Uber entre en bourse, un Godzilla estimé à 90 milliards de dollars, mais aussi un colosse endetté: Le Monde, le Figaro, Libération. Le Samu n'est pas venu, une femme est morte à la porte des urgences, l'Est Républicain. Fatoumata Kebe dans Usbek et Rica est notre raison pour aborder sereinement le week end qui vient.

On parle de milliards ce matin...

Et un rayon de soleil au centre de la Une du Figaro illumine le sigle de Uber... Uber qui entre en bourse aujourd'hui à New york dans un fracas annoncé, voilà le Godzilla des introductions en bourses dit le Monde, valorisé à 90 milliards de dollars et qui aspire à devenir le nouvel Amazon, une entreprise  qui cadrera nos existences et nous transportera nous, nos marchandises et nos repas, en VTC en trottinettes vélos à louer et bientôt en taxis volants... A l'avenir plus personne n'aura de voiture dit son patron, et voilà de la puissance, qui console la bourse quand 1300 milliards de dollars de valeurs boursières se sont évaporés sur les marchés, la faute aux tensions entre washington et pékin...   Heureusement, les entreprises du nouveau monde, les pépites technologiques dit le Figaro se précipitent à wall street, pas seulement Uber... Mais cette ruée est un pari, et peut-être une bulle... Et Libération met à nu les licornes, comme on appelle les start-ups américaines valorisés à plus d'un milliards de dollars. Elle ne dégagent pas de profit, elles sont endettées à force d'investir et quand elles arrivent en bourse,  sur-cotées, elles voient leur action partir en glissade... Le concurrent de Uber, Lyft, introduit en mars, a déjà perdu 20% de sa valeur, Uber fera-t-il mieux qui est un monstre aussi de pertes, 1 milliards au premier semestre 2019 dit libération, 2.9 l'an dernier... Et ce panier percé n'a pas de modèle, dit le Figaro: Uber voudrait être globale et mondiale, comme Facebook dont le patron Mark Zuckerberg rencontre emmanuel Macron, Facebook dont la puissance inquiète même un de ses fondateurs qui dans le New York Times demande son démantèlement! Mais en réalité, Uber doit conquérir marché après après marché, ville après ville, pour ses voitures, et subit aussi des aléas humains dans sa production... A San Francisco, les VTC créent des embouteillages au lieu de soulager les rues, c'est dans le monde, qui raconte aussi ces chauffeurs qui manifestent devant le siège de Uber... « Uber ! Uber ! You’re no good ! » (« Uber vous êtes nuls ! »). Ils disent ces chauffeurs prendre tous les risques quand les capitalistes s'engraissent.    Et voilà ce parfum de lutte des classes sous la modernité, une scorie simplement, ou un inéluctable retour quand dans le Figaro, je découvre qu'au Soudan où la dictature est chassée on se rue sur des livres vendus à même les trottoirs, parmi eux, le vieux Marx.     Pendant ce temps, l'avenir s'installe, à Hong Kong où, m'informe le Financial times, les géants chinois de la tech  ont le feu vert pour concurrencer les banques... On cherche des femmes qui manquent dans la tech française me disent les Echos mais le Financial times dans son supplément me présente des investisseuses, "angèles" de star-ups dirigées par des femmes. L'avenir croque les symboles quand à Hollywood,  Netflix  je le lis dans le Monde, veut s'offrir une place-forte du cinéma de toujours, le Egyptian theatre inauguré en 1922, sur Hollywood boulevard, palais de l'image au plafond orné d'un soleil pharaonique...

La mort d'une femme en Lorraine aux portes des urgences.

Qui s'appelait Maryse Rabah-Otmani, 56 ans, qui avait été opérée d'une ablation de la vésicule biliaire le 14 mars derier, et qui trois jours plus tard, se sentait si mal  que sa famille appela le Samu, qui n'est pas venu... mais a suggéré que la famille elle-même conduise la malade aux urgences de Lunéville, à une demi-heure de route de chez elle... Elle a perdu connaissnce avant d'arriver, et rien ne l'a réveillée et on ne sait pas si une ambulance aurait sauvé cette femme, mais son histoire dans l'Est républicain nous ramène à ce que nous connaissons si bien en france, cette sensation d'être démunis.

On nous parle beaucoup d'Europe dans nos journaux régionaux, et la manière d'en parler st toujours la même, hier dans les DNA ou le Dauphiné, aujourd'hui dans la Voix du Nord, en décrivant les aides indispensables de l'Europe à nos territoires, mais  à force de lire ces vérités qui se ressemblent, cette sensation de dépendance s'accroit...

L'Usine nouvelle met de la puissance dans le débat européen et pose les termes d'une politique industrielle européenne qui prendrait naissance. La Croix met de la raison dans le débat européen et passe au banc d'essai les différents programmes, mais y ajoute un sens de l'histoire dans un voyage depuis plusieurs jours dans ces pays dont l"europe garantit l'existence, telle l'Estonie, européenne à l'ombre de l'immense Russie. La Vie y met de la passion, dans un numéro qui proclame  "nous sommes l'europe" et s'enflamme dans un éditorial lyrique autour des douze étoiles du drapeau bleu, et cite l'Apocalypse... "Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de 12 étoiles."  Elle « mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations ». 
Et l'europe serait donc "messianique et chrétienne" proclame le journal en proie à la brûlante nostalgie de l'idéal... 

Et une nostalgie semble mener la presse!

Et il n'est pas mauvais de s'y laisser porter, quand dans la Vie encore elle a  la saveur des crevettes de la mer du Nord que l'on pêche à Oostduinkerke , en Belgique, à cheval, aujourd'hui comme au Moyen-Âge... Nostalgie quand Les verts de saint etienne sont en une de l'Equipe... Nostalgie quand les débuts de l'ENA sont dans le Parisien magazine,  et en 1945, sous l'égide du ministre  communiste Thorez, c'était bien à la révolution qu'étaient destinés les élèves de la nouvelle école. La Provence nous conter les Contes de mon moulin et toutes la légende d'Alphonse Daudet, ce soleil-là nous éclairerait encore? Marianne célèbre Bourvil qui avait la classe!
Le passé est chouette mais l'avenir existe et s'il faut chercher de l'avenir, on ira regarder Usbek et Rica, qui est non seulement un site dédié au futur, mais un journal trimestriel, épatant dans sa nouvelle livraison où l'on imagine dans une utopie précise comment l'écologie pourrait porter dans trois ans une femme à l'Elysée, mais où l'on rencontre surtout une femme bien réelle, astrophysicienne 33 ans, l'âge du christ, française et fille d'immigrés maliens, et qui a travaillé au japon et dans la Silicon valley, monté une start-up pour économiser l'eau au Mali et écrit une thèse pour nettoyer l'espace des débris de satellites, et écrit un bouquin au passage, Fatoumata Kebe dans Usbek et Rica est notre raison pour aborder sereinement le week end qui vient. et au-delà. 

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