Demain, le Japon rendra hommage aux victimes du tremblement de terre et du tsunami du 11 mars 2011, anniversaire aussi du plus grand accident nucléaire de l’histoire. Cinq ans après, un homme témoigne…

Naoto Kan était premier ministre du Japon à l’époque. Libération l’a rencontré. Il se souvient : « à 14H46 a lieu le grand tremblement de terre. Dans les premières minutes, les rapports m’indiquaient que les réacteurs de Fukushima avaient été arrêtés sans problème…et puis une heure plus tard, j’ai su que les systèmes de refroidissement ne fonctionnaient plus. J’ai réellement eu des sueurs froides, raconte t il, j’ai compris qu’on entrait dans une situation très grave ». Une heure après l’accident dit il, j’avais en tête l’image de Tchernobyl. EN 86, il s’agissait d’un seul réacteur. A Fukushima, 6 réacteurs, 7 piscines de retraitement de combustibles irradiés. Si les substances radioactives s’échappent, c’est le centuple de Tchernobyl ». C’est lui qui prend la décision de maintenir sur place jusqu’à la dernière minute, au risque de leurs vies, les employés de Tepco, la compagnie qui gère la centrale. Lui qui imagine aussi dans un premier temps l’évacuation du grand Tokyo, 50 millions de personnes. Au final, c’est le directeur de la centrale qui décidera de son propre chef de faire venir des citernes de pompiers pour refroidir les réacteurs, cette idée qui ne figure dans aucun manuel, mais qui a sauvé la situation. Aujourd’hui Naoto Kan assume d’avoir opéré un virage à180 degrés sur le nucléaire. Fustigeant la culture de dissimulation de l’entreprise japonaise, plaidant du coup, pour que le nucléaire soit toujours maitrisé par les politiques, se battant pour la transparence en accusant l’actuel premier ministre d’entretenir à tort le mythe de la sécurité nucléaire. Inquiet à court terme pour le Japon et les conséquences encore vivace de Fukushima, mais optimiste pour l’avenir « à la fin de ce siècle affirme t il, il n’y aura plus de nucléaire sur la planète, y compris en France »

On poursuit avec les retours dans la presse de la mobilisation contre la loi travail hier dans toute la France

Des jeunes manifestants à Strasbourg à la Une du Wall Street journal, le New York Times raconte comment en voulant donner un coup de canif à « l’épaisse Bible, je cite du code du travail, Manuel Valls a pris le risque de mobiliser tous ceux qui dans son parti estiment qu’il commet un sacrilège », et tous vos quotidiens régionaux qui titrent sur les mobilisations locales. « La rue dit Non » pour le Havre Libre, « la colère les travaille » pour la république des pyrénées, « coup de semonce » pour Sud Ouest, « N’est ce qu’un début ? » s’interroge la Voix du Nord. Et c’est toute la question : comme il y a un nombre de manifestants selon les organisateurs et selon la police, il y a ce matin, la presse qui voit la manif à moitié vide, et celle qui la voit à moitié pleine. « déjà 500 000 » s’exclame L’Humanité, quand le Figaro s’extasie de voir que les « jeunes ne sont pas dupes ». On retiendra pour le fun et parce que ça nous rajeunit, quelques jolis slogans « faites l’amour pas des heures supp » ou encore à Lille, en ch’ti, « El Khomri, eut konnerie, in nin veut pas »…Et la suite ? et bien Les Echos affirment qu’Hollande s’apprête à lâcher du lest, citant 2 points, le fameux plafonnement des dommages et intérêts prud’hommaux, mais aussi la taxation des contrats précaires, piste confirmée hier par un ministre. Réponse lundI

Sujet moins polémique pour le gouvernement, c’est aujourd’hui que le ministre de la défense annonce des mesures destinées à renforcer la réserve militaire. Le Figaro nous rappelle que cette idée « que la France a vaincu grâce à ses réservistes s’impose en 1918 ». Alors que notre pays est de nouveau face à un grave péril sécuritaire, terroriste cette fois, comparaison n’est pas raison, mais l’élan citoyen est de nouveau sollicité. La réserve opérationnelle compte aujourd’hui près de 55 000 personnes, force d’appoint non négligeable, indispensable disent certains, et que jean yves le drian entend donc réactiver

Petite info, qui vous concerne Nathalie Kosciusko Morizet, vous êtes la 9ème candidate à la primaire des républicains. Mais il pourrait bien y en avoir un 10ème. Henri Guaino nous dit l’Obs, ne voit personne parmi les 9, qui développe une vision d’ensemble et une analyse macro économique…d’où ses tentations, mais pour l’instant, il ronge son frein

« Les réfugiés et nous », nous européens…débat philosophique et antique, et illustration dans la presse ce matin

Luc Ferry, dans sa tribune au Figaro rend hommage à l’écrivain Emmanuel Carrère qui dans son dernier livre résume en quelques lignes « ces légitimités qui s’affrontent dans ce débat », débat qui traverse toute l’europe et sans doute chacun d’entre nous : peut on accueillir toute la misère du monde ? Carrère dans son livre fait cet aveu singulier, « il dispose à Paris d’un logement confortable, mais si demain un décret lui ordonnait de se replier avec sa famille dans une seule des pièces de son logement pour laisser la place à des turcs ou afghans qui dorment en bas de chez lui dans la rue, certes il trouverait ça fort désagréable et s’organiserait pour déménager, mais je n’arriverais pas dit il à considérer cette mesure qui me lèse comme injuste ». Pour Ferry, c’est Créon qui a raison de défendre sa ville, quand Antigone a tout autant raison d’opposer la loi des dieux et du cœur à celle des hommes et de la cité

Et bien il faut lire en contrepoint, la formidable enquête dans le Monde de Marion Van Renterghem en Allemagne, où certains depuis qu’Angela Merkel a dit « Wir Schaffen das », on va y arriver, ont choisi de se confronter à cet impératif moral. En décembre 2014, Christophe et Anna lena ouvrent leur petite maison de rhénanie du nord à des réfugiés syriens. Récit d’une cohabitation difficile au quotidien, choc des cultures quand leur premier hôte, Wahl, un chrétien de Syrie refuse de se soumettre à l’autorité d’anna lena parce que c’est une femme. Ils finissent par établir un planning des tâches ménagères, « Wahl me regarde bouche bée, en état de choc décrit elle, il réclame une discussion « entre hommes », et finit par avouer…« ma mère me manque »…Après lui, c’est avec Omar musulman assidu qu’il faut apprendre à composer, ses 5 prières quotidiennes, son refus de mettre dans le lave vaisselle un verre de vin ». « des gens qui ont fui la guerre, on les aide, et c’est tout » tranche anna lena, qui reconnait pourtant que les événements de cologne sont venus créer un soupçon malsain. Un reportage ni tout noir, ni tout blanc. D’allemands, d’européens, qui ont choisi de ne pas choisir entre Créon et Antigone

On termine hélène par des nouvelles de nos confrères de Zaman, ce journal d’opposition mis sous tutelle par les autorités turques

Depuis dimanche et la parution du nouveau Zaman tout à la gloire du président Erdogan, ambiance surréaliste dans la rédaction, où les journalistes travaillent à côté des policiers. Récit à retrouver sur le blog du Big Browser du Monde. Les nouveaux administrateurs ont tenté de détruire les systèmes informatiques en débranchant les serveurs. Mais la résistance s’organise contre le musellement, les journalistes de Zaman ont lancé un site Turkish minute, d’autres renvoient sur les réseaux sociaux à des articles de leurs concurrents, l’ex rédacteur en chef fait lui le tour des media internationaux pour continuer d’alerter, notamment l’europe : « les media libres vont continuer même si on doit écrire sur les murs » prévient il. Les murs pour afficher sa liberté, ça changera des murs qui s’érigent sur nos frontières…

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