C'est le retour de la politique ce matin... Avec, dans vos journaux, un long détour par Colombey-les-Deux-Eglises... "Colombey-les-Deux-Eglises qui n'a jamais aussi bien mérité son nom", écrit Bernard Revel dans L'Indépendant du Midi... "tant il est évident qu'elles sont deux... la chiraquienne et la sarkozyenne... à célébrer, chacune à sa façon, le culte d'un Dieu le Père appelé De Gaulle"... Parce que, comme le résume Libération, "quand Chirac, sur la tombe du Général, dit : "Pas touche à la 5ème République !"... Sarkozy, lui, revendique son gaullisme"... "En fustigeant ceux qui, peu ou prou, voudraient remettre en cause l'héritage de la République inspiré par le Général de Gaulle, Jacques Chirac a saisi une nouvelle occasion de tirer à boulets rouges sur le président de l'UMP", analyse Georges Latil dans La Provence... Mais Nicolas Sarkozy a immédiatement lancé la contre-offensive... Se réclamant du vrai gaullisme, celui de la rupture... le ministre de l'Intérieur en a appelé à l'héritage... avec toutefois, note l'éditorialiste, quelques relents nauséabonds de populisme"... "Dans une France qui doute d'elle-même, le Général de Gaulle reste une référence... Alors que, paradoxalement, le gaullisme, saccagé par les héritiers du fondateur de la 5ème République, n'est plus qu'une coquille vide", constate Pierre Taribo dans L'Est Républicain... "Du coup, explique-t-il, le pèlerinage de Colombey avait hier un côté un peu bidon qui n'a trompé personne"... Les chiraquiens... les sarkozystes... Et le retour d'Alain Juppé... "Juppé cherche son rôle"... C'est à lire dans L'Express... L'hebdomadaire explique que "Bordeaux ne lui suffit plus... L'ancien Premier ministre espère influer sur l'élection présidentielle... Il vient tout juste de purger son année d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs du RPR... Et il est maintenant condamné à laisser Sarkozy occuper le devant de la scène... Et L'Express note que "pour Juppé, c'est presque une double peine"... Et Le Figaro confirme : "Le maire de Bordeaux ne se voit pas du tout en retraité de la politique... Alors il donne des gages à Nicolas Sarkozy... Il a prévenu qu'il mettrait tout son poids dans la balance pour qu'en 2007 l'union prévale au sein de l'UMP... Mais certains chiraquiens n'arrivent pas à y croire, rapporte Le Figaro... L'un d'entre eux confie : "Juppé joue Sarko perdant... pour reprendre le flambeau au lendemain de la défaite"... Retour de la politique aussi avec le dernier débat, hier à Toulouse, entre les trois candidats à la candidature socialiste... "La fin de la castagne", pour La Dépêche du Midi... "Les dés sont jetés", pour Le Parisien-Aujourd'hui en France... Et dans La Dépêche, Jean-Claude Souléry s'impatiente... "Allez !... On passe au vote !... Qu'enfin on connaisse le nom du candidat socialiste, ou de la candidate !... Afin que tout le monde se retrouve sur la même estrade, pour soutenir celui ou celle qui portera les couleurs du PS... Parce que, malgré les débats, les trois prétendants sont liés par un même projet, qu'ils ont d'ailleurs tous voté des deux mains... Et malgré tout ce qu'ils ont prétendu, ces trois-là occupent, aux yeux des Français, un même espace politique : celui de la gauche réformiste", selon l'éditorialiste de La Dépêche du Midi... Dans Le Parisien, Philippe Martinat raconte... "François Hollande a conclu cet ultime débat en se félicitant qu'il n'ait pas dégénéré en combat... Et il a lancé, confiant, aux militants : "Le successeur de François Mitterrand est dans cette salle ce soir"... Eh bien ça, ça dépend dans quel sens on entend "successeur"... L'hebdomadaire Politis s'interroge sur le choix historique auquel fait face le Parti Socialiste... "L'élection du candidat socialiste pour la Présidentielle n'a rien d'un prix de camaraderie... Non seulement parce que l'esprit de franche camaraderie n'existe plus depuis longtemps entre Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn... Mais surtout parce qu'ils incarnent des orientations fortement divergentes, qui engagent la nature même du Parti Socialiste"... D'ici le 16 novembre, c'est "la course aux dernières voix", explique Paris-Match... Et tout reste possible, semble croire Le Figaro... car, à une semaine du premier tour de la désignation du candidat socialiste, si Royal reste en tête des sondages, Strauss-Kahn remonte... Et dans la presse étrangère, La Libre Belgique a suivi la campagne de Laurent Fabius... De meeting en meeting... Madeleine, 70 ans, dit apprécier Laurent Fabius “parce qu’il est très à gauche”... Elle n’est pas sûre, pour autant, de voter pour lui... Parce qu’elle n’a “pas oublié l’histoire du sang contaminé”, qu’elle a vécue dans les années 1980 quand elle était aide-soignante dans un hôpital... “Les sous-fifres ont trinqué, mais lui, il s’en est bien sorti”, glisse-t-elle... Et La Libre Belgique note que Laurent Fabius fait un tabac lorsqu'il précise "qu’autant il est impérieux que les femmes aient un plus grand rôle dans la vie politique et bénéficient de plus d’égalité dans la vie quotidienne, autant je ne pense pas qu’être une femme soit à soi seul un programme et un projet politiques”... Bien sûr, c'est à Ségolène Royal qu'il pense, est-il besoin de le noter ?... Et sur ce thème, il rejoint l'analyse de la journaliste du quotidien italien Il Foglio... "Etre une femme ne suffit pas", écrit-elle... Ségolène Royal ne fait que papillonner de-ci de-là, regrette la journaliste italienne... Lorsqu’elle est venue en Italie, elle a chuchoté doctement à l’oreille de Romano Prodi que nous avions bien de la chance, nous autres Italiens, d’avoir une gauche si unie... Elle est allée en Suède et a dit à tout le monde que le modèle suédois serait parfait pour la France... Elle est allée en Grande-Bretagne et elle est tombée amoureuse de Tony Blair et de la flexibilité économique... Elle est également allée en Espagne, où elle a a-do-ré le monde merveilleux de José Luis Rodríguez Zapatero... Jamais une réflexion scandaleusement féminine, déplore Annalena Benini... Jamais quelque chose de vrai, de charnel, de dangereux... C’est dommage, parce que c’était le moment de déclarer la guerre, de renverser la France"... Un militant, une voix... Ce sera donc le 16 novembre chez les socialistes... Une personne, une voix... C'est, plus largement, l'appel dans L'Humanité ce matin... Un appel pour le droit de vote des immigrés... L'Huma qui rapporte "qu'à Bobigny et Gennevilliers, en région parisienne, on consulte en ce moment la population sur ce thème... On connaîtra le résultat de ces votes dimanche... Bobigny et Gennevilliers ne sont pas les premières cités à lancer ce genre de consultation... Et partout où cette votation a eu lieu, un "oui" massif semblait dégagé", explique le journal... Et si le mouvement est lent, il marque tout de même une évolution de l'opinion... Et pour L'Huma, "ce serait un signe fort à donner aux banlieues en crise... Assurer le droit de vote aux étrangers serait un acte symbolique pour les jeunes issus de l'immigration qui ne cessent de demander que leurs parents ou grands-parents soient enfin traités dignement"... Etre traité dignement... C'est ce que demandent, ni plus ni moins, "les tricards du tarmac"... "Les tricards du tarmac", c'est le titre de Libération, qui revient ce matin sur Roissy, où des dizaines d'employés de l'aéroport sont interdits de travail sous prétexte d'antiterrorisme... Aujourd'hui, 7 d'entre eux en appellent à la justice... "Et leur recours devant les tribunaux est important, explique Gérard Dupuy... Il contribue à marquer une limite à un grignotage des libertés individuelles... Il s'agit bien là d'un nouvel épisode de l'affrontement récurrent entre sécurité et liberté... Parce que si la menace terroriste pose de façon exacerbée la question du contrôle, elle pose aussi celle du contrôle des contrôleurs"... Et Christophe Boltanski est allé enquêter, pour Libé, à Roissy... Il y a constaté "l'ordre moral à l'aéroport"... "Depuis le 11 septembre 2001, les habilitations sont délivrées maintenant par un sous-préfet affecté spécialement à l'aéroport... Et ce, après un épluchage des fichiers de la police, de la gendarmerie, de la DST et des RG... Une simple mention dans l'une de ces bases entraîne une suspension automatique du badge"... Et le journaliste de Libération explique que "les autorités reconnaissent avoir refusé 2.600 badges depuis 2004, pour des raisons non liées à des risques terroristes... Un divorce qui tourne mal, une querelle de voisinage, un excès de vitesse peuvent ainsi déboucher sur un renvoi... Parce que "pas de badge, pas de boulot"... Alors, à chaque fois, il faut plaider auprès des autorités, constituer un dossier, faire intervenir les syndicats ou recourir à un avocat... Et ça peut durer trois ou quatre mois... En bref, résume un syndicaliste, "le représentant de l'Etat à Roissy dispose d'un droit de vie ou de mort sur les salariés... Son pouvoir s'exerce bien au-delà des seules questions de sécurité"... Eux, ils se sont battus pour la liberté... C'était dans les tranchées... Demain 11 novembre, jour de l'Armistice de la Première guerre mondiale... Alors retour sur les champs de bataille de 14-18... "Dans l'enfer de Verdun"... Dans Le Monde 2, on fouille dans les archives, pour des photos au coeur de l'enfer... Parce que "Verdun, c'est, pendant 10 mois, 2.000 morts par jour"... Les Anglais aussi se souviennent... The Independent emmène ses lecteurs en voyage dans les tranchées... Et explique que, pour cette journée du souvenir, le poème d'une adolescente a été choisi... Elle y parle du silence, de l'oubli des hommes, et des larmes de celles qu'ils ont laissées... Les femmes dans la Première guerre mondiale... Ce sont "les oubliées des tranchées", s'insurge Le Point... Parce que "si la France s'apprête à célébrer ses derniers Poilus, si les héroïques combattants seront à l'honneur, une fois de plus les femmes seront oubliées... Ce sont les Poilues (e-s) de 14-18... Et la journaliste du Point a rencontré Simone, 112 ans... "Le Bon Dieu a dû m'oublier... Il a tourné la page sans voir mon nom tout en bas", dit-elle... En 1914, elle avait 20 ans... Et pendant 4 ans, elle a été infirmière, pas loin de la ligne de front... "Les femmes de la Grande Guerre à l'honneur, ce sera peut-être pour 2009", explique Le Point... Ironie du destin, cet hommage ne viendra qu'après celui rendu aux animaux-soldats, programmé pour l'an prochain... Bonne journée...

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