Au Japon, le culte shintoïste a ressuscité la "fête du phallus de fer", le Monde. Des Ivoiriens nés des amours de colons et de jeunes autochtones réclament la citoyenneté françaises de leurs pères, l’Express. Qu’aurait dit l’Amérique, si elle avait su que Lincoln était gay, America...

On parle de la nécessité ce matin...

La nécessité qui fait loi, qu'accepte-t-on s'il s'agit de survivre... En Inde, des centaines de milliers de femmes se font retirer leur utérus afin de pouvoir travailler autant que les hommes, elles en auront fini alors avec les règles les grossesses, la peur du cancer leur promet-on, fini avec l'enfer du corps. 

C'est une des histoires, que raconte cet été la revue XXI, elle sort aujourd'hui en kiosque. Cela se passe dans la Sugar Belt, la ceinture de sucre de l'Inde, un ruban vert plus de 1000 kilomèrtres à l'ouest du pays où 600000 travailleurs itinérants vont de plantation en plantation couper la cane, porter ses fagots en glissant sur son jus poisseux pour alimenter les usines qui font la puissance du pays et des barons du sucre. La moitié de ces travailleurs sont des femmes, ce sont elles qui vont chez ces médecins qui sont comme des dieux pour « se débarrasser du sac », ainsi dit-on là-bas...

Vous rencontrerez  dans XXI le beau docteur Sanap qui enlève un utérus par semaine, sa salle d'attente est ornée du dieu Ganesh, l'éléphant de la prospérité, il ne fume pas ni ne boit ni ne mange de viande, et il est la fierté de sa famille, il vient du monde des coupeurs de canne, et aux coupeuses qu'il opère, il ne dit pas qu'elles vont souffrir, qu'à perdre l'uterus on risque l'ostéoporose, "si je dis que l'opération est dangereuse, elles ne la feront pas"...

Vous rencontrerez  aussi  Daivshala au bras musclés et son frêle mari Ramesh au nez d'oiseau, elle n'a plus d'utérus et à 34 ans se sent comme une vieillarde, elle parle bien de son calvaire, des études qu'elle faites en vain et de l'espoir que ses enfants vivront plus qu'elle... Mais déjà sa fille se marie à 16 ans. 

Vous apprendrez peut-être un nouveau mot, le Mukadam, le contremaitre de ces plantations de canne à sucre et le méchant de la comédie quand les journaux des villes s'indignent de la brutalité des campagnes... Le mukadam est un sous-traitant, qui recrute les travailleurs du sucre et les pousse et les maltraite et force les femmes à l'amputation... Oui mais le mukadam a la pression des usines, ce sera sa faute si le rendement baisse et chacun ici-bas fait comme il peut. 

Le magazine Koï, qui veut porter en France les cultures asiatiques, racontent d'autres femmes soumises à la nécessité, celles qu'on appelle les marcheuses, des immigrantes chinoises venus chez nous parce qu'elles avaient entendu dire entre autres merveilles qu'à Paris, on gagne 1800 euros par mois pour faire des raviolis, à l'arrivée elle deviennent prostituéees sur les trottoirs de Belleville, dans une résignation que souligne le trait doux d'une bande dessinée, qui leur est consacrée... 

Koï dans sa livraison d'été interroge le sexe et les clichés qui s'attachent quand on évoque l'asie, j'y trouve l'interview d'une ex-star du x, asiatique et française, Céline Tran dite Katsuni, mais aussi raconte l'érotisme japonais et ses fantasmes de corps attachés... Il y a dans ces clichés une forme de réconfort. 

Mais le Japon a d'autres charmes...

Et peut ressembler soudain à une paillairdise flamande.. A la une du magazine du Monde, de joyeux habitants de Tokyo, en kimono traditionnel portent en triomphe, sur un palanquin, un phallus géant, tout rose et ce phallus de fer et de bois se décline en friandise, des bonbons phallus sucrés que l'on lèche avec une ferveur grivoise. Nous voici au Kanamara matsuri, le festival du phallus de fer qui se tient chaque année à Kawasaki au sud de la capitale japonaise... Mais cette année la parade n'a pas eu lieu, les photos datent du temps d'avant  le coronavirus, elles ont la beauté donc des insouciances envolées, mais cette absence nous autorise le sacré. Car le culte du phallus de fer est un rite authentique, venu du shintoïsme, qui lie l'homme et à la nature et à l'invisible et il s'agit ci, évidemment, de fertilité, le shintoïsme enseigne qu'il faut s'occuper des dieux pour s'occuper des hommes... Le culte du phallus de fer, oublié depuis le XVIIe siècle, a été ressuscité il y a une quarantaine d'années par une famille de prêtres, la paillardise est venue ensuite, mais cette année, il n'est resté qu'une cérémonie codifiée dans un temple, elle est ordinairement réservée aux initiés, mais par internet, chacun y était convié...

Le sexe ne nous lâche pas, il est l'objet de la revue America, sex in the USA, riche comme chaque trimestre. Le romancier Seth Greenland interroge les origines de son pays fondé par une secte religieuse anglaise austère, dirigé aujourd'hui par un président priapique,  qui est apparu jadis, heureusement habillé, dans des videos de porno soft... Le reste est un chemin, Greenland date la révolution du corps de john Fitzgerald Kennedy qui fit basculer le désir dans la politique... Avant; rien ne se montrait, et qu'aurait été l'Amérique si l'on lui agait dit, si elle avait vouu savoir que son président austère et le plus vénéré, avait été homosexuel ? Abraham Lincoln dont un ancien biographe évoquait « les effluves de lavandes et les tendresses particulières" et qui jeune partageait son lit avec un ami, était-ce une inclinaison où la nécessité de jeunes gens pauvres?

On parle enfin d'enfants oubliés... 

Nés dans notre passé colonial en Côte d'ivoire des rencontres entre jeunes femmes locales et colons français, l'Express raconte ce temps où on lisait un best seller intitulé « L’amour aux colonies’... Mais le fruit de l'amour était maudit: "Pourquoi portez vous un enfant blanc dans le dos »; avait demandé en 1944 une notable à Henriette qui avait répondu: « C'est ma fille, son papa s'appelle Reinach » - du nom d'une grtande famille d'intellectuels de gauche, juifs persécutés par les nazis mais qui étaient aussi planteurs en Afrique et dont un rejeton avait trouvé bien belle Henriette qui avait 16 ans et qui fut jetée en prison pour sa réponse, le temps qu'on vérifie. En ce temps-là, la République ouvrait aussi des orphelinats pour ces « bâtards », qui aujourd'hui réclament à la france qu'elle les reconnaisse, et fasse d'elle des citoyens, parmi eux jeanne, la fille d’Henriette,

Rendre la vérité à ces enfants de nous, ce serait une belle tache pour le Président Macron, dont les journaux ce matin délimitent la puissance. Le voilà selon le Figaro en butte aux réticences des partenaires sociaux qui ne veulent pas remettre en marche son projet de réforme des retraites, mais aux unes de Libération,  de la Croix et du parisien, on me parle de la flèche de Notre-Dame qui sera reconstruite à l'identique, comprenez l'identique façon XIXe siècle, celui de Viollet-le-Duc, le président Macron n'aura pas imposé un « geste architectural » qui aurait marqué son temps.  

En sera-t-il nostalgique plus tard. ou se consolera til d'avoir réinventé le plan, on lui en porte le projet, l'Opinion s'en inquiète. 

Le Monde me dit que dans la crise sanitaire, les experts que l'on invitait dans les media à nous recadrer étaient si rarement des expertes. Mais le Wall street journal traduit par l'opinion me dit que la culture masculine souffre aussi puisque la pandémie  et le relâchement des tenues se sont conjuguée pour précipiter la faillite de Brooks brothers, dont les costumes enserraient les mâles de pouvoir américains quand le pays était tenu. 

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