(Nicolas Demorand : "Et pour commencer, ce matin : un come back")... Un mystérieux panneau publicitaire est apparu sur la route, près de Minneapolis, aux Etats-Unis. La chaîne Fox News en a fait l'un des buzz du moment... (Extrait sonore) Sur ce panneau, George Bush fait bonjour de la main, avec son sourire à la George Bush. Et à côté, une inscription : "Est-ce que je vous manque déjà ?". C'est un groupe de petits patrons du Minnesota qui a financé la pub. "George Bush est de retour" : c'est la Une de Rue89, ce matin. Au-delà de l'anecdote, le site a lu la presse américaine. Et en couverture du dernier numéro de Newsweek, eh bien c'est encore une photo de George Bush. Et pas n'importe laquelle : celle prise en 2003 sur le porte-avions Abraham Lincoln après les premières frappes en Irak. Il avait alors annoncé la fin des combats majeurs. Mission accomplie. Pour Newsweek, après les élections du week-end dernier en Irak, la mission est accomplie : une nouvelle ère, plus démocratique, commence au Moyen-Orient. L'analyse est sans doute rapide, trop rapide. Mais ce retour en grâce de "W" dans les médias, pour Rue89, il est surtout révélateur de la baisse de popularité d'Obama. Time Magazine s'y met aussi. Titre de l'édition du 7 mars : "Obama fait les mêmes erreurs que Bush". "L'actuel Président n'a fait qu'édulcorer certaines politiques de son prédécesseur", dit un chroniqueur du New York Times. Guantanamo n'a pas fermé, les mauvaises pratiques des banques continuent, les divisions partisanes sont plus profondes que jamais". Alors George Bush manque-t-il aux Américains, vraiment ? En tout cas, une autre pub, diffusée dans Time, est peut-être encore plus cruelle pour Obama. Quatre photos : le visage de Barack devient progressivement celui de George. Slogan : "Changement ou toujours pareil ?". (ND : "Come back de George Bush en Amérique... Et en France ?") Eh bien "la France attend". C'est le titre de la chronique de Franck Nouchi aujourd'hui, dans Le Monde. Est-ce qu'elle attend Godot ?. Est-ce qu'elle surveille le désert des Tartares ? La littérature ne manque pas d'exemples où l'on n'attend rien d'autre que des perspectives sombres. C'est ce que capte Franck Nouchi dans l'air du temps, à quatre jours des Régionales... "La société française est en grande tension nerveuse, comme si elle était fatiguée psychiquement, expliquait il y a quelques jours le médiateur de la Réplique". Et Franck Nouchi ajoute : "On vote dans une semaine, mais on sait bien que tout se jouera deux ans plus tard, en 2012. Une réforme des retraites est programmée pour cette année, mais chacun sent bien que son ampleur sera conditionnée par le souhait de ne pas hypothéquer la Présidentielle. Alors, comme pour tuer le temps, on scrute. Cela ne présage rien de bon". Et que voit-on en scrutant la presse, ce matin, à propos des Régionales ? Une fin de campagne tendue en Ile-de-France, l'une des régions-clé selon Le Parisien-Aujourd'hui. L'affaire Soumaré est passée par là. Brice Hortefeux avait promis de faire la lumière sur cette affaire. Le Canard Enchaîné est allé plus vite que le ministre de l'Intérieur et s'est procuré le casier judiciaire du candidat socialiste : bulletin n°2. Un mot : "Néant" (le casier est vierge). Cela veut dire que les élus UMP qui ont accusé à tort Ali Soumaré d'être un délinquant multirécidiviste se sont procuré un fichier de police : le fichier STIC, que normalement seules des personnes habilitées peuvent consulter. Cela dit, tous les journaux vous aident à vous faire une idée avant les Régionales : - supplément spécial dans Le Parisien : "Tout savoir pour choisir" ; - "Le coût de la campagne et le palmarès des absences", à la Une de Corse-Matin ; - "Région : le bilan de Ségolène Royal", en manchette de La Charente Libre ; - enfin, L'Humanité fait sa Une sur l'action des régions pour l'emploi. Elles accordent chaque année un milliard d'euros d'aides publiques aux entreprises. Façon de dire que le scrutin des deux dimanche à venir est important. (ND : "Mais les réformes-clé, ce sera après les Régionales... comme la réforme de la justice")... C'est "la réforme à étouffer les affaires", dénonce Libération ce matin... Au-delà de la suppression du juge d'instruction, dénoncée par les magistrats, avocats et autres professionnels de la justice dans la rue hier, Libé relève un autre point de cette réforme : le délai de prescription des abus de biens sociaux va être raccourci. Total pour le quotidien : si cet avant-projet avait existé ces dernières années, il aurait empêché que des affaires retentissantes soient jugées... affaire de l'Angolagate, affaire Christine Deviers-Joncour : elles seraient passées à la trappe. Pour Laurent Joffrin, "le sens de la réforme ne fait pas de doute : donner à l'exécutif les moyens de contrôler beaucoup plus étroitement les enquêtes qui pourraient l'embarrasser... exactement le contraire de la démocratie irréprochable promise par le Président de la République". (ND : "Quoi d'autre, dans la presse ?") Le monde expliqué par les déodorants. C'est une enquête de La Tribune, qui nous parle, à sa manière, de la crise et de ses conséquences... Une bataille terrible fait rage en ce moment dans les rayons de supermarché du monde entier, entre les fabricants de sprays, sticks et autres billes : c'est "la nouvelle arme stratégique", titre La Tribune. Alors pourquoi ? Trois éléments de réponse : - D'abord la crise est passée par là, et les clients achètent moins de produits de beauté, plus chers, comme les crèmes antirides. Du coup, les grandes marques de cosmétique se rabattent sur le déo, moins cher et plus grand public ; - Deuxième point : la crise a révélé la montée en puissance des pays émergents. Eh bien, c'est la même chose au rayon déodorants. Dans ces pays, la classe moyenne s'enrichit, et elle voit dans ce produit un emblème de son nouveau statut ; - Enfin, il y a un sacré vivier de clients à conquérir : ce sont les hommes, pas fanatiques du déo. En France, par exemple, presque toutes les femmes en utilisent. Mais seulement 60% des hommes se mettent un peu de sent-bon sous leurs bras velus le matin. (ND : "Nous sommes mercredi, jour des sorties au cinéma... Et un film fait la Une du Figaro, ce matin")... Ce film, c'est "La Rafle", sur la tragédie du Vel'd'Hiv en 1942. "Souci documentaire exceptionnel", nous dit Le Figaro. Faut-il emmener les enfants voir "La Rafle" ? Le journal Mon Quotidien pour les 10-14 ans est allé au cinéma avec trois lecteurs... - Judith, 12 ans, nous dit qu'il y a des scènes choquantes : "Je le déconseille aux trop petits. Moi aussi, j'ai eu du mal, mais je ne regrette pas de l'avoir vu". - "On apprend beaucoup", confirme Clara, qui a 13 ans. - "Moi aussi, j'ai appris", nous dit Noah, 9 ans et demi. "Mais certaines choses auraient pu être expliquées en faisant moins pleurer". En d'autres termes, Pierre Vavasseur, le critique ciné du Parisien, dit à peu près la même chose que le petit Noah. "Ce spectacle a un air d'Hollywooderie qui fait passer au large l'émotion dont il voudrait être le miroir". Dans Libération, Didier Péron est sur la même ligne. Mais il relève que le film travaille à remplir un vide : il existe très peu d'images de la rafle du Vel'd'Hiv. Puisqu'on parle de jeunes adolescents, terminons avec cet article de Ouest-France sur l'expérience menée par des collégiens de cinquième à Sarzeau, dans le Morbihan. Ils avaient signé un contrat avec quatre professeurs : pas d'Internet pendant une semaine. Ils étaient 20 au départ. Seulement 8 ont tenu. Parmi ceux qui ont craqué : - Léo, qui devait absolument nourrir ses poissons rouges virtuels sur Facebook ; - Nicolas, qui a eu une envie irrépressible d'acheter des pièces de vélo sur Internet ; - Cédric... La tentation était trop forte : il a accès au Net dans sa chambre, comme 9 de ses camarades ; - Seul Aurélien a une bonne excuse... Sa mère est nulle en informatique : elle ne sait même pas mettre une pièce jointe dans un mail. Il fallait l'aider. Pour dire la vérité, même la documentaliste du collège était sur les dents : cela faisait des années qu'elle n'avait pas consulté l'annuaire... Bonne journée...

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