Pour "L'Équipe", le PSG a peur du vide avant Dortmund, dont la jeune terreur Halland fait claquer des mots métalliques dans France-Football. Les savants du climat se demandent s'ils doivent s'engager politiquement, "Le Monde". Comment se reparler entre voisins à Lesbos après les émeutes contre les migrants, "La Croix".

Portrait de Ignaz Philip Semmelweis (Semmelweiss), obstetricien hongrois (1818-1865). Peinture de Francisco Fonollosa.
Portrait de Ignaz Philip Semmelweis (Semmelweiss), obstetricien hongrois (1818-1865). Peinture de Francisco Fonollosa. © AFP / ©PrismaArchivo/Leemage

On parle d'un homme qui voulait qu'on se lave les mains...

Geste qui préserve mais qui, il y a deux siècles, fit scandale au cœur de l'Europe civilisée, et l'homme qui voulait qu'on se lave les mains devint un martyr de la science. C'est l'histoire que me raconte Le Figaro. L'homme s'appelait Ignace Philippe Semmelweis, il était obstétricien dans les années 1840 à l'hospice général de Vienne, où les parturientes mouraient de fièvres... Semmelweis devina que les étudiants en médecine étaient la cause de cette hécatombe. Ils disséquaient des cadavres, se coupaient parfois, et puis s'en allaient accoucher des vivantes qui mouraient à leur tour... Et Semmelweis demanda alors tout simplement aux étudiants de se laver les mains  avant d'entrer en salle d'accouchement. Il fut révoqué... Il avait pourtant raison. Mais ne pouvait le prouver, car avant le microscope, on ignorait quels miasmes exsudaient des corps décomposés...

"Semmelweis avait touché les microbes sans les voir" résumerait un petit siècle plus tard, son biographe extatique, un médecin français, qui lui consacra sa thèse et en fit un livre. Il fut médecin et écrivain, il s'appelait Louis Destouches, qui deviendrait Céline, monument littéraire et salaud politique... Céline fit paraitre La vie et l'œuvre de Philippe Ignace Semmelweis en 1936, la même année que Mort à crédit, et dans son style en points d'exclamation dénonçait la "fatalité lugubre" des médecins de Vienne qui "hypocritement dans l'ombre", avaient "pactisé avec la mort". 

La fièvre des accouchées ! Divinité terrible ! Détestable ! Mais tellement habituelle !

Quelle étrangeté que les destins qui se croisent, et quel talent que celui de Sébastien Lapaque, une des vigies du Figaro, d'aller chercher Semmelweis et Céline pour nous faire réfléchir en nos temps de panique. Lapaque se demande également si dans l'admiration hygiéniste que Céline portait à Semmelweis ne se dissimulait pas sa folie à venir, quand il imaginerait les Juifs comme une infection à éradiquer de la société.  

Vertige des mots d'autrefois, quand, au présent, la tête nous tourne et nos journaux marient les paniques médicales et économiques... Les marchés sont en panique, les Échos, le virus entre en bourse, Libération, Jusqu'où ira la crise interroge Sud-Ouest en supplique et Les DNA dans une Une superbe esthétiquement où sur fond noir voisinent un masque et une bouteille de gel désinfectant, pleurent "la vie bouleversée". La mi-carême de Chagny est annulée, me dit Le Journal de Saône-et-Loire, ce n'était plus arrivé depuis la Seconde Guerre mondiale...

Un Parc des princes désert fait la une de L'Équipe, le PSG a peur du vide avant d'affronter Dortmund demain à huis clos... En plus, MBappé a une angine, quel symbole quand en face, Dortmund possède un monstre blond de 19 ans qui pose en jogging et martèle dans France Football. Erling Halaand qui a marqué deux fois au match-aller mais n'est pas content car il a commis trop d'erreur, il travaille jusqu'aux limites de son corps, ses coéquipiers l’appellent "la Machine" et devant sa console vidéo, il enfile des lunettes spéciales qui protègent son regard qu'on aura garde de croire vide. Que nous fera-t-il au parc sans témoin, pourrait-il tomber malade ?

De Marseille et de La Provence qui le chante me vient pourtant un sourire et le regard fou et humain, celui-là de deux docteurs barbus de l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infections, qui racontent plein d'espérance, le travail des scientifiques sur le virus dont on percera les secrets, quand ils le prélevèrent de la narine d'une malade, la première fois, ce fut leur nirvana, ils allaient travailler. Braves toubibs.

On parle aussi de savants dans "Le Monde"...

Qui sont l'humanité incarnée, ces savants puisqu'ils s'interrogent sur leur place dans le monde ? Ce sont des spécialistes du climat, qui hésitent devant la politique. Doivent-ils s'engager sachant ce qu'ils savent, devant l'inaction ou la lenteur publique ? Ces débats qui traversent les communautés scientifiques, attachées à la pureté de la recherche, le savant serait d'autant plus utile, la société qu'il lui resterait extérieure... Mais l'urgence a raison de la tradition. "Suis-je encore écologue ou suis-je écologiste", se demande un chercheur désormais engagé. 

3 600 chercheurs européens ont appelé à une transformation de la politique agricole commune qui serait la première cause des dégradations de l'environnement. Cette pétition vient d’Allemagne, vous la trouverez dans Usbek et Rica... Dans Le Monde, on constate  que les savants qui travaillent pour les États, les armées, les grandes entreprises ne sont pas moins militants de fait... 

Il faut arrêter de penser que l’impureté est du côté de la société civile.

Le Parisien parle avec habileté à cette société civile, nus dit ce que nous apportent les animaux sauvages et pourtant menacés. C'est un parti pris réjouissant de cynisme apparent, absolument efficace. Les abeilles dont dépend 70% de l'agriculture mondiale nous apportent entre 208 et 510 milliards d'euros chaque année, les baleines qui accumulent chacune dans leur corps 33 tonnes de gaz carbonique nous font gagner 1,9 millions d’euros... Les chiffres viennent du FMI...

À propos d'animaux : Ouest-France entame une série sur internet sur les végans. Vous lirez en souriant et en souffrant pour elle le calvaire de Julie, végan depuis 4 ans, qui a vécu l'enfer pendant les fêtes dans sa famille, quand défilaient devant elle, fruits de mers, charcuteries lazzis et quolibets : "Comment tu sais que tu n'aimes pas si tu ne manges pas". Elle a mangé du pain seulement et du citron, bu du champagne, elle a pleuré et vomi. Pauvre Julie que l'intolérance saisit dans l'amour...

Et on parle d'intolérance encore pour finir

La Croix est allée sur l'île de Lesbos en Grèce, où l'on réapprend à vivre après que des émeutes aient chassé migrants et travailleurs humanitaires... Teodora, la jeune commerçante, n'est pas fière même si elle ne veut plus d'autres migrants, Lena et Thanos sont tristes qui ont consacré leur vie aux réfugiés et sont nominés pour le prix Nobel de la paix mais ils ne savent plus comment regarder leurs voisins du village de Skala Sykalineas, un petit port, quelques barques, des plages où campent les débarqués. Leurs voisins qui sont dans une colère devenus des sauvages...

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