La revue de presse du samedi 10 mars par Rosalie Lafarge

Tour Eiffel. Trois ans de chantier prévus à partir d'octobre : c'est plus que pour la construction du monument !
Tour Eiffel. Trois ans de chantier prévus à partir d'octobre : c'est plus que pour la construction du monument ! © AFP / Joel Saget

Elle ne devait surplomber Paris que quelques mois, elle va fêter ses 130 ans. La Tour Eiffel doit se refaire une beauté et Le Parisien nous détaille "l'incroyable lifting" en perspective. Effectivement, la dame n'est plus toute jeune. Et à 130 ans, visiblement le petit coup de pinceau ne suffit plus, c'est à la chirurgie qu'il faut avoir recours ! 

Gustave Eiffel le disait lui même, "la peinture est l'élément essentiel de la conservation d'un ouvrage métallique". Or, la peinture de la Tour s’abîme, elle "craquelle" nous raconte le journal. On ne peut donc pas repeindre par dessus. D'abord, ça ne tiendrait pas. Mais surtout, ça peut être dangereux. "Une corrosion excessive pourrait fragiliser l'édifice". Bon bricoleur que vous êtes (peut-être) vous me direz : il faut décaper. C'est ce qui va être fait sur 10% de la surface totale soit 25 000 mètres carré entre le rez-de-chaussée et le premier étage.   

Il faut enlever 19 couches de peinture

Opération délicate en elle-même, on l'imagine. Mais encore plus parce qu'on trouve dans les anciennes couches du plomb. Un comble pour la Dame de Fer. Aujourd'hui la peinture au plomb doit répondre à des règles assez strictes. On ne peut pas exposer, comme ça, à la poussière de plomb les ouvriers qui vont se charger du décapage, les employés de la Tour, ni bien sûr les touristes. 

Tout cela va donc nécessiter une protection particulière, de grandes bâches, et pas mal de temps souligne Le Parisien. Trois ans de chantier prévus à partir d'octobre. C'est plus que pour la construction du monument !    

De construction, ou plutôt de reconstruction, il en est question au Front National  

Le parti tient son congrès dit "refondateur", à Lille, ce week-end. France Inter vous en parle, la presse aussi ! Gros dossier dans La Voix du Nord sur ce congrès. Congrès de "dépoussiérage" plutôt que de "refondation" souligne d'emblée lemonde.fr. "Hanté par le fantôme de Marion Maréchal Le Pen" selon le HuffingtonPost. Qui "portera un nouveau nom mais sera toujours le même" à la fin du week-end pour Slate. Où il va falloir "refonder" si on ne veut pas "s'enliser" d'après Le Figaro

Libération donne la parole aux électeurs frontistes désabusés. Quand Le Parisien choisit d'attaquer sous l'angle des élus qui désertent et claquent la porte ou pire, qui filent chez Les Patriotes, le mouvement de Florian Philippot, ancien bras droit de Marine Le Pen.  Affront au Front en quelque sorte.   

Donald Trump et Kim Jong Un à la Une du Figaro et de Libération

Il y a des jours comme hier, où les journaux voudraient sûrement pouvoir imprimer plus tard. Mais c'est comme ça. Le OK de Trump en pleine nuit chez nous fait que l'annonce de la rencontre ne trouve sa place que ce matin dans la presse. A la Une de Libération d'abord : "Trump-Kim, le doigt sur la détente" titre le journal qui met notamment l'accent sur "l'artisan du dialogue", le président sud coréen sans qui rien n'aurait sans doute été possible. 

"Face à Kim Jong Un, le quitte ou double de Donald Trump" préfère le Figaro qui lui, se penche sur cette "victoire diplomatique" du dirigeant nord coréen.  

Il est finalement beaucoup question d'image ce matin dans nos journaux. L'image de la Tour Eiffel à retoucher, l'image du Front National à changer, l'image de Donald Trump et Kim Jong Un que beaucoup voudront immortaliser, si cette rencontre a bien lieu.

Lui, voulait la contrôler jusqu'au bout son image 

Jusqu'après sa mort même. "Il redoutait de finir empaillé dans la vitrine à trophées de Staline". Il est en train de "prendre la poussière dans les tréfonds des archives secrètes de l'Etat russe". Il, c'est Adolf Hitler. Dont l'Obs promet de nous révéler les derniers secrets.  Secrets détenus par un bout de crâne et des morceaux de mâchoire. 

Le journaliste Jean-Christophe Brisard fait partie des rares à avoir eu accès aux restes du dictateur nazi.  Il publie un livre. L'Obs en relaie des extraits. 

Et on apprend que la fin de l'énigme repose peut-être dans de minuscules morceaux de tartre. Du tartre qui s'est déposé sur les gants du médecin légiste emmené par le journaliste, qu'on a pu faire analyser avec l'accord des autorités russes, qui a parlé et qui pourrait bien mettre fin aux multiples fantasmes qui entourent la mort d'Hitler. Récit fascinant dans l'Obs.    

L'école sous le pont du métro de Dehli

L'image du jour est à voir dans La Croix. Celle de ce petit garçon, assis en tailleur, pieds nus, cahier sur le genou et stylo à la main. Les yeux plus que grand-ouverts, captivé, suspendus probablement aux lèvres du maître d'école qui doit se tenir du côté du photographe. Oui, parce que ce petit garçon est à l'école. 

Même si cette école est sous un pont du métro de Dehli. Une école installée là par un épicier, et qui accueille gratuitement les enfants démunis du quartier. Sans tomber dans le cliché, autre que dans son sens photographique, tout l'espoir que représente le fait d'aller à l'école est certainement dans les yeux de ce petit garçon. Photo signée Brice Garcin et Hans Lucas dans La Croix donc.   

God au secours des Bleus

L'espoir qui s'affiche différemment en Une de l'Equipe. Le petit espoir, tout petit en fait ! L'espoir d'assister à un miracle en fin d'après midi au Stade de France. Et qui dit miracle dit Dieu. C'est à lui (ou presque) que s'en remet l'Equipe ce matin avant le Crunch, ("The Match" pour la Dépêche du Midi).

"Gode Save les Bleus" titre le quotidien sportif avant le France-Angleterre du jour, en rugby, pour le tournoi des VI Nations. Et de nous brosser le portrait d'une équipe d'Anglais un poil "ébranlée par son échec écossais". "Lueur d'espoir" donc pour un XV de France qui pourrait en profiter pour se refaire une image (tiens, encore elle, l'image). 

Le problème, note quand même le journal, c'est que "dans l'état actuel du chantier, l'équipe de France ne présente pas de point fort évident". Au moins, ça a le mérite d'être honnête !  

Isabelle Huppert "huppert cool" ?

Elle, elle en a des points forts, en tout cas pour le cinéma français.  Elle, c'est Isabelle Huppert, à (re)découvrir dans le magazine Sofilm. Dans les 19 pages qui lui sont consacrées (autant que de couches de peinture à décaper sur la Tour Eiffel), la comédienne à l'affiche de trois films ce mois-ci se livre.   

Et à la fin, on s'en fait peut être une autre image. Un peu éloignée du contrôle permanent : celle d'une femme certes perfectionniste, effectivement obsédée par la lumière et l'image qu'elle renvoie, mais qui aussi, lors des soirées de tournage, reste toujours jusqu'à 4h du matin, qui se rue sur la piste de danse quand on lui met Les Démons de Minuit et qui peut encore, à la fin d'une scène dramatique, se fendre d'un "Bon, on bouffe ? J'ai la dalle ! On a du saucisson ? On se fait un canon ?". Et si Isabelle Huppert était en fait "huppert cool" ?

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