Patrick Cohen : A l'affiche dans la presse ce matin : retour vers le futur… Yves Decaens : Vous avez remarqué, la tendance en cette fin 2010, c'est le retour aux seventies... C'est Gilles Renault dans Libé qui en fait la démonstration. Au cinéma, par exemple, vous parliez de « Retour vers le futur », le film vedette de la semaine, c'est « Potiche » de François Ozon dont tout le monde parle en bien. Et c'est quoi « Potiche » ? Comme le résume Thomas Sottinel dans Le Monde, une farce nostalgique, l'adaptation d'un vaudeville à succès des années 70. Dans ce film, reprend Renault dans libé, Deneuve et Depardieu s'étreignent sur un air de « Il était une fois », groupe bien connu à l'époque. La chanson justement, là-aussi, nostalgie, nostalgie. Je ne parle même pas de Supertramp et Deep Purple qui sont en tournée, mais voyez la scène parisienne… ces comédies musicales qui font un tabac, qui font parler en tout cas. L’une sur Joe Dassin, l'autre sur Mike Brand, une troisième, « Mamma mia », qui reprend des airs d'Abba, autre groupe bien connu de l'époque. Bref, les seventies sont plus que jamais courtisées, c'est un constat. Et pourquoi ? Ce constat, explique entre autre raisons Gilles Renault, parce que les seventies, grande période créative, ont la capacité de fédérer trois générations de public. Et c'est la même chose en politique. Voyez cette « degaullemania », pas nouvelle, mais encore plus marquée cette année. Du point de vue du chef de l'Etat, on comprend bien pourquoi. Le Figaro le dit en titre : « Sarkozy invoque de Gaulle pour justifier son action, et notamment son hyper présidence. Ce qui devient dans Libé : « Sarkozy récupère de gaulle ». Et pire dans L’Humanité : « Sarkozy se déguise en gaulliste ». Tout est dans le choix du verbe. Dans L’Est-Républicain, Philippe Jarassé remarque qu'avant de redécouvrir de gaulle, le président de la République avait déjà convoqué Jaurès, Blum, Clémenceau et même Mitterrand. Quoi qu'il en soit, commente Françoise Fressoz dans Le Monde, faut-il que l'heure soit grave pour que Nicolas Sarkozy cherche à Colombey-les-deux-Eglises une caution gaulliste à sa politique? Le problème, c'est Patrick Flukiger dans L’Alsace qui conclut… « le problème, c'est que le général de gaulle ne fêtait pas ses victoires au Fouquet's, pas plus qu'il n'aurait accepté d'être hébergé gratuitement par un milliardaire libanais comme le fait Jacques Chirac, autre héritier autoproclamé du gaullisme ». Et toc ! Patrick Cohen : De gaulle qui n'aurait pas non plus annoncé un remaniement cinq mois à l'avance... Yves Decaens : Sûrement pas, mais le feuilleton, cette fois c'est sûr, touche à sa fin. Garrigos et Roberts s'en amusent dans Libé : « cette fois, c'est sûr, les journaux le tiennent sinon de la bouche du cheval, du moins de celle de son garçon d'écurie. Et donc, ce sera pour l'après G20 la semaine prochaine, ou celle d'après. En tout cas, ce n'est plus Borloo qui tient la corde, on l'a dit et c'est Le Canard Enchainé cette fois qui s'en amuse, en faisant parler le ministre de l'Ecologie, titre à la Une : « Fillon est imbuvable et c'est moi qui trinque ».. Pétillon en rajoute une louche dans son dessin : « Borloo la mine défaite, accoudé au bar et qui se lamente : finalement, dit-il, j'aurais peut-être plutôt le profil d'un Goncourt ». Jean-Louis Borloo qui n'a rien perdu de sa combativité et qui, c'est Le Canard qui raconte, ferait du chantage au chef de l'Etat, du genre : je me retire de la course d'accord, mais je sors du gouvernement, et peut-être plus : je regroupe les centristes et je me présente à la présidentielle en 2012. Menaces à peine voilées que Le Figaro confirme, Le Parisien également, même si en attendant, l'intéressé dit vouloir visiter toutes les criques de Méditerranée en bateau, un vieux rêve... Voilà, les criques ou le panier de crabes : cruel dilemme. C'est dur la vie d'un ministre remercié. On lira dans Le Figaro, cette enquête d'Anne Rovan : comment après leur éviction, les membres du gouvernement traversent un vide avant de reprendre le combat politique ou de passer à autre chose. Rocard par exemple : il est parti trois semaines faire de la voile en Méditerranée. Le bateau manifestement, ça marche bien. Bon, on ne va pas pleurer non plus, il y a beaucoup plus grave ! Voyez dans Libé, comment bosser cabosse : des témoignages recueillis à l'occasion d'un colloque intitulé « Comment faire de vieux os au boulot ». Avant de savoir comment travailler plus longtemps, commente Didier Arnaud, il faudrait d'abord cerner les professions qui ont le plus de chances d'y arriver. On verra dans les secteurs de la santé, de l'enseignement ou de la banque pour prendre ces trois exemples, que la pénibilité n'est pas un vain mot Pour beaucoup de salariés, le pire du pire aujourd'hui, c'est l'isolement, la sensation de devoir de plus en plus se débrouiller seul. Et s'agissant des enseignants, c'est parfois seul contre tous, contre l'ennemi invisible de la toile. C'est une pratique qui est en voie de dangereuse extension et que raconte Claudine Proust et Aymeric Renou dans Le Parisien-Aujourd'hui-en-France : un vrai lynchage des profs par Internet. En six mois, la CNIL a enregistré pas moins de trente plaintes pour insultes ou diffamations. Bon, autrefois, on écrivait « peau de vache » sur le mur des toilettes, mais ça n'a plus rien à voir évidemment commente Véronique Fima, présidente de l’ONG « Action innocence », qui travaille justement à promouvoir une utilisation responsable d'Internet. Autrefois, on disait ça dans la cour de récré et c'était fini. Maintenant, avec Internet, ça continue à la maison et la diffusion est massive. Il faut le dire aux enfants, explique Véronique Fima, qu'avec 100, 200, 300 amis sur Facebook, on n'est plus dans un cercle privé. On notera d'ailleurs que les lecteurs du Parisien, interrogés comme tous les jours par le journal, sont unanimes à souhaiter une pénalisation plus sévère des insultes par Internet interposé. Patrick Cohen : On parlait de bateau tout à l'heure, c'est le jour ou jamais avec dans tous les journaux évidemment l'image d'un homme heureux : Franck Cammas… Yves Decaens : « Cammas, le sur-rhum » comme titre Libé. « Cammas : classe géant » préfère L’Equipe. Le skippeur de Groupama-3, pour France-Soir, c'est « le géant des mers » (on ne pouvait pas y échapper !). Le Figaro a trouvé mieux : « Cammas accoste au pays des légendes ». La voile, ça continue à faire rêver, malgré ce que souligne un lecteur de Télérama : l'accumulation des noms de marques Axa, Sodebo, Groupama, Crédit Mutuel… Ca vous fait rêver vous, ces noms de bateaux ? écrit ce lecteur ironique, pour qui c'est Télérama qui traduit son propos : « La route du rhum, c'est la route de la com ». Ce qui n'enlève rien à l'exploit des navigateurs qui ne pourraient exister sans sponsors. Contrairement aux joueurs de l'équipe de France, qui normalement n'ont pas besoin de l'argent des sponsors, on se souvient qu'ils disaient vouloir y renoncer, renoncer aux primes de la Coupe du monde, que finalement, après réflexion ils voudraient empocher : c'est pour les reverser à des associations caritatives expliquent les bleus et leur capitaine Alou Diarra dans L’Equipe. L’Equipe qui se désespère en constatant que dans le foot français, le ridicule prime toujours. Ce n’est pas Raymond Domenech qui dira le contraire, lui qui continue à surfer sur l'échec du Mondial. Il aurait tort de ne pas en profiter après tout ! Sa dernière provocation, à moins que ce ne soit de l'humour, ou les deux à la fois, fait la Une du Parisien. C'est l'histoire de ce site de poker sur Internet où l'ancien sélectionneur des Bleus joue la comédie pour annoncer quoi ? Que les internautes pourront bientôt le défier, au poker donc. Celui ou celle qui parviendra à l'éliminer gagnera un voyage. Où çà ? En Afrique du sud... Domenech, l'homme à battre pour aller en Afrique du sud... C'est pas beau ça ?

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