(Nicolas Demorand : « Et ce matin, la revue de presse en films »)... C'est "Midnight Express", ou un "James Bond" particulièrement violent, mais raconté avec des dessins presque enfantins... Clotilde Reiss a choisi Radio France, et précisément France Culture, pour raconter, pour la première fois, longuement, ses dix mois en Iran. L'émission sera diffusée aujourd'hui et demain à 13h30. Vous avez entendu un extrait dans le journal de 8 heures. Une partie de l'entretien est également retranscrite dans Libération, accompagnée de croquis réalisés par Clotilde Reiss. Quelques traits et de grandes plages de couleurs sombres, pour décrire sa cellule à la prison d'Evin : 8 m², quatre détenues, juste un robinet et une moquette très sale, deux couvertures et une brosse à dents par détenue. "On dormait par terre. Une seule fenêtre, mais en hauteur pour qu'on ne puisse pas voir l'extérieur". "Quand je suis arrivée, mes trois co-détenues souriaient. J'ai compris ensuite que leur survie passait par là. Quand d'autres filles arrivaient, on essayait toujours de faire bonne figure". Deuxième croquis, tout en gris : l'extérieur de la prison... "Il y avait une foule de gens : des parents de prisonniers, qui attendaient des nouvelles". Troisième dessin, toujours du gris... La tenue des interrogatoires : bandeau, tchador, chaussettes. "On te fait asseoir face au mur. On te pose vingt ou trente fois les mêmes questions". Dans le journal de 8 heures, vous avez entendu l'extrait où elle raconte notamment le procès. "Le jour le plus dur de ma vie", dit Clotilde Reiss. "On était avec une centaine de prisonniers, tous fatigués. On voyait les cheveux blancs qui avaient poussé. Ils n'avaient pas vu la lumière pendant des semaines. C'étaient des gens qui, comme moi, ne comprenaient rien". "Clotilde Reiss, croquis de prison" : c'est donc dans Libération, mais surtout sur France Culture, dans l'émission "Les Pieds sur Terre" de Sonia Kronlund, aujourd'hui et demain à 13h30. Récit de l'horreur, dans un autre contexte... Dans Le Parisien-Aujourd'hui, vous pourrez lire le témoignage du couple agressé le lundi de Pentecôte, près de Grenoble, par trois malfaiteurs d'une violence inouïe. Ils ont été arrêtés depuis. Viols, tortures physiques et psychologiques : c'est insoutenable. C'est l'homme du couple qui parle... "J'ai lu quelques articles sur notre agression qui faisaient allusion à 'Orange Mécanique' : ce n'est pas loin de la vérité". (ND : « Direction l'Afrique, à présent »)... "Les dieux sont tombés sur la tête"... Quand une bouteille de Coca-Cola sème la pagaille dans une tribu africaine... Là, c'est plus qu'une bouteille de Coca : c'est une Coupe du Monde qui tombe sur l'Afrique. Va-t-elle changer son destin ? En tout cas, les magazines, en particulier, en profitent pour zoomer sur l'économie en Afrique. Et les nouvelles sont plutôt bonnes. "Quand l'Afrique s'éveillera", titre Challenges. "Investisseurs alléchés, marchés dynamisés, pays mieux gérés" : c'est "5% de croissance en moyenne depuis l'an 2000". Illustration dans le mensuel L'Expansion. Une photo, pour commencer… 65 boutiques réparties sur 20.000 m², des allées claires et climatisées, un parking de 1.000 places : ce centre commercial n'est pas à Paris, Londres ou Chicago, mais à Accra, capitale du Ghana. Les grandes entreprises commencent sérieusement à s'intéresser à l'Afrique, ce marché d'un milliard d'habitants. Bien sûr, c'est encore le continent de toutes les inégalités. Mais, au-delà des plus riches, un gisement de consommateurs est en train d'émerger. C'est ce qu'on appelle le "prochain milliard". Ils sont aujourd'hui entre les très pauvres et la classe moyenne : entre 2 et 10 $ par jour de revenus. Mais ils ont réglé leurs problèmes de survie et ils songent à l'amélioration de leur confort. C'est la petite prospérité. Et elle accompagne la naissance d'un petit marché dynamique. On ne vend pas de grandes boîtes de lessive mais des sachets, pas des boîtes de « Vache qui Rit » mais des portions... Les cigarettes et les yaourts partent à l'unité. Mais au final, les petites flaques font les grands lacs. Le fromager Bel voit ses ventes augmenter de 5% par an sur le continent. C'est une Afrique qui s'urbanise. Et ces petits clients, explique Benjamin Neumann dans L'Expansion, sont d'autant plus intéressants qu'ils travaillent, dépensent et investissent sur place, alors que les très riches Africains font souvent leurs emplettes aux Etats-Unis ou en Europe. Cette petite classe moyenne atteint maintenant une taille critique qui lui permet de jouer un rôle social stabilisateur. (ND : « ’Les dieux sont tombés sur la tête’, disiez-vous... En tout cas, ils arrivent en Afrique »)... Les dieux du foot... Mais, au fait, "Dieu aime-t-il le foot ?". Question à la Une de Pèlerin Magazine (nouvelle formule depuis la semaine dernière). Au-delà des manifestations de religiosité de certains joueurs, certains sociologues, nous dit Pèlerin, font du foot la religion du XXIème siècle. "Il présente de vraies affinités avec les rituels religieux", dit l'ethnologue Christian Bromberger : "un calendrier quasi liturgique, des trophées en forme de calice, un public aux allures de communauté". Les jeux de pelote, puis de balle au pied, rappelle l'hebdomadaire, ont d'abord participé du culte païen. Mais ne nous emballons pas. "Evidemment, le foot n'explique en rien d'où nous venons et où nous allons. Il consacre seulement des valeurs qui façonnent nos sociétés : le mérite individuel, avec des joueurs partis de rien qui deviennent tout ; la solidarité, inhérente aux sports collectifs ; et les appartenances nationales ou régionales". Au passage, dans Le Monde, Jean-Pierre Langellier raconte comment la Fédération internationale de foot a demandé, aux Brésiliens en particulier, de lever le pied sur les manifestations de religiosité. On a demandé à Kaka, la star du Brésil, d'enlever le T-shirt "I belong to Jesus" qu'il porte sous son maillot. Le joueur a trouvé la parade : il a fait graver sur ses chaussures l'inscription "Jésus avant tout". "Football : enquête sur une superpuissance" : c'est le supplément du Monde aujourd'hui. Le spécialiste de géopolitique Pascal Boniface relève que la FIFA est, d'une certaine manière, plus puissante que l'ONU : "Les Nations Unies empilent des résolutions foulées au pied par les protagonistes. En revanche, quand la FIFA prend une décision, elle est respectée. Et elle a accompli deux miracles jusqu'à présent hors de portée de l'ONU : faire cohabiter dans la même organisation Israël et la Palestine, ou encore la Chine et Taïwan". Le sport comme instrument de réconciliation... Clint Eastwood a raconté ça dans son dernier film à propos de la Coupe du Monde de rugby. "Invictus" se passait déjà en Afrique du Sud. (ND : « En bref, quelques bandes-annonces pour continuer »)... "La solitude du gardien de but"... Dans Le Parisien, Christine Boutin se défend et fait son mea culpa à la fois. 9500 € de salaire net pour une mission sur la mondialisation : "Je comprends que cela puisse choquer, mais je suis profondément indignée qu'on mette en cause ma mission". Et sur le cumul de ce salaire avec ses indemnités d'élue, elle répond : "La loi est comme ça. Je ne vais tout de même pas détailler l'usage de mes revenus. Cela ne change rien à mon inclinaison vers la précarité et la fragilité sociale". Au Tribunal de Paris, c'est un peu "Matrix" qui se joue au procès Kerviel. On parle d'un monde parallèle, fait d'écrans d'ordinateurs et de mots incompréhensibles. Pour Stéphane Durand-Souffland dans Le Figaro, se pose le problème de l'incompréhension des débats : "ils sont publics, mais tellement techniques que s'instaure une sorte de huis-clos pour initiés". Quant aux Bouches-du-Rhône, elles sont entre "La Mouche" et "Tigre et Dragon" en ce moment. Le moustique-tigre se propage en Provence. C'est le vecteur de la dengue et du chikungunya. Comment faire pour se protéger ? Réponse dans le quotidien La Provence. D'abord supprimer les eaux stagnantes, et puis apprendre à repérer l'insecte. L'adulte femelle, la seule qui pique, a l'abdomen effilé, avec des bandes transversales blanches et une ligne blanche sur le thorax. Elle est agressive le matin et le soir, et elle pique surtout les pieds et les jambes. Allez, pour finir... A l'heure où la France doute de son économie, de son influence et de son équipe de foot, le film "A bout de souffle" est célébré dans le monde anglo-saxon. On n'en parle pas beaucoup ici, mais aux Etats-Unis on marque le 50ème anniversaire de sa sortie. "'A bout de souffle' a tout influencé, point final", écrit un journaliste de Seattle. Le New York Times fait son autocritique et reproduit la critique publiée au lendemain de la sortie du film en 1960 : il était jugé "amoral, choquant et vicieux", et Belmondo "incroyablement laid". C'est Slate.fr qui relève cet hommage de l'Amérique à la Nouvelle Vague, extraits de film à l'appui. Quand Jean Seberg et Belmondo jouaient à "Sauve qui peut la vie"... (extrait sonore) Allez, souriez et prenez votre souffle : demain, c'est la Coupe du Monde... Bonne journée...

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