(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : les intermittences du cœur...

(Bruno Duvic) C'est plus qu'une course contre la montre, une course contre la mort.

Ce matin, Ouest France raconte minute par minute une greffe du cœur réalisée le week-end dernier au CHU de Rennes.

Il y en a à peu près 300 chaque année en France.

Tout commence samedi à 21h30. Au CHU de Rennes, un patient a besoin d'une greffe, catégorie super urgence. Le téléphone sonne, c'est l'agence de bio médecine à Paris. "Nous avons un cœur disponible". Mais il est très loin de Rennes.

C'est le docteur Flecher, cardiologue au CHU qui a reçu l'appel. Il file tout de suite à l'aéroport, accompagné d'une infirmière. Il est une heure et demie dans la nuit de samedi à dimanche. L'avion décolle. A l'atterrissage, attendent un taxi et une escorte de police.

Pendant ce temps à Rennes, un autre médecin prépare l'homme malade à subir l'opération.

Dimanche au petit matin, 5H36. Très loin de la Bretagne, un homme quitte ce monde en laissant ce qu'il a de plus précieux. Son cœur est prélevé. Il est placé dans une boite réfrigérée. Il peut tenir 5 heures avant de se dégrader. Le docteur et l'infirmière font demi-tour.

7H30, au bloc opératoire de Rennes, de la tension mais pas de panique. On ouvre le thorax : un vieil ami qui a rendu bien des services pendant 65 ans apparait à l'air libre : c'est un cœur usé mais toujours battant.

8H10, le docteur Flecher, l'infirmière et la petite boite sont au CHU de Rennes. Ils ont voyagé dans un coucou qui faisait un boucan d'enfer. Le cœur en forme est placé dans la glace, celui en panne va être retiré.

8H41. A partir de cet instant, pendant près de 2 heures, un homme va vivre sans cœur. Il est relié à un dédale de tuyaux et à une machine qui filtre et oxygène le sang

9h25 : le cœur est en place mais pas encore branché. Un travail insensé de couture et de tuyauterie reste à accomplir.

10H49, soit 12 heures et 19 minutes après le premier coup de fil, tout est rebranché. Reste à relancer la mécanique.

Deux palettes sur le thorax. Choc électrique. Comme une voiture capricieuse, le cœur redémarre puis s'arrête. Deuxième choc, cette fois c'est bon.

Dans un mois, le patient devrait être chez lui. Il pourra encadrer cet article de Ouest France , signé Samuel Nohra, avec des photos de Joël le Gall

A Toulouse, au cœur de la ville, il y a la place du Capitole

Et sur la place la librairie Castéla, installée là depuis 1917. Une institution. Le 18 février prochain, elle fermera ses portes. Et cette histoire, détaillée dans Le Monde , raconte les difficultés des librairies, mais aussi à quel point les coûts délirants de l'immobilier changent nos villes et nos vies.

Car si Castéla ferme ses portes c'est avant tout parce que le propriétaire des murs demande un loyer astronomique. 800.000 Euros annuels.

Sur la place du Capitole il y a quelques mois, un vendeur de journaux et de BD a déjà mis la clé sous les arcades. Avant lui, le café voisin de Castéla a été remplacé par une parfumerie. En bref les commerces indépendants n'ont plus les moyens d'animer cette artère toulousaine. La mairie a dû intervenir pour sauver la brasserie le Bibent, classée monument historique. Quant à la librairie, elle pourrait être remplacée par un magasin Orange ou un Starbucks, peut être les deux.

Une cliente s'interroge : "et demain, est-ce qu'on aura une grande surface à la place de la mairie ?"

Le coût de l'immobilier et donc le coût du logement.

10 millions de Français seraient à des degrés divers touchés par la crise du logement. Pour la fondation Abbé Pierre, le sujet doit être au cœur de la campagne électorale. Alors elle envoie un de ses compagnons de route à la Une de Libération ce matin : Eric Cantona.

Canto candidat à la présidentielle ou presque. En tout cas, il se met en quête des 500 signatures pour placer cette question du logement au centre des débats. Interview de l'ex-footballeur à Libé : "Nous avons des responsables politiques qui demandent à leur concitoyens de respecter la loi mai qui la bafouent tous les jours. Les communes ne construisent pas de nouveaux logements sociaux et préfèrent payer des amendes plutôt que de se conformer au droit. Il y a un vrai mépris de ce problème, d'où la révolte."

Une fois de plus, à tort ou à raison, on a le sentiment ce matin à la lecture de la presse, que les hommes politiques n'ont pas prise sur la réalité.

A propos de la crise financière, qu'ils s'appellent Obama, Poutine, ou Sarkozy, tous en quête d'un nouveau mandat cette année, Le Monde diplomatique les compare à des canards sans tête qui courent après les marchés sans savoir où ils vont.

Marchés eux même dans un grand n’importe quoi.

Illustration ce matin à la Une du Figaro éco .

Figurez vous que ceux qui ont prêté de l'argent à l'Allemagne hier l'ont fait à des taux d'intérêt négatifs.

Ils ont investi dans des bons du trésor allemand. Et dans 6 mois ils recevront une somme inférieure à celle qu'ils ont placée. Ils sont stupides, direz-vous. Non, ils ont peur. Et ils préfèrent prêter leur argent à l'Etat allemand, quitte à en perdre un peu plutôt qu'aux banques en qui ils n'ont absolument pas confiance.

Peut-on remettre de l'ordre dans ce chaos ? A la Une de L'Humanité : « le brulot des économistes atterrés », ces économistes qui répètent depuis quelques mois qu'une autre politique est possible. Ils sortent un livre de propositions en ce début de campagne. Les bonnes feuilles sont dans L'Huma . Plafonnement des hauts revenus, un pôle bancaire et financier public, un plan de relance pour l'enseignement, la santé et l'écologie. Il faut rompre avec la stratégie de soumission aux marchés dit le co-président de ce groupe des économistes atterrés, Henri Sterdyniak.

Quoi d'autre dans la presse ?

Un nouvel instrument de mesure pour la campagne électorale le « guéantomètre ». C'est slate.fr qui l'a inventé. Il recensera le climat politique et sa dégradation à travers les petites phrases et polémiques qu'elles provoquent. Pourquoi « Guéantomètre », du nom du ministre de l'Intérieur ? Parce que Slate considère qu'il est LE stratège de la sortie médiatique qui enflamme le débat.

Lui enflamme les coeurs des supporters et pour la 3ème année consécutive, il est sacré Ballon d'Or France Football. Lionel Messi rejoint Cruyff, Platini et Van Basten au palmarès de ces Oscars du foot. On a raconté mille fois l'histoire de ce gamin pauvre d’Argentine qui avait des problèmes de croissance et à qui le club de Barcelone qui l'avait repéré a payé un traitement en échange de la signature de ses parents.

Aujourd'hui Messi a 24 ans, mais L'Equipe exhume des épisodes méconnus de son enfance à Rosario pour renouveler la légende. La seule fois où il est arrivé en retard à un match par exemple. Il avait 11 ans et il était coincé dans sa salle de bains. Il a fini par casser un carreau pour s’échapper et rejoindre le terrain. C'était la pause et son équipe perdait deux zéro.

En seconde mi temps, le petit Messi de Rosario a marqué 3 buts.

A demain !

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