien du sarcophage...

Et sud ouest mon dieu qui est l'organe central du bordelais me donne des recettes,  nés dans les châteaux. Du sauternes au citron vert à l'eau gazeuse à la menthe fraiche, au Cointreau, aux raisins congelés. Et Sud Ouest m'entraine dans un bar bordelais nommé symbiose où une sorte de hipster mélange le sauternes à du whisky fumé et à des herbes, et me parle de « sangria blanche ».

J'ai trouvé dans Libération des mots qui peut être consoleront Alexandre. "Tout ce qui vit doit se corrompre pour se renouveler".

Cela vient d'une  cantate de Bach, « tous les hommes doivent mourir », et c'est la devise d'un musicien lyonnais que l'on nomme Arandel, comme la cité de la reine des neiges, qui aime tellement Bach, et le connait si bien qu'il le mixe le traduit le transforme en variations pop et électro et il le fait chanter l'amour, son projet s'appelle Inbach. Arandel, lisez Libé et écoutez son oeuvre, est un autodidacte mystique pour qui la musique classique était comme la chambre des parents où l'on n'ose pas entrer, il y est et en fait des douceurs.

Mais il n'empêche mes amis. Qu'il s'agisse d'un vin ou de cantates, nous sentons ce matin les hésitations du monde, trouvons nous de l'espoir dans ses destructions.

Tiens de la musique encore. Le figaro me dit sur une belle page que le temps des chefs d'orchestres tout puissants et brutaux est fini, on négocie désormais entre collègues avec l'orchestres, dans un âge d’égalité. Le Figaro raconte aussi bien la fin de Fessenheim notre vieille centrale nucléaire désacralisé quand le Télégramme me dit l'état déplorable parfois des ponts en Bretagne, ce sont des pertes françaises.

L'Equipe mieux que ses confrères contemple et analyse une double chute française. Teddy Riner notre géant judoka renversé à paris par un japonais, et notre perchiste Lavillenie dépouillé de son record du saut à la perche par un suédois de 20 ans qui est son élève... Je sais maintenant que c'est par sa vitesse que le jeune Duplantis plie des perches que son gabarit devrait lui interdire... Et je comprends comment le petit Kokoro Kageura s'est glissé sous Riner pour contrer un uchi mata du français qui avait lancé sa jambe dans le vide et Teddy a été renversé dans une technique d'esquive. "Cela rappelle qu'il est un être humain" me disent l'Equipe et l'Indépendant...

Mais il y a  aussi des vainqueurs dans la presse.

Qui parfois sont sympathiques tel ce jeune homme que raconte la Provence, ado distrait devenu à force de travail joueur de poker professionnelle, qui vient d’intégrer l’equipe Winamax et part à Las Vegas gagner des millions! 

Parfois ils le sont moins. Tel ce prince saoudien Mohamed Ben Salmane, MBS, dont le Monde raconte le projet prométhéen d'une mégalopole futuriste, Neom, qui doit sortir des sables dans 5 ans, coutera à construire 500 milliards de dollars  qui fera vingt fois la taille de Los Angeles et devra faire basculer la monarchie saoudienne du pétrole au tourisme et au loisir... Neom sera une ville ou les femmes ne seront pas contraintes au voile et l'alcool coulera à flots , on y célébrera l'intelligence artificielle et l'on s'y promènera en taxis volants entre des robots dinosaures géants sous une lune artificielle... Tout ceci sort du cerveau dopé de créateurs hollywoodiens recrutés par un prince dont la réputation a basculé depuis l'assassinat d'un journaliste nommé Khasshogi: c'est embarrassant semble-t-il mais Hollywood rêve encore, qui vient de couronner aux oscars une comédie coréenne pleine de drôlerie, de meurtres et de cynisme... « Parasite ». Cela sonne bien, tiens.

Tant qu'à parler cinéma, faisons-nous plaisir avec l'entreprise Demospec que rencontre le parisien, et dont l'atelier du Loiret produit chaque année 3000 écrans pour les salles obscures, 90% des nouveaux écrans installés dans les cinoches d'europe en viennent: tu entends ça MBS...

Il faut sourire un peu, tant qu'on en a le courage. Le progrès me raconte un concert néo-nazi,,que des jeunes gens avaient dissimulé en louant "pour un anniversaire" la salle des fêtes de  de Châtillon-la-Palud (Ain)... C'est une habitude. L'association qui organisait d'habitude ces événements s'appelait Blood and honour, elle a été dissoute. Cela ne change rien.

Et des parents endeuillés pour finir!

Qui dans la République du Centre et le journal de Saône et loire témoignent avec une infinie dignité de l'inanité des débats récents sur quelques jours de deuil quand s'en va un enfant, puisqu’il faut du temps et toute une vie et rien ne passe... Les deux journaux rencontrent des parents en deuil depuis 2001, quand la petite Ophélie de Yoann et caroline est partie de la mort subite du nourrisson, quand les deux beaux ados Amélie et Nicolas de  Nicole et René-Jacques Berry sont partis dans un incendie. Ils voudraient ces parents que l'administration les autorise à dire que leurs enfants un jour furent parmi nous, avec eux.

Vous lirez dans le Figaro le plus beau des portraits d'une femme qui a choisi l'heure de sa mort en Suisse, elle s'appelait Michèle Mathieu Saint Laurent, Yves était son frère, elle fut heureuse disait elle dans leur enfance en Algérie quand Yves génial et impérieux la houspillait et la pinçait pour qu'elle défile dans les représentations de mode qu'il organisait en leur maison, et puis à la fin en Suisse: entre temps, elle avait raté sa vie...

Le Monde nous dit la beauté des derniers baisers. C'est de l'amour. On les lui envoie. 

Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.