Des jeunes paumés piégés par les réseaux de la drogue de Marseille, attirés par la réputation de la ville, la Provence. Le débat sur la race et l'identité est repris par Mediapart et le New York Times qui dénoncent des dénis français. Slate raconte la puissance et les arrangements du Printemps républicain.

On parle de promesses...  

Que des employeurs prestigieux tentateurs font à des travailleurs qui ne demandent qu'à les croire, alors on change de vie mais ensuite on déchante, et ce matin la Provence et le site du Point racontent des histoires qui se ressemblent.  

Le Point nous parle de Renault qui en 2018 faisait une proposition à ses salariés iraniens, de sa filiale iranienne Renault Pars, frappée par le boycott imposé par les Etats-Unis...   Pourquoi ne pas venir en France, travailler pour Renault Nissan, avec des contrats de travailleurs détachés? Et 114 iraniens quittent donc Renault Pars pour devenir des cols blancs heureux à Boulogne-Billancourt au Plessis-Robinson à Guyancourt... Mais bientôt , ils découvrent que leurs conjoints, leurs familles ne pourront pas les rejoindre, pas plus que six semaines par an, ils découvrent que Renault, qui doit payer leur loyer, n'ira pas au-delà du studio, du une une chambre, et voilà que l'ambassade de France à Téhéran refuse aux familles les visas de tourisme qui leur permettraient de retrouver un père un fiancé une épouse et voilà du mépris, « Si vous n'êtes pas contente, alors c'est la fin de votre contrat et vous rentrez en Iran », et puis vient la Covid et l'on meurt en Iran et en France les expatriés tremblent...  Je vous laisse lire le Point, la fin est maintenant, les iraniens repartent, recasés chez eux avec des CDD de trois mois aux lendemains incertains, leurs vie ravagées d'avoir cru Renault...    

Pendant ce temps, à Marseille, c'est donc dans la Provence, d'autres travailleurs détachés subissent. Ce sont deux pages sur les migrants du deal, des jeunes qui convergent vers Marseille où les embauchent des réseaux de la drogue, en manque de main d'oeuvre locale,  le réseau de la cité de la Bricarde est réputé! On pêche des candidats gare Saint Charles, ou on les recrute sur internet, à Toulouse tout le monde a entendu parler de la Bricarde, a dit a son procès Jérémie venu à Marseille refaire sa vie et gagner 110 euros par jour, il devait barrer l'entrée du point du deal avec des caddies de supermarchés, il n'ouvrait qu'aux clients et aux  habitants de la cité, il devait aussi balancer ses caddies contre les voitures de police en cas de descente, et c'est dans l'accomplissement de sa mission qu'il a été arrêté... 

Les migrants de la drogue sont logés dans des hôtels au bord des autoroutes ou dans des squatts, on leur paye une play station, est-ce plus sordide que les studio de … C'est en tous cas plus dangereux: il y a quelques mois, un adolescent venu de chartres avait été torturé pour avoir voulu vendre de la drogue un indépendant... Aucun patron n'apprécie les salariés rétifs, chez Renault ou à la Bricarde, la ressemblance n'est elle que coïncidence?   

On parle aussi d'identité...  

Et d'une fracture idéologique et narcissique française et d'un débat qui s'envenime. Sommes-nous menacés, dans nos intelligences et notre perception de nous même, par une obsession de la race? Le racisme, les discriminations et au delà l'héritage du colonialisme, chasserait-il de la politique les enjeux sociaux et démocratiques? Le Président Macron a dénoncé des analyses importées d'Amérique, deux chercheurs de gauche, l'historien Gérard Noiriel et le sociologue Stéphane Beaux récusent dans un livre la politique identitaire, nous les avons reçus, ils sont contestés sur Mediapart mais également par le New York Times, qui brosse un portrait un peu condescendant d'une France perdue dans la modernité, dont l'universalisme serait le prétexte à un déni, voire à une chasse aux sorcières; un chercheur ayant travaillé sur l'islamophobie, Abdellali Hajjat, est allé retrouver la sérénité à l'université libre de Bruxelles. 

Il faut prendre le temps de tout lire, sans doute, livres et réfutations, qui témoignent des sciences sociales divisées et exploitées.  

Dans la même veine, Slate explore le Printemps républicain, un club politique petit mais de grande influence jusqu'à l'Elysée ,qui porte une laïcité de combat, mais en la portant ses membres transformeraient ou radicaliseraient la réalité... Le fondateur du club, le politiste Laurent Bouvet a popularisé l'idée de l'insécurité culturelle, la blessure des classes populaires d'un pays changé par l'immigration, mais en la popularisant, il l'aurait identitarisée.. «L'insécurité culturelle n'est pas simplement vraie pour les “petits Blancs”. Elle est vraie pour les “petits Noirs”, “les petits musulmans”, “les petits juifs”» dit le géographe Christophe Guilluy, explorateur de la France périphérique et inventeur du concept.      

Ces disputes de concepts reflètent nos réalités. Depuis quelques jours, Didier Lemaire, un professeur de philosophe de Trappes écume presse et plateaux télés, il serait menacé de mort par les islamistes et traité d'islamophobe par le maire de la ville, et Trappes serait perdue, où il n'existerait même plus de coiffeurs mixtes...  Sur le site du Monde vous lirez une enquête, c'est plus exigeant, qui atténue ce récit.  Alors même qu'à l'Assemblée avance la loi contre le séparatisme, le préfet des Yvelines, le représentant de l'Etat, dit sa colère contre les "outrances" et "certaines inexactitudes" du professeur, "irresponsable", qui "met de l'huile sur le feu". "Trappes est un terrain difficile et délicat, nous faisons de la dentelle et voilà que M. Lemaire arrive avec un bulldozer et saccage nos efforts." Traitera-t-on un préfet comme on traite les media prudents.    

Et on parle encore d'identité... 

Mais de la plus tendre des manières, et c'est une nostalgie culturelle que décrit doucement So Foot parti à la recherche du beau jeu nantais, qui était la marque et la preuve du FC Nantes et que les aléas de l'histoire ont dispersé... 

Dans le même So Foot lisez aussi, un grand homme incarnation de l'éternité du football italien, le défenseur et capitaine de la Juventus Chiellini, il est passionnant parce que dur et intello, il mobilise au service de son art le pessimisme, la fourberie et l'arithmétique, mais au delà, Chiellini l'italien nous trouble d'un aveu. Il voudrait délaisser les championnats nationaux, oui le calcio, pour jouer chaque semaine contre le Barça le Real le Bayern le PSG,  les grands et riches d'Europe pour lesquels, c'est la Une de l'Equipe, on fabrique une nouvelle Ligue des champions... Sentez vous l'insécurité culturelle qui vous prend?  

Allons. L'Eveil de la Haute Loire nous dit qu'un DJ nommé Kentin FCN de Chaspuzac a mixé en live sur le site du Rocher Corneille, où une Vierge à l'enfant domine le Puy en Velay, ceci pour valoriser les DJ qui ne lâchent rien et le patrimoine de la ville du puy. Identité.

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