On ne parlera pas de football, mais...

Tout comme François Hollande ne fait pas de politique, ce matin dans le cahier spécial finale de l'Euro du JDD... c'est à dire que je ne vais parler que de ça... mais que ce sera tellement discret, tellement fin et allusif, que vous n'allez même pas vous en rendre compte.

François Hollande, donc, dans le Journal du Dimanche: "Je ne veux pas utiliser le sport pour la politique, ce n'est bon ni pour le sport, ni pour la politique... La politique divise, alors que le sport rassemble"... Et les français avaient besoin de se rassembler", nous dit le chef de l'Etat, "se retrouver, pas dans des moments de drame comme après les derniers attentats, mais dans la joie du sport". "L'Euro de foot nous montre à quel point notre pays est aimé, il faut que nous l'aimions nous aussi".

Rien de politique; donc... pas même quand le chef de l'Etat loue les qualités d'un Didier Deschamps qui a su "protéger" son Equipe... d'un capitaine, Hugo Lloris, qui donne de "la sécurité" aux Bleus... Sécurité, protection... on est loin des éléments de langage habituels, et ça fait du bien!

La politique, elle se cache parfois ailleurs, comme dans ce billet signé sur le site du Huffington Post par Michaël Dias. Lettre à son père, Manuel, l'unique victime des deux attentats-suicide, le 13 novembre devant le Stade de France.

Manuel Colaco Dias, né au Portugal, vivait et travaillait depuis plus de 20 ans dans la Marne... dans le coeur de ce fan de foot, il y avait de la place à la fois pour le Sporting Lisbonne et pour le Stade de Reims. La finale de ce soir, entre les deux pays de Manuel, se déroulera à quelque de mètres de la Porte D du stade où il a perdu la vie. Pour son fils Michaël, il était la "preuve incarnée que l'intégration est possible dans notre pays" la meilleure réponse selon lui à "tous ceux qui dans l'espace public essayent de nous diviser, d'opposer des communautés qui vivent ensemble depuis des décennies, qui ont tissé des liens de fraternité...

Michael Dias constate, avec amertume, que depuis les attentats dont son père a été la première des 130 victimes, "tout ce qui a été dit nous dessert, exacerbe les différences stigmatise les communautés et prône une solution basée sur l'exclusion".

Manuel Dias aurait vibré ce soir, parce que, nous dit son fils, "c'est le genre de match où il aurait pu faire la fête quel que soit le résultat final. "

Sans doute se serait-il aussi retrouvé dans ces portraits de la communauté portugaise en France qui fleurissent dans nos journaux.

Sur le jdd.fr, on apprend qu'en lieu et place du Stade de France, dans les années 60, il y avait un vaste bidonville la deuxième plus importante population d'origine portugaise dans notre pays.

Parcours d'intégration, là aussi : pour ceux qui se sont depuis disséminé dans les immeubles et les pavillons de Seine-Saint-Denis, mais qui, par les clubs de foots amateurs, notamment, cultivent le lien communautaire.

La finale de ce soir, c'est à la fois un match de rêve, et un dilemme cauchemardesque... pour ceux qui doivent choisir entre la famille d'origine et celle d'adoption. Le JDD.fr cite ce tenancier de bar portugais, toujours à Saint-Denis:

 "de toute façon, être pour tout le monde, c'est toujours mieux pour le business".

Tout une affaire, aussi, la composition de la tribune présidentielle autour du Chef de l'Etat ce soir.

50 sièges ultra-VIP dans la tribune ce soir, et Le Parisien-Aujourd'hui en France nous explique le casse-tête pour Matignon.

Les prétendants ne manquaient pas : Nicolas Sarkozy et Alain Juppé étaient invités... et ils ont décliné l'offre, ils n'ont pas dit pourquoi. 9 ministres du gouvernement Valls seront de la partie, plus 3 anciens ministres des sports sous Sarkozy. Alors attention : ce n'est pas comme en soirée, les invités ne peuvent pas venir avec leur +1. Et Noël le Graët, le président de la FFF est prévenu: ça pousse, parfois, en tribune présidentielle. On lui conseille l'épaulette gauche rembourrée... c'est discret et ça encaisse bien les chocs!

*On est dans les tribunes... on y reste, avec celle qui publie ce dimanche l'ancien n°2 du gouvernement britannique de Tony Blair, Lord Prescott, dans le _Sunday Mirror_.
*

Il était le bras droit de Tony Blair en 2003, quand le Royaume-Uni a décidé de suivre aveuglément l'Amérique de Georges W Bush et d'aller faire la guerre en Irak.

John Prescott présente aujourd'hui ses excuses, à tout un pays embarqué dans une guerre illégale.

Il réagit, en fait, au rapport Chilcot publié cette semaine, et qui a montré comment le gouvernement travailliste de l'époque s'est rangé derrière les américains ; et Prescott de confirmer la manière dont tout ça s'est passé: les ministres se sont fait forcer la main, sans avoir accès aux documents censés justifier l'entrée en guerre... des documents décrits comme des racontards d'ambassade, des rapports biaisiés par les services de renseignement.

Pour Tony Blair le deal était simple: il fallait montrer qu'il était un allié indéfectible des Etats-Unis... pour le meilleur et pour le pire.

Cette guerre en Irak, nous dit Prescott, "elle va me hanter jusqu'à la fin de mes jours"... il reconnait sa part de responsabilité... ou peut-être d'irresponsabilité... et nous livre un témoignage franchement glaçant sur la manière dont on part en guerre pour de mauvaises raisons au 21e Siècle.

Pour terminer, vous avez déjà entendu parler de You, le phoque?

A en croire le Journal du Dimanche, You est de retour sur les plages d'Aquitaine, et qu'il les rend tous fous là-bas:

Le mammifère marin avait été la coqueluche du net l'été dernier : des millions de vues, pour les vidéos filmées par des plaisanciers ou des baigneurs qui l'avaient croisé sur l'eau. Il faut dire que le phoque You aime beaucoup les humains, qui le lui rendent bien... Des attroupements sur les plages, pour se photographier avec l'animal, des policiers obligés d'intervenir pour disperser les foules assoifées de selfies... You avait finalement été capturé il y a un an, pour être relâché en Bretagne.

Mais il est revenu en Gironde, et le grand cirque a repris. Une pétition pour qu'il devienne la mascotte des plages de la région a récolté plus de 27 000 signatures...

Sur son compte facebook (ben oui, il a un compte Facebook), on s'écharpe et on s'insulte pour savoir si, oui ou, non le phoque peut être dangereux pour l'homme... s'il faut l'éloigner, ou si "dans nos sociétés formatées on peut accepter qu'un animal soit... différent".

C'est un peu comme Watson, en fait... mais si, vous savez, cette otarie du zoo d'Amneville qui livre son pronostic avant chaque match de l'Equipe de France. Watson n'a pas donné de nouvelles depuis qu'elle avait annoncé les Bleus vainqueurs contre l'Allemagne... à 12 heures du coup d'envoi, plutôt inquiétant.

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