Elle s'appelle Savita... "Cheveux longs, formes généreuses... Savita est plutôt jolie... Mais ce n'est pas une femme comme les autres... C'est l'héroïne d'une BD mise en ligne en Inde", écrit Antoine Corta sur le site Rue89. Et la particularité de Savita, c'est d'être une Indienne mariée et libertine. Un an après son lancement, ce site est devenu l'un des plus fréquentés du pays, avec plus de 60 millions de visiteurs par mois. Seulement voilà : Savita déplaît au gouvernement indien, qui la trouve "obscène". Résultat : le site Internet a été fermé. En fait, ce qui gêne le gouvernement indien, c'est avant tout l'identité résolument indienne de la bande dessinée : Savita y apparaît en sari, le front orné du traditionnel "bindi". Pour contourner la censure, les adeptes de la BD ont déjà trouvé des stratagèmes pour accéder au site. Bernanos disait : "Il faut beaucoup d'indisciplinés pour faire un peuple libre"... Ceux qui contournent la censure indienne sont-ils des "désobéisseurs" ? On peut se poser la question. Une chose est sûre pour L'Humanité : cette citation est en train de faire école en France. "Professeurs, employés de banque, praticiens hospitaliers... Nombreux sont ceux qui refusent d'appliquer des mesures gouvernementales qu'ils jugent contraires à l'intérêt général". "Il ne s'agit pas d'un mouvement de fond, écrit Laurent Mouloud. Mais ce ne sont plus les actes isolés d'une poignée d'endurcis". Dans l'éducation, 3000 enseignants, fédérés sur Internet, revendiquent leur entrée en résistance pédagogique pour avoir refusé la politique de l'ancien ministre Xavier Darcos. Page 15, Libération, de son côté, raconte l'histoire de trente stagiaires instits. "Saqués pour avoir critiqué la réforme Darcos". Ils ont vu leur processus de titularisation suspendu. "Les enseignants ou les futurs enseignants n'ont pas été les premiers à désobéir", rappelle Laurent Mouloud dans L'Huma. "Avant eux, il y a eu les faucheurs volontaires, les associations antinucléaires... Mais le mouvement dans l'Education Nationale et dans les hôpitaux est plus inédit". "Ce ne sont pas des postures corporatistes ou anarchistes. La désobéissance affirme que la liberté est au coeur de l'homme", conclut Maurice Ulrich. "La démocratie n'est pas une figure de cire. Elle ne vit que dans l'action, pour changer le cours des choses". A la Une également de la presse ce matin : la polémique EDF... "Le patron d'EDF est-il en surchauffe ?" La question est posée par Yann Marec, dans Le Midi Libre. "En annonçant une hausse des tarifs, le patron d'EDF s'est attiré les foudres". "Quand on veut des étoiles, on demande la Lune", a répondu Christine Lagarde dans un premier temps. "Désigné comme un provocateur cynique et irresponsable, le patron d'EDF a été traité comme un vulgaire racketteur", écrit Rémi Godeau dans L'Est Républicain. Et Dominique Garraud, de La Charente Libre, de pousser le bouchon plus loin. "En fait, le court-circuit apparent entre l'électricien et le gouvernement a viré hier à une crise de basse tension. Le consommateur lambda peut avoir de sérieux doutes sur le fait que le gouvernement ait été surpris par la demande d'EDF. Le recadrage gouvernemental confirme qu'une augmentation est bien dans les tuyaux, ce qu'a reconnu en fin de journée Christine Lagarde". Dans les pages Idées des Echos, Jean-Francis Pécresse dénonce "une communication calamiteuse, qui risque d'abîmer une stratégie d'avenir. Nous bénéficions en France de l'électricité la moins chère d'Europe. L'un des résultats de cette politique très sociale, c'est qu'EDF n'investit plus assez pour couvrir une demande exponentielle. Qu'il demande une hausse des tarifs n'a rien d'anormal. Mais il le fait au pire moment, et de la pire des manières qui soit. Deux jours après avoir emprunté 3 milliards d'euros aux Français, c'est laisser croire à tort aux consommateurs qu'ils paieront les intérêts versés aux épargnants". Pierre-Angel Gay, dans La Tribune, a une autre analyse. "EDF, en France, ce n'est pas rien : c'est un acteur déterminant de la compétitivité du pays. Les investissements à venir permettront la création de 20.000 emplois. Dans le bon sens du terme, EDF est une vache à lait. Et cela a un prix". En parlant de prix... il en est un que la planète paiera un jour au prix fort, quand elle ne le paie pas déjà... à l'image de la photo en Une du Bien Public. On y voit un homme debout sur un iceberg qui ressemble à de la glace pilée. "Le Groenland fond !". Au G8, à L'Aquila, on a parlé climat hier. Et L'Echo de la Haute-Vienne de dénoncer "le bal des faux-culs". Les pays riches ont promis de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 50% d'ici 2050. "Obama parle de 'consensus historique' quand l'ONU déplore 'une occasion manquée'", résume le quotidien italien La Repubblica. "Ce qui est inquiétant, c'est qu'il n'y a pas d'engagement à court terme", complète Jacques Le Cacheux dans Libération. Pour le chercheur à l'OFCE, "le problème, c'est plutôt l'urgence de l'action". "Ce pourcentage, la limitation du réchauffement climatique à 2 degrés... tout cela figurera pourtant un jour dans les livres d'histoire", souligne Jean-Claude Kiefer dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace... "soit sur la page des grands succès de l'humanité, soit sur celle des échecs cuisants de l'homme. Pour certains, comme les Russes, les objectifs annoncés sont irréalisables. Les plus riches, déjà confrontés à la crise, devront financer par centaines de milliards d'importants transferts de technologie". "Quid des pays en voie de développement qui, eux, souffrent de la faim ? Les promesses d'aides faites l'an dernier par les pays riches n'ont pas été tenues", titre à sa Une La Croix. "On glose beaucoup sur les opportunités de la crise. On insiste sur la reconversion verte de nos moyens de production", poursuit Laurent Marchand dans Ouest-France. "Une même logique doit animer la gouvernance mondiale sur les questions de sécurité alimentaire. Car la crise a déjà fait précipiter plus de 90 millions de personnes dans l'extrême pauvreté". A lire aussi dans les journaux : le Tour de France, avec la première étape de montagne... "Pour Armstrong, c'est l'heure"... L'heure de se parer du maillot jaune. Mais l'Américain ne sera pas le seul prétendant sur les routes des Pyrénées. Le Parisien-Aujourd'hui en France et L'Equipe dressent le portrait de ses concurrents. Evans, Schleck, Contador, Sastre... "Ca fait envie !", titre à sa Une L'Equipe. "Mais c'est surtout le duel Contador-Armstrong que l'on va suivre. Jusqu'à présent, les deux hommes s'étaient évités. Mais cette fois, plus question de se planquer. Ce sera un duel d'homme à homme et en Mondovision", expliquent de concert l'ensemble des envoyés spéciaux de L'Equipe... "même si Armstrong et ses 19 secondes d'avance sur Contador lui donnent l'avantage sur son coéquipier d'Astana. Car on n'attaque pas un maillot jaune, a fortiori s'il a gagné sept Tours de France". Tout est histoire de chrono. En gros, l'avance d'Armstrong compte plus qu'on ne le croit. Dans le Tour de France, tout est histoire de technique et de stratégie. Finalement, c'est un peu comme écrire un livre. C'est ce que raconte Bernard Werber à ses lecteurs. L'auteur des "Fourmis" a animé un atelier d'écriture à Paris, devant 400 personnes. Jacques Drillon, du Nouvel Obs, y a assisté. Et il raconte... Un Bernard Werber qui se lâche... "Désolé que l'atelier soit payant, mais la location de la salle coûte la peau des couilles. J'ai écrit seize romans. Treize ont bien marché. Je me sens le droit de vous expliquer comment monter en haut de la montagne. Faire émerger l'écrivain qui est en vous". Et l'écrivain de poser des questions... "Qui a lu mes livres ?"... "Qui note ses rêves ?"... "Il faut, dit-il, utiliser ses phobies pour écrire. C'est parce que vous êtes fou que vous ferez de bons bouquins. Vous pouvez raconter n'importe quoi. Toute erreur assumée devient un choix artistique". L'assemblée acquiesce. Il enchaîne en disant : "Ma source d'inspiration, c'est le journal du matin et la bêtise humaine". Ya du boulot... Bon week-end...

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