Etape folle du tour de France, débat sur les ordonnances pour le futur code du travail, chaud ? Macron-info et...Dieu dans tout ça ? La revue de presse d'Hélène Jouan

On commence par un coup de folie ?

« Fou, fou, fou » titre l’Equipe ce matin pour revenir sur l’étape jurassienne du tour de France hier. Avec à sa Une, photo de chute, de douleur, et photo de Warren Barguil qui lève le poing droit sur la ligne d’arrivée en signe de victoire… Barguil battu d’un boyau…Titre formidable du Populaire du centre : « Barguil avait les tripes. Il a manqué un boyau ».

Sur le monde.fr, Clément guillou et henri seckel racontent la scène : « Si Warren Barguil a levé le poing à la suite du sprint à sept disputé pour conclure l’étape dans les rues de Chambéry, la photo-finish a inversé la donne, offrant à Rigoberto Uran la première victoire de sa carrière sur le Tour pour un petit boyau. De quoi briser le cœur de « Wawa » qui avait fait course en tête pour la seconde journée d’affilée.» Mais il faut croire, poursuivent les journalistes « que le karma existe en cyclisme, car cet infime écart est celui qui avait départagé les deux coureurs en 2013 lors de la 16e étape de la Vuelta. Avec à l’époque, Barguil vainqueur sur le fil. »

Karma dans le vélo donc, mais cette étape « dantesque », parait il, permet aussi aux chroniqueurs du tour de France de renouer avec la plume de leurs plus illustres prédécesseurs commentateurs de la grande boucle. Je vous conseille, entre autre ce matin, de revivre cette « journée en enfer » sous la plume de Jean Emmanuel Ducoin de L’Humanité. « En terre d’élévation, il y a parfois des façons de voir qui exigent de ne rien regarder, sauf dans le détail, écrit-il. Mais comment scruter des âmes cyclistes à l’heure de vivre une journée en enfer ? se demande t il, « en montagne, c’est sur la scène de leurs théâtres intérieurs que la réalité se raconte » …et de décrire par le menu les épreuves de cette étape dans le massif jurassien, « meurtrier pour les désinvoltes qui aspirent à le dominer sans réfléchir ». Montées, où finalement il ne se passe pas grand-chose, descente de la Biche, déglinguée et granuleuse, et chutes spectaculaires. Et puis le Grand Colombier, l’autre ventoux parait il. Calvaire des cyclistes du cru nous raconte t il, où les pourcentages rendent fou, avec des passages à 22% et même des pentes à 25%. Explication, et révélation ! « quelques employés de la dde il y a bien longtemps auraient avoué avoir triché sur la topographie des lieux pour pouvoir goudronner un chemin entre les Mélèzes » d’où ce 25% inmontable...Je vous passe « la chute » de l’article vous la connaissez, chute de Richie Porte, photo du boyau de Barguil :« Un détail, même en terres d’élévation » conclut Jean Emmanuel Ducoin. Le tour de France, c’est aussi bien à lire qu’à regarder !

Coup d'envoi des discussions sur la réforme du code du travail

En dehors de ce coup de folie dans le tour de France, la presse retient surtout ce matin, l’ouverture des discussions sur la réforme du code du travail

C’est vrai qu’en dehors d’un sympathique et chaleureux « Détendez-vous, c’est l’été « à la Une du Courrier Picard, on ne peut pas dire que la presse se soit vraiment mise à l’heure estivale et vacancières, et pour cause…on entre dans le vif du sujet à l’assemblée nationale avec la discussion sur le projet de loi visant à permettre au gouvernement de légiférer par ordonnances :

L’Echo de Haute vienne frappe fort avec à sa Une, « code du travail, mains libres pour le pouvoir : Mort sur ordonnance » titre le quotidien. L’Humanité reprend l’idée que le « gouvernement verrouille le débat parlementaire » en rejetant d’emblée le travail d’amendements de l’opposition. Libération parle ce matin, de « baptême du feu » sur cette loi de travail 2, avec une illustration « qui fait sens » comme on dit, un épais code du travail, scié en 2.

Alors le débat sera-t-il, « chaud » ? chaud, chaud, chaud ou fou, fou, fou ? Lauren Equy relève que la ministre du travail Muriel Pénicaud a vanté hier une réforme « qui ne sera pas tiède », et c’est bien un point d’accord avec les députés de la France Insoumise, communistes et socialistes qui ont l’intention de s’y opposer…Pour autant, s’il y aura peut être un débat chaud au parlement, Libération s’attarde sur la situation des partenaires sociaux « décontenancés » par la méthode du gouvernement. Décryptage des stratégies de 2 syndicats, à front renversé semble-t-il : celle de Force ouvrière, et celle de la CFE CGC.

« Force ouvrière soudainement conciliante », on s’attendait à un remake parfait du film de 2016 avec la CGT et Fo dans le rôle des contestataires menant la fronde dans la rue et dans les media. « Mais c’était sans compter sur la métamorphose du secrétaire général de FO, Jean Claude MAilly » écrit Alexia Eychenne, (on a entendu à 7H50 ici même, la « prudence » de Jean Claude MAilly qui refuse de faire l’autopsie avant d’avoir le cadavre a-t-il dit..Libé nous explique que si officiellement son adoucissement provient de la « méthode » de concertation du gouvernement, c’est en réalité surtout la leçon de 2016 qui l’a poussé à changer de ton : « les maigres fruits récoltés par le mouvement en 2016 », le fait que FO s’était engagé à reculons dans le combat aux côtés de la CGT, et que le syndicat a donné l’impression d’être dans le suivisme…Mailly, en fin de mandat l’an prochain, pourrait donc vouloir renouer avec la stratégie contractuelle qui était celle de Force ouvrière. Ce qui aurait pour avantage de déstabiliser la CGT et de contester à la CFDT son titre d’interlocuteur privilégié du pouvoir… »

Front renversé donc, car dans le même temps, le syndicat des cadres, la CFE CGC est inhabituellement remontée. Son président a multiplié les mises en garde dans la presse contre « ce projet totalement idéologique » a-t-il dénoncé. Dans l’Humanité mercredi, François Hommeril exhortait les syndicats à se réunir officiellement pour dire leur désaccord, et n’excluait pas de répondre à l’invitation de la CGT à participer après-demain à la journée de manifestation…

Ah si, finalement, « CGT/Cadres, même combat » c’est peut-être un peu fou fou fou cette histoire-là aussi !

Le futur média de La République en marche

Dans la presse également ce matin, le faire-part de naissance d’un nouveau média…

« Macron info » est dans les tuyaux. Ce n’est pas son nom officiel, mais vous savez que le parti du président LA république en marche a annoncé samedi vouloir « s’organiser comme un media, afin de pouvoir s’adresser directement aux citoyens ». pas de plate forme propre, l’idée est de s’appuyer sur le site du parti et les réseaux sociaux, mais des moyens, un rédac chef et des équipes vidéos.

« Macron info, de la vieille com politique revampée » nous explique ce matin Cyril Lacarrière dans le quotidien l’Opinion. Car si l’annonce a fait grincer quelques dents chez les confrères, qui s’inquiètent déjà de la communication verrouillée du président, elle est surtout, tout, sauf inédite nous rappelle le journaliste. En 2007, à peine arrivé à l’Elysée, Nicolas Sarkozy publie sur le site de la présidence des videos sur le modèle de NSTV, comme Nicolas Sarkozy TV imaginées pendant la campagne. Elle devient PRTV, comme président, mais périclitera rapidement au fil des mois. Un spécialiste de la com politique s’étonne du coup de ce retour en arrière, où le pouvoir entend créer » un curieux mélange entre le vieux monde, celui des vieilles publications du rpr et du ps, et le nouveau monde où l’on fait du Brand content ». EN l’espèce , la marque à valoriser s’appelle Emmanuel MAcron. L’un a particulièrement réussi dans l’affaire, en devenant un spécialiste de la Dé-Sin-ter-médiatisation :avec sa chaine Youtube aux 370 000 abonnés et aux 34 millions de vidéos vues, Jean Luc Mélenchon a su créer un espace d’échanges directs avec sa communauté. Le Parisien nous rappelle que Jean Luc Mélenchon est un précurseur en la matière. EN 1988, c’est lui déjà qui avait créé 3615 TONTON…tonton, pour Mitterrand évidemment, avec cette visée, Diffuser la bonne parole sans filtre médiatique…

Ah un monde sans journalistes, le rêve des politiques de Mélenchon à MAcron donc, et l’angoisse de la page blanche évidemment pour les tenants comme moi, de l’exercice de la revue de presse !

Dieu de retour dans les séries

Vous terminez Hélène par une question existentielle…

« Et dieu dans tout ça ? » et bien figurez vous qu’il n’y a pas que Jupiter dans la vie, Dieu signe son grand retour dans les séries télé. Vincent Cocquebert à lire sur Slate.fr nous prévient « préparez vous à vivre à l’autel ». Attention jeu de mots, autel écrit avec un AU et pas comme l’Hôtel de la plage. Du récit néo biblique de The LEFTOVERS, où le shérif est intronisé dans la saison 3 nouveau christ censé sauver la planète d’une apocalypse, aux dieux nordiques un brin revanchards d’American Gods, aux extrémistes chrétiens de THE HANDMAID’S TALE, dieu sera partout dans les séries de la rentrée. Pour exprimer parait il « de l’inquiétude d’un monde qui court à sa perte ». Dieu n’a plus qu’un créer sa propre chaine de télé…

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