Derniers jours de Hollande à l'Elysée, ps, in mémoriam. la course à l'investiture en Marche

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par une date…

10 mai 81/10 mai 2017 « In memoriam » salue Nicolas Beytout dans l’Opinion, pour dire le chemin parcouru entre une date qui symbolise l’arrivée de la gauche au pouvoir, et aujourd’hui, date du dernier conseil des ministres d’une gauche à l’agonie dit il, menacée de déroute aux prochaines législatives »

Dernier conseil des ministres du quinquennat Hollande donc. Un adieu de plus pour le président qui n’en peut plus de ces adieux à répétition. C’est ce que raconte Laure Bretton pour Libération, qui a suivi pendant une semaine le chef de l’Etat sur le départ. Titre, « Un Hollande sur sa fin, f.i.n mais ça pourrait être son homonyme ou homophone. Un président à qui un badaud crie « françois on t’aime », et lui murmure « il était temps ». Un président qui à l’occasion de ses derniers déplacements « multiplie les questions à tous ceux qu’il croise, seul moyen qu’il a trouvé, écrit elle, pour qu’on ne lui en pose pas ». Un président qui va devenir un « ex » et qui essaie de se convaincre que c’est « très agréable la vie normale ». D’ailleurs, pour montrer qu’il y est prêt, il récite à haute voix le code de sa carte bleue. Un président en exercice qui passe une dernière fois par la Corrèze lors du second tour, on le voit sur la photo ôter la cravate au déjeuner, une rareté, et qui débite encore et toujours ses blagues ; il prend un bébé dans les bras et s’exclame « ah voilà mon enfant caché ! Closer est là ? Toi tu pourras dire que tu as vu Jaurès » « En roue libre écrit laure bretton, un peu pathétique, usant jusqu’à la corde son aura présidentielle ». Plus inspiré quand on le questionne sur « le président jupitérien » que Macron se propose d’être :« Pénélope, Jupiter, on aura tout eu dans cette campagne, mieux vaut être Ulysse, il est sérieux, coriace, malin, il lutte contre les maléfices » commente-t-il. « L’auto-portrait idéal » note la journaliste. Hollande qui se pose stoïquement devant le grand écran à l’élysée dimanche soir à 20 heures, entouré de ses ministres, la fille de jean vincent placé a sorti ses feutres pour dessiner sur la table basse, un président qui à l’annonce du résultat déclenche une salve d’applaudissements. Surtout pas de silence. »

A la Une de la presse également, la zizanie des législatives…

« Macron chamboule tout » titre le Courrier Picard, il chamboule aussi bien les socialistes que les Républicains. Mais vos quotidiens insistent ce matin surtout sur le coup de grâce que Manuel Valls aurait porté au Ps en réclamant hier l’investiture d’en Marche. « La fin du parti socialiste » annonce AUjorud’hui en France/le Parisien. Dans Libération, Willem croque Manuel Valls se trainant sur 2 béquillant, clamant « Plus en marche que moi, tu meurs ». Que va faire le président élu de son offre de service? Le couperet vient de tomber; pas d'investiture en marche

Mais En Marche n’a pas Valls, comme seul cas à traiter. Ce matin, dans Society,

article amusant sur « La quête corse », la quête de 18 postulants qui jouent des coudes pour obtenir l’étiquette supposée bienfaitrice. 18 postulants pour seulement 4 circonscriptions dans une île où Marine le Pen est arrivée en tête au 1er tour. Avant le couperet demain de la liste officielle des candidats En marche, Raphaël Malkin nous raconte comment chacun se démultiplie sur le terrain, le maquis corse pour emporter le morceau. Le maire de Tomino en Haute-Corse François Orlandi qui affirme que son rapprochement avec Macron a été « naturel », car « ils ont vraiment des idées en commun », Julien Morganti, 32 ans, ex adjoint au maire de Bastia lui dispute l’antériorité de son ralliement et en plus, « on lui dit qu’il ressemble à Macron », si ce n’est pas une carte à jouer ça ! les deux se disputent la proximité qu’ils entretiendraient avec le nouveau président, « quand il est venu en corse, il était dans ma voiture dit le premier », « oui mais j’étais dans son avion » rétorque un 3ème Henri Malosse qui table lui sur la promesse de renouvellement politique, appuyant par ailleurs là où ça fait mal en Corse, le remugle des affaires…Quête corse pour obtenir le sésame en Marche, mais au fond « peu importe cette investiture, car tous le confessent volontiers. Quoi qu’il arrive, ils participeront au match final, affirmant tous, un peu paradoxalement écrit le journaliste, qu’ils feront en sorte d’aider le camp qui n’a pas voulu d’eux ». A lire dans Society, avec en Une, la photo du président les yeux clos, et une invite « à méditer »

Un président qui continue d’inspirer les Unes des hebdos Hélène

Sur des tons évidemment différents : « Saison 2 », pour Valeurs actuelles avec la photo de François Hollande et d’Emmanuel Macron réunis le 8 mai, pour dire la continuité, malheureuse évidemment …« Macron 1er » à la Une des Inrockuptibles avec Charline Vanhoecker, Alex Visorek et Guillaume Meurice dont on ne sait pas s’ils accrochent le portrait officiel du président, ou s’ils seront les premiers à le brocarder, même si on a une petite idée

Et carrément iconoclaste pour La Vie.L’hebdomadaire chrétien a d’ailleurs fait part de ses interrogations sur twitter hier pour savoir s’il osait ou pas. Il a osé, la Vie qui affichera en Une un Macron, mi jésus marchant sur l’eau, mi César en toge, drapeau français à la main, et qui clame « ça peut marcher »

Dans les « 12 trucs qui nous ont fait du bien après la présidentielle » le site de Néon magazine reproduit un tweet marrant qui consacre le décalage entre l’ancien et le nouveau monde : on y voit Macron deviser avec Hollande sur le perron de l’élysée, « pour les ministres, c’est la RH qui gère ? demande le premier. Y a pas de RH. Ah merde, ils le savent dans l’open space ? on dit « assemblée nationale » le corrige Hollande

Esprit start up moqué, mais qui a néanmoins réussi au premier. Dans Les Echos, Edouard Tétreau consacre sa chronique à s’extasier de cette victoire d’Emmanuel Macron, et du fonctionnement hors norme de son mouvement qui nous éclairerait même, dit il, sur ce que doit être le leadership au 21ème siècle. Pour lui la start-up En marche a prouvé qu’il fallait savoir prendre des risques, que le management par la peur et l’argent, c’était fini, les marcheurs et autres Helpers ont surtout été happés par une « ambition promothéenne » dit il et enfin qu’une telle réussite tenait à la « bienveillance » érigée en vertu par son ancien animateur. Voilà s’exclame t il, les nouvelles conditions de la réussite au 21ème siècle !

Soyez tous des Macron dans vos entreprises ! Sauf qu’on en n’est pas vraiment là, si l’on en croit le récit que Mathilde Ramadier tire de son expérience dans des start-up berlinoises, mais elles pourraient aussi bien être françaises assure-t-elle. Récit caustique, à lire en ligne dans le Monde économie, où elle raconte comment la novlangue et les smileys dissimulent en fait une grande précarité des salariés dans ce type d’entreprise, des paies au lance pierre, 960 euros par mois pour elle, des vies en vase clos pour ceux à qui on propose de laver leur linge, boire des bières gratos et dormir sur place jusqu’à effacer toute frontière entre boulot et vie privée ; bref la coolitude des start-up n’est pas franchement ce qu’on raconte. Ca n’empêche visiblement pas certains de se bousculer au portillon de l’une d’entre elle

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