(Nicolas Demorand : "Et à la Une, ce matin, une interview de Bernard Giraudeau")... Des millions de personnes souffrent du cancer. On en parle souvent dans la presse, mais du point de vue de la recherche et des médecins, ou des finances et des politiques... rarement du point de vue des malades. Il faut qu'une personnalité soit pincée par le vilain crabe (comme François Mitterrand en son temps) pour qu'on écoute enfin, longuement, la parole d'un malade. Bernard Giraudeau a reçu Eric Favereau, spécialiste des questions médicales à Libération... "Il vous reçoit un peu las, mais avec un grand sourire", écrit le journaliste. La maladie n'a pas entamé sa beauté légendaire. Simplement, il est fatigué. Depuis bientôt dix ans, Bernard Giraudeau, 62 ans, est atteint d'un cancer, d'abord du rein puis du poumon. Il a eu quatre rechutes et autant d'opérations, et une chimio interminable. - Comment allez-vous ? - Pas trop bien en ce moment. Les traitements lourds des chimios ont tendance à vous enlever un peu de la vie. Alors on s'interroge : si c'est pour continuer à vivre avec cette vision-là. Mais il y a toujours des lueurs, des fragments possibles, des gens qui vous entourent. toujours quelque chose qui fait que, si je peux encore voir ou vivre cela (points de suspension), ça vaut le coup. L'acteur raconte l'extrême fatigue : manger demande un effort colossal tous les jours. "Il y a toujours quelque chose de dérangé : la tête, les intestins". Il raconte l'hôpital, qui fait ce qu'il peut alors qu'on supprime des postes. "Dans la valeur donnée aux choses, la médecine est bafouée, attaquée par les pouvoirs publics, qui veulent faire des économies à tout prix". "Et puis le cancer échappe à tout le monde, mais il n'échappe pas aux patients. Il y a des médecins qui sont totalement inconscients. Je les appelle 'les médecins assis' : assis sur leurs connaissances. Ils sont si loin de vous". Et l'acteur poursuit... "Mais le cancer a toujours un sens. Pour un homme adulte sur le deuxième versant de sa vie, un cancer peut être un message, un questionnement. Vous vous rendez compte qu'il vous reste dans la vie peu de choses, mais elles sont là, importantes". "Regardez ce que l'on vit autour de nous : le bruit, la pollution, le téléphone qui est comme une laisse... Et nous n'avons plus le temps de penser à l'autre. On ne doit pas abandonner une certaine forme de connaissance avec la nature pour des acquis technologiques. Car si c'est pour vivre cent ans en passant les dernières années à l'hôpital, ce n'est peut-être pas la peine". La photo qui illustre l'article est très belle : noir et blanc, l'acteur vêtu de noir y pose en pied, de trois-quarts face. Il est sur la pointe des pieds. On se souvient des derniers voeux de François Mitterrand aux Français, en décembre 1994 : "Je crois aux forces de l'esprit". Bernard Giraudeau y croit aussi. Au-delà du corps, "je suis certain qu'il y a une force de l'esprit qui permettrait de retrouver un équilibre, ou simplement savoir qu'il y a un point d'équilibre, la note juste". (ND : "Blue note... L'Europe a le blues. Ses dirigeants ont-ils trouvé le ton juste pour mettre fin à la crise ce week-end ?") Esprit de l'Europe, es-tu là ? Toc toc toc, on frappe sous la table et Robert Schuman surgit. Car "l'Europe a l'âge de la retraite", comme le titre ironiquement Mediapart : il y a 60 ans, Schuman prononçait sa déclaration, prélude à la Communauté du charbon et de l'acier, acte de naissance de la construction européenne. Tous les journaux y font référence. Alors on est allé rechercher le texte. C'est un bon point de départ pour commenter le week-end brûlant qui vient de s'achever à Bruxelles. "Messieurs, disait Schuman en 1950, il n'est plus question de vaines paroles, mais d'un acte, un acte hardi, un acte constructif. La contribution qu'une Europe organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien de relations pacifiques. L'Europe n'a pas été faite, nous avons eu la guerre. Elle se fera par des réalisations concrètes, créant d'abord une solidarité de fait". A l'époque, il s'agissait de mettre en commun le charbon et l'acier, autrement dit ce qui permet de fabriquer les armes et de transporter les soldats. Aujourd'hui, le nerf de la guerre, c'est l'argent. (ND : "Alors, cette semaine, c'est "l'euro à quitte ou double", comme le titrent Les Echos")... C'est "la semaine de tous les dangers", pour Le Figaro. C'est même la "dernière chance pour l'Europe", selon Libération. La Charente Libre résume les décisions du week-end... C'est "le pari européen à 500 milliards". Mais Sud-Ouest se demande : "Leur plan va-t-il fonctionner ?". Un soupçon d'optimisme apparaît dans Le Figaro... "L'Europe s'est toujours construite sur des crises", écrit Gaëtan de Capèle. "Malgré ses dissensions internes, elle finit toujours par se retrouver sur l'essentiel. Ce fut le cas ce week-end". On verra ce qu'en disent les places boursières ce matin. Beaucoup moins d'optimisme à la Une de L'Humanité... Le journal titre sur "la faillite de l'Europe libérale". L'Europe en faillite... Le député européen Alain Lamassoure est d'accord, mais pour d'autres raisons. "20 pays de l'Union sur 27 ne vont pas bien. Il y a les cigales, comme la Grèce ou la Hongrie. Il y a les escargots, comme l'Allemagne ou la France : croissance molle ; le bien-être de la population ne progresse pas. Et puis il y a les dopés, comme le Royaume-Uni ou l'Espagne : c'étaient de bons élèves, mais leur modèle n'était pas soutenable. La plupart des pays européens ont perdu le secret de la croissance". Ajoutez à cela que les dirigeants des grands pays perdent les élections les uns après les autres. Après Nicolas Sarkozy et Gordon Brown, Angela Merkel subit à son tour le sale temps électoral qui pèse sur une Europe en crise. Le titre est sur le site Rue89. Encore un mot sur ce sujet... Après des semaines de commentaires négatifs, Nicolas Sarkozy retrouve un peu les faveurs de la presse, ce matin. Il a été un acteur-clé du week-end bruxellois. Comme en 2008, écrit La Tribune, le chef de l'Etat utilise la scène internationale pour tenter de rétablir son image. (ND : "Quoi d'autre dans la presse, Bruno ?") Une évasion pas banale au commissariat de Dreux. C'est Le Parisien-Aujourd'hui qui raconte... Ca s'est passé fin avril. Les policiers avaient sous leur garde un homme déjà condamné pour vol avec arme et recherché pour trafic de stups. Ses complices l'ont libéré en passant par la porte arrière du commissariat, qui était ouverte, et en utilisant les clefs de la geôle qui étaient sur la serrure. Ce matin, dans les colonnes du Parisien, chacun se renvoie les responsabilités. Toujours dans Le Parisien, cette information : d'ici à cet été, 130 km d'autoroutes et de voies rapides en Ile-de-France vont être plongés dans le noir : plus d'éclairage la nuit. Mesure d'économie d'argent et d'énergie. Et, paradoxalement, il y aurait moins d'accidents, et des accidents moins graves, sur les voies rapides plongées dans le noir, car on est plus prudent. N'oubliez pas d'allumer vos phares tout de même. Toujours à propos de circulation... Si vous habitez la région lyonnaise, dans Le Progrès aujourd'hui, vous trouverez le palmarès des radars dans le Rhône. La guerre des prix dans le téléphone mobile... Selon Rue89, Bouygues pourrait lancer, la semaine prochaine, une offre illimitée sur les mobiles... autrement dit, pouvoir appeler 24 heures sur 24 sans limite de temps ou de créneau horaire. Guerre des prix aussi au plumard. Retour au Parisien... L'un des trois labos fabriquant une pilule qui redonne de la vigueur aux messieurs va diviser les prix par deux cette semaine. Selon le journal, ces pilules de l'amour se sont banalisées, et font évoluer la sexualité des hommes. On voit de plus en plus de messieurs de 50 à 65 ans au bras de femmes beaucoup plus jeunes. Et apparemment, leur charme ne tient plus seulement dans le portefeuille. Passé 50 ans, désormais la vie peut recommencer pour ceux qui ont la chance d'être en bonne santé. C'est vrai aussi pour les femmes. Dans Marie-Claire, ce mois-ci, témoignage sur le thème "Ma mère est amoureuse"... Tant mieux pour elle, mais ce n'est pas toujours facile à vivre pour les enfants. "Oui, je suis heureuse pour elle, mais c'est bizarre", dit Oriane, qui a 27 ans et dont la maman de 55 ans vient de se recaser. "La dernière fois que ma mère a été amoureuse officiellement, c'était de mon père, et je n'étais pas née. J'ai toujours connu un couple plutôt planplan. Rien à voir avec leur duo d'excités, qui a dansé une salsa torride pieds nus dans le salon récemment". Nathalie raconte qu'elle a dû interrompre une conversation, dans laquelle sa mère commençait à lui raconter ce qui se passe sous la douche. Alors c'est le monde à l'envers. Oriane avoue qu'elle espionne en douce sa mère sur Facebook. Dès que son nouveau chéri poste la moindre information, la maman s'empresse d'ajouter un commentaire. Bonne journée...

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