Et un bon jeu vidéo peut (presque) remplacer une ballade en forêt, et on attend le cannabis dans la Creuse, et l'on fête Aimé Jacquet à Sail-sous-Couzan, mais des adolescentes se battent après un match de foot...

Buse variable
Buse variable © AFP / NEVEU P./HorizonFeatures/Leemage

Un rapace attaque un cycliste... 

Cela se passe sur une petite route du Berry et dans le Berry républicain, un policier fait du vélo quand il se prend un violent coup à l’arrière de son casque... Une buse a planté ses serres dans son protège crâne.  « Ah, ça m’a bien secoué la tête ! », dit le cycliste, mais l'histoire va au-delà d'une anecdote champêtre pour jour de congé... Car il y a trois ans, au même endroit, la fille du policier avait été attaquée par un rapace et mieux encore, le Berry républicain a retrouvé dans ses archives des attaques de buse répétées contre des cyclistes il y a trois ans...  des oiseaux défendant leurs petits contre des intrus... 

Voilà notre histoire qui témoigne de la nature, elle nous manque la nature, l'a-t-on perdue de vue... et on cherche ses traces dans les lieux les plus surprenants. Ainsi, dans Usbek et Rica, journal internet de la modernité, on rencontre, Minh-Xuan Truong, doctorant au Museum d'histoire naturelle, qui trouve la nature dans un jeu video, Wolrd of Warcraft. Un jeu de batailles légendaires entre gnomes et elfes de sang, mais qui se déroule parfois dans des décors verdoyants, Nagrand, une sorte de savane d’eau, d’arbres et d’îles flottantes...  Et bien. Etude scientifiquement validée. Les joueurs de World of warcraft demandent ces verts paysages; ils trouvent dans le jeu "ma dose de couleur, de lumière et de nature » ; les pixels et le jeu réveillent en nous les hommes primitifs qui évoluaient dans de véritables savanes... 

Evidemment, il manque encore l'humidité d'une balade en forêt... Il faudrait imaginer un jeu qui forcerait à sortir... Oui mais au risque de rencontrer une buse? 

La nature nous manque et la campagne nous hante

Le Un raconte les nouveaux visages de la campagne, qui ne perdent plus d'habitants mais où les enjeux sont sociaux, un tiers des ruraux sont des ouvriers, un quart vivent dans des communes sans commerce... Mais les campagnes changent, des néo-ruraux qui s'indignaient du bruit et de l'odeur des vaches, deviennent des militants des villages. On s'organise à la campagne, dans le Berry Républicain encore, on découvre Kangouroule, une crèche itinérante de village en village... Et on transgresse à la campagne... 

Dans la Creuse où l'on grogne dit l'Express contre les limitations de vitesse à 80 km/heures, un conseiller régional socialiste et de jeunes agriculteurs veulent découvrir l'or vert. Il s'agit de faire de la creuse le pays du cannabis, destiné à la médecine, car le cannabis, en Allemagne ou en Pologne, est un médicament anti douleur reconnu... Libération et la Montagne ont raconté cette grande ambition... Et C'est la Une du Parisien ce matin, Marien, ancien dessinateur industriel  qui fait pousser du chanvre a une bonne tête de nouveau paysan ou d'entrepreneur...  Il faudrait simplement que l'Etat donne le feu vert pour que la Creuse prospère... 

Et on joue aussi au football à la campagne... 

Et on a de la mémoire... Et à Sail-sous-Couzan dans le Forez, Lilian Thuram, Alain Boghossian, et Christian Karembeu viennent aujourd'hui fêter les vingt ans de notre coupe du monde, et accompagnent leur sélectionneur Aimé Jacquet, se réjouit le Pays roannais, car Sail-sous-Couzan est le village natal de Jacquet, on l'appelle encore "Mémé" ici et "Mémé" vient parfois rendre visite aux anciens, dans la maison de retraite Les Colombiers... Le Pays roannais rappelle aussi l'accent de Mémé que moquaient des media nationaux... Les blessures restent et les fractures sociales et culturelles et le football les traduit...

L'Est républicain, qui célèbre en ouverture la beauté des vaches choyées, raconte aussi, un match de football féminin, qui a dégénéré, c'était dimanche à la Rivière Drugeon où les adolescentes locales, recevaient l'ASC Montbéliard... qui sont arrivées en retard, qui ont joué dur, et qui se sont battues, crachats insultes et coups et vitres cassées... Et l'on entend dans le journal la stupeur d'une campagne heureuse face à une violence venue de la ville et autre chose encore, car l'ASC Montbéliard, a une histoire sociale, issue de l'immigration, il est né d’une fusion de deux clubs jadis nommés FC Marocains de Montbéliard, et les Algériens de Montbéliard, et le président Omar Timjit dit que ses joueuses ont réagi aux insultes des spectateurs, qui les traitaient « de tous les noms ». Lesquels ?

Le football dit la société. Libération nous narre les affaires de cour, de clan, d'argent et de mesquineries qui minent le Paris Saint-Germain, Paris qui se prépare à être sanctionné par l'union européenne de football, c'est dans l'Equipe, mais qui prépare pourtant ses emplettes sur le marché des transferts, et cela donne la même sensation d'irréalité que cette ferme où la reine Marie Antoinette jouait à la bergère avant la révolution : la maison de la reine a été rénovée pour 5.5 millions d'euros grâce à la générosité de la maison Dior... C'est dans Paris-Match, c'est si joli, c'est horrible, à la fois, comme la munificence d'un club hors-sol, quand on lit la pauvreté vaillante de véritables paysans...

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